Kent Hughes à la recherche de «l’équilibre»

Jean-François Chaumont
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Le 18 janvier 2022, Kent Hughes se présentait comme le nouveau directeur général du Canadien. Un an plus tard jour pour jour, mercredi, Hughes faisait le bilan de sa première année dans sa nouvelle vie, mais aussi de la première moitié de saison de son équipe.
Un peu méconnu du grand public dans ses anciennes fonctions d’agent de joueurs, Hughes n’a plus l’occasion de rester dans l’ombre. Avec Jeff Gorton, le vice-président des opérations hockey, il a hérité de la périlleuse mission de replacer le Tricolore sur les rails en passant par une reconstruction.
Voyez la première partie de son point de presse en vidéo principale, la deuxième plus bas.
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«Je pense plus que d’autre chose. J’avais un certain accès ou une vision avec les 32 équipes comme agent, a-t-il rappelé. J’avais une certaine appréciation sur la façon de gérer une équipe de l’intérieur. Mais je ne savais pas à quel point tu as besoin d’un équilibre à l’intérieur d’une équipe.
«Quand je regarde notre équipe, il y a un besoin de trouver un équilibre. C’est de trouver l’équilibre entre le développement de nos joueurs et le désir de gagner. Que ce soit dans les entraînements ou les matchs. Dans les entraînements, tu ne travailles pas de la même façon quand tu veux développer un joueur que si tu veux travailler ton jeu dans ta zone défensive. Il y a aussi le plafond salarial à gérer et les blessures. Il y a toujours la recherche de l’équilibre.»
De bonne humeur
Martin St-Louis avait offert une bonne description du travail de son DG après la victoire de 4 à 1 contre les Jets, mardi, au Centre Bell.
«Je ris puisque Kent me fait rire, a dit l’entraîneur-chef. Kent est un travaillant. Il est toujours parti. Il pense toujours à une chose, à la prochaine étape. C’est vraiment un travaillant. Je le connais depuis longtemps. Comme agent, il était aussi un travaillant. Je ne suis pas surpris. Mais je suis impressionné par sa vision et son calme. Je crois que c’est bon pour lui de vous parler après un match comme ce soir [face aux Jets].»
Hughes avait le sourire pour cette conférence de presse de près de 45 minutes. C’est aussi plus facile de montrer ses dents après une rare série de quatre victoires en six rencontres pour le CH.
L’homme de 52 ans a répondu avec honnêteté à toutes les questions sans jamais dévier de sa principale devise : l’équilibre.
Gagner ou couler
Il y a aussi ce débat à l’interne entre offrir du jeu compétitif sur la glace et celui d’obtenir le meilleur choix possible au prochain repêchage. Si la cuvée de 2022 n’avait rien de grandiose avec Juraj Slafkovsky, Simon Nemec, Logan Cooley et Shane Wright comme quatre premières sélections, le repêchage de 2023 fait déjà rêver.
Connor Bedard, un talent générationnel, mène cette cuvée perçue comme l’une des meilleures des dernières années.
Questionné sur le désir de construire une identité gagnante et la possibilité de chuter au classement pour augmenter ses chances de remporter la loterie, Hughes n’a pas caché qu’il fait face à un dilemme.
«C’est toujours de trouver l’équilibre, a-t-il précisé. J’ai dit à Martin cette année que nous sommes rendus à une étape où les victoires sont bonnes, mais jusqu’à un certain point, et les défaites ne sont pas bonnes, mais jusqu’à un certain point.»
«Je crois beaucoup à la culture de l’équipe. Je ne crois pas à envoyer une équipe sur la glace qui ne peut pas aspirer à la victoire, où il n’y aurait aucune responsabilité pour les joueurs. Dans ce contexte, les joueurs deviendraient trop individuels. Tu ne peux pas gagner dans la LNH avec 23 joueurs individuels. Il faut trouver l’équilibre. Quand les joueurs embarquent sur la glace, ils veulent gagner. C’était la même chose l’an dernier, même si nous n’avons pas participé aux séries.»
Avec les blessures à long terme de Jake Evans, Slafkovsky, Joel Armia et Jonathan Drouin, le CH risque de chuter encore au classement. Et Hughes pourrait aussi échanger des Joel Edmundson, Josh Anderson ou Sean Monahan d’ici les prochaines semaines, ce qui provoquerait probablement une autre descente.