Balayer une série saisonnière contre une équipe, c’est vraiment tout sauf un gage de succès
Étienne Bouchard
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Le Canadien de Montréal a le numéro des Hurricanes de la Caroline depuis deux ans et particulièrement en 2025-2026, mais il serait imprudent pour lui de crier victoire sur-le-champ à l’aube de la finale de l’Association de l’Est.
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Les hommes de l’entraîneur-chef Martin St-Louis ont en effet balayé leur série saisonnière contre les troupiers de Rod Brind’Amour lors du calendrier régulier ; c’est tout un exploit, sachant que les Ouragans ont terminé au deuxième rang de la Ligue nationale avec 113 points. Toutefois, le Tricolore a intérêt à se rappeler un peu le passé pour éviter de tomber dans le piège de la facilité. Penser que trois victoires en autant de parties contre un rival en saison signifieront une confrontation aisée en éliminatoires est une vilaine idée.
Pour appuyer cette affirmation, il suffit d’évoquer deux des éliminations les plus douloureuses dans le cœur des partisans de la Sainte-Flanelle, c’est-à-dire celles de 2008 et de 2017. Tout comme ce fut le cas cette année, l’équipe avait conclu avec au moins 100 points ; les amateurs du CH les plus positifs diront en revanche que la cuvée actuelle a déjà parcouru un chemin plus long en séries.
Panne offensive
Il reste que neuf ans auparavant, Montréal a fini au sommet de la section Atlantique, ce qui lui a valu un duel avec les Rangers de New York au premier tour. Même si un seul point a séparé les deux formations au classement, les joueurs du pilote Claude Julien pouvaient croire en leurs chances de venger leur échec de 2014 face aux Blueshirts. Ils avaient remporté les trois joutes entre les deux clubs en saison, dont les deux derniers au Madison Square Garden.

Or, si Henrik Lundqvist a éprouvé certains ennuis contre le CH pendant sa carrière, ce ne fut pas le cas en éliminatoires et en 2017, il a excellé. Après s’être retrouvé en retard 2 à 1, New York a limité ses vis-à-vis à quatre buts en trois rencontres pour triompher en six rencontres. Le pauvre Carey Price a perdu malgré une moyenne de buts alloués de 1,86 et un taux d’efficacité de ,933. Mais « King Henrik » a fait mieux avec une fiche de ,947.
Un « Umberger » à l’odeur fétide
Neuf ans auparavant, le Canadien croyait réaliser un long parcours après avoir fini en tête de l’Est avec 104 points. Armé du trio d’Alex Kovalev, de Tomas Plekanec et d’Andrei Kostitsyn, le club du pilote Guy Carbonneau était largement favorisé. En deuxième ronde, il a retrouvé les Flyers, qu’il avait dominés en gagnant à ses dépens quatre fois en autant de rendez-vous dans la campagne.

Néanmoins, les Daniel Brière, Jeff Carter, Mike Richards et compagnie ont gâché ses plans. Grâce à une performance exceptionnelle de l’obscur R.J. Umberger, auteur de huit buts en cinq sorties, Philadelphie a remporté quatre matchs consécutifs après avoir échappé le premier en prolongation. Félicitations également à Martin Biron, qui a cédé 14 fois en 177 lancers.
Éliminer une équipe qu’on a balayée en saison, c’est possible !
Maintenant, les partisans des Glorieux peuvent cependant se réconforter un peu : le CH a déjà battu en séries des adversaires qu’il avait balayés en saison. La dernière occurrence du genre remonte justement à 2008. Avant sa défaite aux mains des Flyers, il était venu à bout des coriaces Bruins – sans Patrice Bergeron – en sept duels. Au cours du calendrier, Montréal avait accompli un fait d’armes colossal : obtenir huit gains en autant d’occasions face aux joueurs de Julien, qui a œuvré notamment à Boston entre ses deux séjours montréalais.

Par ailleurs, la cuvée actuelle du Tricolore se trouve en position inversée de celle de l’équipe d’il y a 20 ans. En 2006, le CH voulait faire oublier en ronde inaugurale ses trois défaites en autant de matchs face aux Hurricanes en saison. Toutefois, le vent des Ouragans s’est mis à souffler fort dès le moment où Cam Ward a remplacé le peu fiable Martin Gerber durant le deuxième choc. La Caroline a gagné quatre fois de suite pour éliminer Montréal et son capitaine Saku Koivu, atteint à l’œil gauche par le bâton de Justin Williams lors de la troisième partie.

Le match inaugural de la série Canadien/Hurricanes aura lieu jeudi à 20 h sur les ondes de TVA Sports. Une émission d’une heure précédera.