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«C’était comme un rêve»: cette lanceuse de softball québécoise a remporté sa propre «Série mondiale» aux États-Unis

Léa Chevrier fait non seulement partie de l’équipe championne, mais elle a joué un grand rôle dans le triomphe du Collège Florida SouthWestern

Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2023-06-21T15:30:00Z

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La lanceuse de softball Léa Chevrier descend à peine de son nuage. Pour cause, elle est de retour au Québec après avoir mené son équipe du Collège Florida SouthWestern, le mois dernier, au championnat national de première division de la NJCAA. 

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«C’est mon top 1 de ce que j’ai vécu dans ma vie et ça va être difficile à battre, a-t-elle formulé, lorsque rencontrée aux abords d’un terrain du parc Rosaire-Gauthier, à Laval. Quand ça venait d’arriver, je me disais que ce n’était pas ma vie. C’était comme un rêve.»

«C’était la plus grosse compétition de l’année pour les équipes des collèges américains, avec seulement 16 clubs classés [à travers les États-Unis], a précisé l’athlète de 19 ans originaire de Saint-Lazare. C’était le plus haut calibre possible pour moi cette année.»

Chevrier fait non seulement partie de l’équipe championne, mais elle a joué un grand rôle comme recrue dans le triomphe des Buccaneers, ayant foulé le monticule dès la deuxième manche pour lancer six manches complètes en relève lors de la grande finale. Après cette ultime victoire de 10 à 6 contre Northwest Florida State, l’athlète de Saint-Lazare concluait sa première saison aux États-Unis avec une fiche de 13-2, ayant par ailleurs obtenu six sauvetages.

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«Léa a été extraordinaire dans cette finale, mais elle a fait ce qu’elle fait depuis des années, a commenté son ancien entraîneur Brad Pelletier, témoin privilégié de sa progression pendant six ans chez les équipes du Québec . Elle aime la pression. Quand la pression est là, elle fait encore mieux.»

La tête aux Championnats canadiens

Fière compétitrice, Chevrier a déjà les yeux fixés sur son prochain objectif, soit de grimper sur le podium avec l’équipe du Québec chez les moins de 23 ans lors des Championnats canadiens de balle rapide prévus du 16 au 20 août à l’Île-Perrot.

Elle retournera par la suite en Floride avec, dans sa besace, une première année d’expérience.

«Au début, je ressentais une certaine pression parce que je voulais bien faire en tant que Québécoise aux États-Unis, mais mes parents m’ont conseillé de jouer simplement comme avant, a noté cette grande ambassadrice de Softball Québec. Je trouve juste ça plaisant que les passionnés de balle rapide suivent ça et qu’ils embarquent avec les joueuses d’ici dans cette expérience-là.»

Si elle reçoit l’appui des gens du milieu au Québec, Chevrier convient que le softball -qui n’a rien à voir avec la balle-donnée- est autrement plus reconnu aux États-Unis.

«Même si c’est moins gros que la NCAA, le softball collégial est étonnamment populaire aux États-Unis, a indiqué la Québécoise, qui jouit d’une popularité soudaine sur les réseaux sociaux. Il y a même notre finale qui était diffusée sur le réseau ESPN.»

Ne cachant pas son amour pour les réseaux sociaux, Chevrier profite par ailleurs de son passage aux États-Unis pour étudier dans le monde des communications, de la gestion et du mangement du sport.

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Photo fournie par Softball Québec
Photo fournie par Softball Québec

Un duo avec Emma Duncan

Profitant d’une bourse d’études complète au Collège Florida SouthWestern, elle espère maintenant être recrutée par une équipe universitaire pour la saison 2024-2025. Mais d’ici là, elle pense d’abord et avant tout aux prochains Championnats canadiens.

«Ça va être plaisant, devant la famille et les amis», a témoigné la Lazaroise.

Chevrier sera alors à surveiller au monticule, tout comme sa coéquipière Emma Duncan, originaire de Valleyfield, qui a pour sa part évolué cette année au Collège Western Texas. Les deux ont précédemment fait partie, ensemble, de l’équipe du Québec ayant remporté la médaille d’argent aux Jeux du Canada en 2022. Pour faire un parallèle avec le baseball, on dit qu’elles représentent un peu les Randy Johnson et Curt Schilling, à l’époque des Diamondbacks de l’Arizona en 2001, de l’équipe québécoise.

«Elles sont les lanceuses 1A et 1B du Québec, dans l’ordre ou dans le désordre», a décrit Pelletier.

Les filles du Québec se font moins regarder de haut

Les joueuses de softball du Québec ont longtemps été boudées au moment des sélections pour les équipes canadiennes. La lanceuse Léa Chevrier en a elle-même été victime. Or, une médaille d’argent remportée par le Québec aux Jeux du Canada en 2022 semble vouloir bousculer certaines idées préconçues.

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«En 2020, aucune joueuse sur notre équipe présente aux Jeux du Canada n’avait été prise à la sélection canadienne pour l’équipe nationale junior et ç’a certainement servi de motivation», a avoué l’entraîneur québécois Brad Pelletier.

Premier pas vers l’avant : Pelletier a lui-même été nommé à titre d’adjoint à l’entraîneur sur l’équipe nationale junior. Décidément, cette victoire de 6 à 5 contre l’Ontario, en demi-finale des Jeux du Canada, a eu son effet.

«Je vais me battre pour mes joueuses, je vais essayer d’en amener sur l’équipe nationale, mais pour ça, il faut évidemment qu’elles le méritent, a noté Pelletier, qui cumule également les fonctions d’entraîneur-chef de l’équipe U17 du Québec. Je me croise les doigts pour qu’il y ait quelques joueuses du Québec à avoir cette chance-là.»

«C’est assez difficile pour une Québécoise de faire sa place dans l’équipe canadienne, a pour sa part estimé Chevrier. On dirait que notre talent n’est pas reconnu. Je pense qu’on fait de plus en plus notre place. Avec notre médaille d’argent obtenue aux Jeux du Canada, on a démontré qu’il y avait du talent au Québec.»

Rêver aux Jeux olympiques

À défaut d’avoir fait partie elle-même de l’équipe canadienne junior, Léa Chevrier pourrait avoir servi de défricheuse pour sa petite sœur, Alexia, une receveuse qui, parmi tant d’autres, a le potentiel d’atteindre l’équipe nationale.

Concernant Léa, il y a encore des jours où elles rêvent de représenter le Canada aux Jeux olympiques. Le softball ne fait toutefois pas partie des disciplines à Paris, en 2024. 

«On pourrait penser aux Jeux de Los Angeles, en 2028», a-t-elle mentionné.

La réalité demeure : il est encore plus difficile de faire partie de l’équipe senior sans avoir représenté le Canada au niveau junior. Et c’est d’autant plus vrai alors que certaines Américaines, ayant des descendants canadiens, ont le loisir de traverser la frontière dans l’espoir de participer aux plus grandes compétitions.

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