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Cet acteur a failli devenir député au Bloc Québécois

«Indéfendable» du lundi au jeudi à 19 h sur les ondes de TVA et sur TVA+

Marjolaine Simard

2025-11-13T11:00:00Z

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Martin Héroux cumule déjà 30 ans de carrière et se révèle être un véritable touche-à-tout. Fils de boulangers du Témiscamingue, il découvre très tôt sa passion pour la radio, qu’il pratique dès l’âge de 15 ans, avant de se former à l’école de théâtre. Depuis, il s’est également révélé artiste peintre et s’est aventuré en politique. Aujourd’hui de retour à l’écran dans la quotidienne Indéfendable, c’est l’occasion idéale de s’entretenir avec lui et de plonger dans son parcours fascinant.

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Tu incarnes un nouveau venu dans Indéfendable. Qui est le sergent-détective Poitras?

C’est un inspecteur un peu brouillon. On a d’ailleurs décidé que, dès sa première apparition, il aurait une tache sur la cravate! On voulait lui donner un petit côté gars tout croche et pas trop soigné, mais vraiment efficace dans son travail.

On vient de le découvrir dans une enquête très intéressante...

On a vu qu’il s’est retrouvé impliqué dans une grosse affaire liée au juge Brouillard, joué par Simon Boudreault, dont la fille se fait enlever. C’est une enquête d’envergure, avec la police, le SWAT, des négociations intenses avec l’agresseur... Il y a beaucoup d’action et d’émotion. Mon personnage se retrouve sur le terrain, au cœur de la tension.

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Ton sergent-détective un peu brouillon peut nous rappeler celui que Robin Aubert joue dans la série Ravages...

Justement, je suis en train de regarder la série! Nos personnages sont différents, mais c’est vrai qu’ils ont un petit air de parenté. Ce sont deux bibittes. Ce qui est amusant, c’est que Robin est un ami de longue date. On s’est connus à l’école de théâtre, il y a une trentaine d’années.

Et le hasard fait bien les choses, puisque Robin t’a écrit un rôle dans sa nouvelle série, Bienvenue à Kingston-Falls...

Oui! Il m’a offert un super beau cadeau. J’y joue un policier vieillissant dans un vieux poste de région menacé de fermeture. Mon personnage mise un peu sur une grosse affaire qui vient d’éclater dans sa communauté pour sauver son poste. C’est un rôle fascinant, très humain, et c’est du grand Robin: drôle, sensible, parfaitement dosé. C’est vraiment un bonheur de jouer dans son univers.

Tu fais donc un retour remarqué à la télé! Est-ce juste de dire qu’on t’avait un peu moins vu ces dernières années?

Oui, tout à fait! J’ai beaucoup travaillé dans des émissions pour enfants, dont certaines sont d'ailleurs encore diffusées aujourd’hui, par exemple Alix et les merveilleux. On m’avait un peu cantonné dans ce type de rôles. Mais là, avec ma barbe et mon âge, on me rappelle pour des rôles plus sérieux, plus ancrés. C’est vraiment stimulant de revenir dans un registre différent.

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Photo : Patrick Seguin / TVA Publications
Photo : Patrick Seguin / TVA Publications

Mais tu n’as jamais vraiment arrêté de travailler dans ton domaine...

Non, jamais! J’ai notamment joué dans Symphorien, la pièce de théâtre, pendant deux ans, et j’ai adoré incarner Fernand Gignac. Ce rôle me touchait particulièrement, parce qu’il y a un drôle de parallèle entre lui et moi. Je suis originaire du Témiscamingue, où j’ai longtemps fait de la radio à CKVM, et Fernand a lui aussi travaillé à CKVM, à Ville-Marie. Il avait seulement 17 ans. Ce qui est amusant, c’est qu’avant même de décrocher le rôle, je l’imitais pour le plaisir! Et puis, il y a eu le spectacle Revue et corrigée, auquel j’ai participé pendant neuf ans, et Dieu merci!, à TVA, pendant longtemps. J’adore être sur scène, c’est vraiment mon terrain de jeu naturel.

Photo : Jean Langevin / TVA Publications
Photo : Jean Langevin / TVA Publications

Il semble que tu aies commencé à faire de la scène très tôt...

Oui! En Abitibi, avant même d’entrer à l’école de théâtre, j’avais ma propre troupe, Le Théâtre de la Crique, qui s’appelle aujourd’hui Le Théâtre du Tandem, après avoir fusionné avec une autre compagnie à Rouyn. Je n’y suis plus impliqué, mais j’en suis le fondateur et j’en garde un souvenir très fort.

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La radio et le théâtre ont donc été tes premières passions...

Tout à fait. J’ai commencé à faire de la radio à 15 ans, en Abitibi. Là-bas, si tu veux vraiment et que tu as un peu de talent, on te donne ta chance! J’ai fait ça pendant deux ans avant d’aller étudier en technique des arts et médias à Jonquière, mais je n’y suis pas resté longtemps. Par la suite, j’ai entrepris des études en histoire à l’université, puis à l’école de radio et télé Promedia, avant d’entrer à l’école de théâtre de Sainte-Thérèse, où j’ai terminé en 1994. Déjà 30 ans, imaginez!

Tu as d’ailleurs fait le choix de retourner vers la radio au début des années 2000...

Oui, de 2004 à 2008, je suis retourné faire de la radio au Témiscamingue. J’y ai été animateur, directeur général et directeur de la programmation. C’était une belle aventure de revenir aux sources, tout en continuant de faire des allers-retours pour les tournages de Dieu merci! à Montréal.

Dirais-tu que c’était risqué pour ta carrière de t’éloigner de Montréal pour retourner vivre en région?

Ce danger potentiel ne me dérangeait pas. J’avais envie de recommencer à faire de la radio. Et puis, je viens de là, et ma conjointe de l’époque aussi. Elle avait une belle opportunité de travail à la commission scolaire. C’était une occasion de se rapprocher de nos familles.

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Tu t’exprimes aussi à travers la peinture...

Ça fait une dizaine d’années que je peins. J’ai d’ailleurs fait un vernissage le 1er novembre dernier à la galerie Miss Ray, à Chambly. J’y présentais 19 œuvres. Mon grand dada, c’est Don Quichotte et ses aventures. J’ai commencé à peindre en m’installant à Sainte-Anne-des-Lacs. J’avais du temps, et c’est devenu un vrai plaisir personnel. Au début, les gens me demandaient si j’allais faire une expo. J’en ai donc organisé une et ça a bien marché.

Tu t’es également lancé en politique...

Oui! Je me suis présenté pour le Bloc Québécois dans Argenteuil–Petite-Nation, une circonscription plutôt libérale, mais où on avait quand même nos chances. On n’a pas gagné, mais j’ai adoré l’expérience. J’ai toujours voulu faire de la politique. Pour moi, ça fait partie de la vie. Je trouve que tout le monde devrait faire un peu de politique pour mieux comprendre comment ça fonctionne. J’ai aimé aller vers les gens, les écouter. Et quand tu les allumes, les discussions deviennent passionnantes. On a perdu, mais honorablement. Et qui sait... peut-être que j’y retournerai un jour.

Qu’est-ce que ça t’a apporté de grandir en région?

Ça t’apprend à ne pas être comme les autres, à te débrouiller. Mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père étaient boulangers à la boulangerie Héroux, bien connue au Témiscamingue. Grandir en région, ça te donne la chance de toucher à tout. J’ai commencé la radio à 15 ans, parce que là-bas, si tu montres que tu es motivé, on te fait confiance. Et puis, dans ma famille, on était quatre gars, les quatre Dalton! On a tous travaillé à la boulangerie. J’ai payé mes études de cégep avec ça.

Ton lien avec cette nature très présente au Témiscamingue est-il resté fort?

Je n’ai jamais vraiment vécu à Montréal, à part peut-être deux ans. J’ai besoin d’arbres, d’un lac... ça fait partie de mon équilibre.

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