«C’est un désastre, c’est vide»: la photographe Heidi Hollinger décrit les rues désertées de Cuba
Agence QMI
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Pénuries de carburant, coupures d’électricité, hôpitaux sans eau et effondrement du tourisme : la crise à Cuba atteint un point critique, selon une photographe canadienne Heidi Hollinger, qui affirme que les Cubains sont « épuisés ».
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« Ça va très mal », soutient Heidi Hollinger, résidente partagée entre le Canada et l’île de Cuba depuis plusieurs années, qui s’y trouvait encore il y a trois semaines.

« C’est vraiment pitoyable. Les gens ont de la misère. Il n’y a pas de monde, pas de touristes », poursuit-elle, au micro de Mario Dumont, jeudi, à QUB radio et télé diffusée au 99,5 FM à Montréal.
Écoutez l’entrevue complète à QUB dans la vidéo ci-dessous :

Cuisiner en pleine nuit
Celle qui a écrit le livre 300 raisons d’aimer La Havane décrit le quotidien des Cubains, marqué par des pénuries de carburant, des coupures d’électricité prolongées et l’effondrement du tourisme.

« Il n’y a pas d’électricité pour comme 25 heures, dit la photographe. Et après ça, ils la remettent pour une demi-heure et, durant la nuit, des fois, on doit se lever pour cuisiner. »
Les rues presque désertes de La Havane témoignent du vide laissé par les touristes, qui constituaient jadis le principal moteur de l’économie cubaine.

« C’est un désastre. C’est vide. Il n’y a personne. Les rues sont complètement vides et il n’y a presque pas de voitures », affirme Heidi Hollinger.
Le manque d’eau touche même les services de santé.

Mme Hollinger raconte qu’une de ses amies s’est récemment présentée à l’hôpital pour subir une opération de la vésicule biliaire, avant de devoir rebrousser chemin.
« Quand elle s’est rendue à l’hôpital, il n’y avait pas d’eau, indique-t-elle. Ils lui ont dit de revenir la semaine prochaine. »
Des personnes débrouillardes
L’autrice souligne toutefois la résilience de la population, malgré leur moral qui est « au plus bas ».

« Les Cubains sont les personnes les plus débrouillardes et ils trouvent toujours une solution, mais ils sont épuisés », témoigne Mme Hollinger.
À ses yeux, le désir de changement est bien réel, sans pour autant vouloir renoncer à leur pays et à leur culture.

« Les Cubains, ils ne peuvent plus vivre comme ça. Ils veulent du changement, soutient la photographe. J’espère que le changement va venir, mais que les Cubains vont garder leur esprit. »