C’est triste, mais le Canadien se porte mieux sans Laine

Antoine Roussel
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Depuis le 17 octobre, l’avantage numérique du Canadien est le meilleur dans la LNH. Et que s’est-il passé, la veille?
C’était le dernier match de Patrik Laine avant qu’il se retrouve sur la touche pour une hernie sportive.
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Comprenez-moi bien: jamais je ne vais me réjouir qu’un joueur se blesse. Je sais ce que c’est d’être blessé dans la Ligue nationale. Ce n’est pas facile, surtout quand ta convalescence se compte en mois.
C’est encore plus dur quand tu es déjà passé par là et que tu sais ce que ça prend, de revenir à ton sommet. Des fois, c’est long.
Et c’est d’autant plus dommage pour Laine parce que je trouvais que ça paraissait qu’il était arrivé avec une excellente attitude, cette saison. Il a l’air d’être aimé, d’être bien intégré au groupe.
De 15% à 46,7%...
Mais il reste que la blessure subie par Laine a forcé la main de Martin St-Louis, qui se montrait patient jusque-là.
Il donnait une chance à tout le monde, comme il le fait souvent. Je trouve que c’est une belle façon d’agir quand tu as des vétérans dans ton équipe.
Il attendait que le temps fasse son œuvre... ou que le temps ne fasse pas son œuvre.
Sans Laine, St-Louis a décidé de mettre tous ses œufs dans le même panier en avantage numérique. Il a fait monter Ivan Demidov au sein de la première unité.
Avant le 16 octobre, le CH avait le 23e meilleur avantage numérique du circuit, avec 15% d’efficacité (3 en 20).
Du 17 octobre à lundi matin, c’était le meilleur, à 46,7% (6 en 13).
La stratégie excitante du CH
Vous allez me dire de me calmer, que l’échantillon est extrêmement petit. Ce ne sont que deux semaines.
Mais depuis, ce n’est plus l’avantage numérique comme on le connaissait: tire de la pointe, prends le rebond.
Ce qui est extrêmement excitant avec la façon de faire du Canadien depuis, c’est la manière stratégique avec laquelle il bat les autres équipes.
Le CH ne gagne pas grâce à un bond chanceux. Il gagne parce qu’il fait des passes et surtout, parce qu’il varie ses stratégies.
Une semaine, on attaque plus à droite. La suivante, on développe quelque chose d’autre.
Pas de menottes avec St-Louis
C’est là que je trouve que le flair et l’apport offensif de St-Louis aident tellement ses jeunes joueurs.
«Pourquoi on n’essayerait pas d’utiliser les cerveaux de nos joueurs, qui ont toutes ces répétitions-là sur la glace?», a soulevé l’entraîneur-chef en conférence de presse, avant le match de samedi.
Ce sont des propos comme ceux-là qui font que les joueurs aiment autant St-Louis. Il n’essaye pas de les menotter, tout en leur donnant des outils.
Maintenant, le danger qui guette le Canadien, c’est de se fier uniquement à son avantage numérique pour se rendre en séries, comme certaines équipes le font.
Mais je pense que ce groupe de joueurs et d’entraîneurs est suffisamment intelligent pour se prémunir contre ça.
Les Blue Jays peuvent-ils inspirer ici?
Un petit mot pour féliciter les Blue Jays pour leur parcours remarquable, en terminant. Je crois que leur jeu inspiré a redonné l’intérêt pour le baseball à bien des gens.
Le match qui s’est rendu à la 18e manche a attiré une moyenne de 370 000 téléspectateurs jusqu’à 2 h 50! Je me pose la question: est-ce que le parcours des Blue Jays pourrait inspirer une gang de propriétaires d’ici à tenter de ramener les Expos?
Je sais que ça coûte cher, une équipe, mais tout coûte cher, maintenant, et on ne s’en va pas dans l’autre direction...
Je pense aussi à notre ami Rodger Brulotte, qui a dû manquer les séries en raison de problèmes de santé. On espère tous que son retour se fera le plus rapidement possible.
Le seul point positif dans son absence sur les ondes de TVA Sports, c’est qu’il nous a permis de découvrir une étoile montante en Karl Gélinas.
C’est une machine, ce gars! Ç’a été un plaisir de passer l’automne avec lui à distance.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski