C’est pas fin, mais tellement pas grave de huer Samuel Montembeault

Jean-Nicolas Blanchet
Partager
Dans les années 30 et 40, les partisans mécontents garrochaient de vieux légumes sur la glace pour afficher leur mécontentement. On n’est pas là.
C’était triste de voir Samuel Montembeault se faire huer (ou applaudir sarcastiquement, ça revient au même) mardi soir à Montréal.
Le gars a été étincelant l’an dernier. Il travaille fort. Il est toujours disponible pour les médias. Il est gentil. Il est un exemple de persévérance. Personne ne veut voir ce gars-là échouer. Il est tellement adorable que même les adversaires doivent avoir de la peine pour lui quand ça arrive.
Au podcast Drette sul’tape récemment, Montembeault a accordé une entrevue fascinante où il nous raconte qu’il est capable non seulement de dire de quel côté lance chaque joueur de la LNH (c’est un peu normal), mais il peut aussi dire quelle est la couleur du ruban sur sa palette. Il peut même dire de quelle façon le hockey est «tapé».
J’aime encore plus Samuel Montembeault depuis que j’ai écouté ça. Car des gardiens avec du talent comme lui, dans le monde, il doit y en avoir une centaine. La différence avec ceux qui sont capables de jouer dans la LNH, ce sont ceux qui bûchent et qui se préparent comme des fous. Donc qu’il soit capable de savoir tout ça permet de comprendre à quel point ce gars-là prend ça au sérieux et fait tout pour être le meilleur possible.
Dans les dents
Ainsi, que des gens l'aient hué mardi, ça me faisait de la peine. Car on s’est attaché à lui.
Et ça faisait du bien de le voir rebondir afin de donner une chance à son équipe de gagner.
Je me disais: «Tiens, dans vos dents les pas fins!».
Mais je me trouvais gnochon en même temps. Je trouvais qu’un peu de fanatisme était en train de brouiller mes pensées.
Samuel Montembeault n’est pas bon depuis le début de l’année. Dans toutes les statistiques avancées ou pas, il est dans le pire de la ligue.
Quand tu te fais une soirée à 1000$ à un match du Canadien, tu as toujours bien le droit de huer l’équipe locale. Ça peut être injustifié, épais ou mérité. On s’en fout. C’est un spectacle. On ne commencera pas à faire la morale aux spectateurs ou à leur imposer du cheerleading.
Même Jeter
Si ça vous offusque, n’allez jamais aux Mets, aux Phillies ou aux Yankees. Même Derek Jeter a été hué par ses partisans après un mauvais début de saison en 2004.
J’entends parfois que le Canadien ne peut pas attirer des joueurs à cause de ça. Je pense qu’un athlète qui ne peut pas endurer ça ne te permettra jamais de gagner.
Et à Montréal, c’est comme ça depuis toujours. Ça fait partie de l’ADN de l’ambiance. Les partisans sont passionnés et très sensibles. Je peux chicaner mon fils de quatre ans et le coller d’amour dans les mêmes deux minutes. C’est parce que je l’aime. Comme les partisans aiment leur Canadien. C’est un peu malsain parfois, mais ça rend la foule de Montréal l’une des plus divertissantes de la LNH.
Et si vous voulez mon avis, je pense que le Montembeault qu’on a connu reviendra très rapidement.