«C’est moi qui devrais dire merci aux gens de Québec»: Patrice Bergeron accueille humblement l’hommage qui lui sera rendu jeudi au Centre Vidéotron


Stéphane Cadorette
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Fidèle à ses habitudes, c’est en toute humilité et en tournant l’attention vers les autres que Patrice Bergeron s’apprête à recevoir un hommage chez lui, au Centre Vidéotron, avant le match préparatoire de jeudi soir entre les Bruins et les Kings. Une seule raison l’a convaincu de se retrouver de nouveau, l’espace d’un instant, sous les projecteurs.
Bergeron, enfant chéri de Québec, a tout accompli dans le monde du hockey au cours d’une carrière de 19 saisons à Boston.
Celui qui a été champion de la Coupe Stanley, double médaillé d’or olympique, six fois lauréat du trophée Selke, capitaine des Bruins et l’un des joueurs les plus adulés de l’histoire de l’équipe n’en sera pas à son dernier hommage. Le Temple de la renommée l’attend assurément.
Pourtant, Bergeron ne semble jamais s’habituer aux accolades qui le suivent depuis des années. Au point où lorsqu’il a été contacté pour cet hommage dans sa ville, il a dû réfléchir.
«Quand j’ai eu la demande, je n’étais pas certain. Je ne savais pas si ça me tentait parce que je n’aime pas que les choses tournent autour de moi. Puis je me suis dit que j’allais le voir comme une façon de les remercier.
«Je vais apprécier énormément le soutien, mais la réalité c’est que c’est moi qui devrais dire merci aux gens de Québec, bien plus que le contraire», a expliqué le numéro 37 lors d’un entretien avec Le Journal.
Éternellement reconnaissant

Les seuls détails dont Bergeron était au courant au moment de l’entrevue, c’était qu’il ferait la mise au jeu protocolaire. Peut-être que le toit du Centre Vidéotron explosera lorsqu’il se présentera sur la glace, mais la perception de Bergeron ne changera pas.
«Je suis encore extrêmement fier d’avoir grandi à Québec, d’avoir eu un rêve et d’avoir foncé. J’ai reçu tellement d’aide et de soutien que c’est ma façon de dire aux gens de chez nous que je ne les ai jamais oubliés», a-t-il réitéré.
«Ç’a été une carrière qui m’a tellement donné et j’ai eu la chance d’y accéder en raison de tellement de gens. Les trois quarts de ces gens-là sont de Québec, que ce soit ma famille, mes amis, mes entraîneurs ou plein d’autres personnes qui ont eu un impact sur moi».
Avec les Bruins
Puisqu’il habite à Boston, où ses enfants vont à l’école, Bergeron ne fera qu’une saucette à Québec.
Étant donné que dans le calendrier préparatoire les équipes font l’aller-retour la journée même du match, l’occasion était trop belle de sauter dans l’avion avec plusieurs de ses anciens coéquipiers des Bruins, comme il y a deux ans à peine.
Bergeron a pris sa retraite au terme de la saison 2022-23, avec 1040 points au compteur en 1294 matchs en saison régulière, en plus de 128 points en 170 matchs de séries éliminatoires.
Preuve qu’il n’a pas accroché ses patins en déclin, il a inscrit 27 buts à sa dernière campagne. Il n’éprouve pas le moindre regret et même si la camaraderie dans l’avion lui rappellera certes de bons moments, il se félicite d’avoir arrêté au bon moment.
«Ce sera la première fois que je voyage avec les boys depuis ma retraite. Honnêtement, ça va faire drôle, mais ça va être le fun d’être avec eux. Je ne m’attends pas à vivre des sentiments étranges. Ça va me rappeler de beaux souvenirs, mais je sais que ce n’est plus à mon tour. J’ai passé le flambeau et je suis heureux de ça.»
Retour des Nordiques: un espoir qui ne veut pas mourir

La flamme du retour des Nordiques n’a jamais vacillé si faiblement que ces années-ci à Québec, mais Patrice Bergeron, comme il le faisait sur la glace, refuse de baisser les bras.
Le printemps dernier, la saga des Coyotes de l’Arizona a finalement connu son dénouement lorsque l’équipe a mis le cap sur Salt Lake City, en Utah.
À une époque pas si lointaine, la nouvelle aurait mis la ville à feu et à sang. On exagère un brin, évidemment, mais il n’en demeure pas moins que ce déménagement n’a pas soulevé les passions à Québec comme il y a quelques années à peine.
Les fidèles du retour des Nordiques ont sagement attendu leur équipe, mais semblent résignés au fait que leur tour ne viendra possiblement jamais.
Patrice Bergeron, qui a grandi en adulant les Fleurdelisés, continue de s’accrocher.
«Moi, honnêtement, j’ai encore l’espoir que ça arrive et je l’espère vraiment pour Québec. Jouer dans un marché où les gens adorent le hockey et qu’ils en mangent, c’est spécial. Ce n’est pas la même chose qu’ailleurs.
«J’ai grandi avec les Nordiques et ça m’a permis d’avoir des idoles. Ça m’a permis de regarder une équipe qui venait de chez moi pour développer un sentiment d’appartenance. C’est ça qui m’a amené à voir ce que j’aimerais faire quand je serais plus grand. Je sais que d’avoir des rêves de même, ça permet aux jeunes de se dépasser», a-t-il fait valoir.
Finis, les tests!
Pour les matchs préparatoires de jeudi et samedi impliquant les Kings face aux Bruins et aux Panthers, quelques milliers de billets demeurent disponibles.
Si certains se plaisent à affirmer que Québec ne paraît pas bien auprès de la Ligue nationale, Bergeron préfère en rire.
«Je ne pense pas que ces deux matchs sont un baromètre. Ce n’est pas comme si pour la LNH, ça passe ou ça casse. Il ne faut pas le voir comme ça. L’amour du hockey à Québec a déjà été démontré des millions de fois», a-t-il tranché.
À bas les rumeurs
Sur le plan personnel, Bergeron se plaît à rattraper le temps perdu avec sa conjointe et leurs quatre enfants.
Vers la fin de la saison dernière, des rumeurs farfelues selon lesquelles il s’entraînait pour un retour ont fait surface, mais l’ex-joueur de centre les a toujours démenties, expliquant plutôt qu’il patinait avec quelques anciens pour garder la forme.
«Rien n’a changé. Oui, il y a des moments où j’aimerais ça, l’instant d’un match, retrouver le sentiment d’adrénaline dans le piton et le niveau de compétition. C’est surtout dans le temps des séries au printemps dernier que ça me ramenait des souvenirs.
«Au-delà de ça, je suis très bien avec ma décision. Je suis satisfait dans ma nouvelle routine familiale. Mon corps est passé à autre chose et mentalement c’est la même chose», a-t-il assuré encore une fois.