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«C’est l’un de mes souvenirs les plus mémorables»: la touchante histoire d'amour entre Sabrina Cournoyer et un groupe de musique anglais méconnu

Photo Martin Chevalier

Sabrina Cournoyer

2026-03-28T04:00:00Z

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Il y a 20 ans, je suis tombée en amour avec la musique instrumentale.

C’était en été, celui où j’ai passé une période idyllique de ma vie, en Angleterre, à travailler dans un pub et à étancher ma soif de musique. C’est à Guildford, à 50 km de Londres, que j’ai entendu pour la première fois l’œuvre du groupe britannique 65daysofstatic. 

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Verser des bières et des larmes 

Quand j’ai entendu l’album One time for all time, ce fut le coup de foudre. J’ai été instantanément charmée par leur musique électro lourde, profonde, intense et mélodieuse qui, même sans paroles, raconte tout de même une histoire.

Peu de temps après ce coup de cœur, mon bonheur est arrivé à son comble pour sombrer au plus bas tout aussi rapidement. 65daysofstatic allait se produire au GuilFest de Guildford, le festival de musique local, quelques jours après mon anniversaire... sauf qu’un rapide coup d’œil à mon horaire m’a révélé que je travaillais au pub ce soir-là ! Mes tentatives d’échanger mon quart de travail avec mes collègues sont toutes restées vaines et je me suis retrouvée, le soir de la prestation de mon nouveau groupe préféré, à verser des pintes de bière le cœur serré. L’émotion me prend encore quand j’y repense. Mon séjour en Angleterre arrive à sa fin et je reviens à la maison sans avoir vu 65daysofstatic sur scène. J’étais convaincue que jamais je n’aurais la chance de voir ce petit groupe local en spectacle.

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Fratrie mélomane 

De retour au bercail, je fais écouter le disque laser de mon groupe à mon petit frère. Le charme opère chez lui aussi, et il est happé par le même coup de foudre. Il n’en fallait pas plus pour que je me remette à rêver à voir 65daysofstatic en show en compagnie mon frérot.

La précieuse relation que j’entretiens avec mon frère s’est forgée en grande partie autour de notre passion commune pour la musique. Quand nous étions plus jeunes, je lui préparais des cassettes de chansons que j’étais persuadée qu’il aimerait. Aujourd’hui, il partage avec moi les listes d’écoutes qu’il assemble soigneusement sur Spotify. Je trouve ça vraiment beau que la musique nous relie ainsi.

Donc, pendant des mois, j’ai visité assidûment le site web du band dans l’espoir qu’un spectacle au Québec soit annoncé. Mais chaque jour, je revenais bredouille. Je n’ai pourtant jamais baissé les bras – ce serait mal me connaître. J’ai donc continué d’espérer et de persévérer.

Ma patience et ma volonté ont porté des fruits : deux ans plus tard, The Cure annonce un spectacle au Centre Bell avec, en première partie... 65daysofstatic.

C’est le 14 mai 2008 que notre rêve, à mon frère et moi, s’est réalisé. Je crois que je n’ai jamais vu personne d’aussi absorbé par une première partie que nous. Encore à ce jour, c’est l’un de mes souvenirs les plus mémorables. Et je suis sûre et certaine que leur prestation était meilleure qu’au GuilFest de Guildford simplement parce que ce spectacle-là, je l’ai vécu avec mon frère.

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