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Lozeau larguée par les Ontariens

Henry’s devait pourtant assurer la pérennité de l’établissement quasi centenaire

Lise Lozeau et son mari, Jean Simard, ont donné plus de la moitié de leur vie à l’entreprise familiale. Ils ne pensaient jamais que les Ontariens à qui ils ont vendu en 2019 allaient fermer le magasin.
Lise Lozeau et son mari, Jean Simard, ont donné plus de la moitié de leur vie à l’entreprise familiale. Ils ne pensaient jamais que les Ontariens à qui ils ont vendu en 2019 allaient fermer le magasin. Photo Martin Alarie
Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2022-06-29T13:36:49Z
2022-06-30T04:47:32Z

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Si la disparition de Lozeau n’a pas surpris ses anciens propriétaires, ils sont tout de même sous le choc. Les promesses de ses acheteurs ontariens n’auraient tout simplement pas été respectées. 

« C’était supposé de continuer, c’est pour ça qu’on a vendu à Henry’s, une entreprise familiale comme nous », lance Lise Lozeau, 73 ans, en tentant de contenir ses larmes. 

La matriarche, qui a travaillé 56 ans pour l’entreprise spécialisée en photographie fondée par son père en 1927, était très émotive, hier, quand Le Journal l’a rejointe chez elle. 

La boutique L.L. Lozeau en 1964
La boutique L.L. Lozeau en 1964 Capture d'écran / Vidéo YouTube produit par Lozeau

Mardi, l’entreprise ontarienne Henry’s, qui a acheté Lozeau en 2019, a fermé les portes du mythique commerce de la rue Saint-Hubert, à Montréal, sans crier gare. 

« Ils ont vidé le magasin pendant la nuit de lundi. Les employés ont appris qu’ils perdaient leur job en arrivant mardi matin dans le magasin vide. On l’a appris en même temps qu’eux », raconte-t-elle. 

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Si l’ancienne propriétaire de Lozeau est ébranlée, c’est surtout parce qu’elle avait obtenu des promesses de la part d’Andrew Stein, président du conseil de Henry’s. On lui assurait alors que Lozeau n’était pas près de disparaître. 

« Ils ont tout coupé »

Mais dès le départ, en avril 2019, la famille Lozeau a vite compris que Gillian Stein, sa fille et PDG de l’entreprise, avait d’autres plans. 

« Un mois après la vente, ils ont commencé à couper les employés, les services, la location, les réparations, ils ont tout coupé », se souvient-elle. 

La cerise sur le gâteau ? Un an après la vente, le site internet de Lozeau n’existait plus en français. Il renvoyait au site unilingue anglais de Henry’s. 

Pas écoutés 

La famille Stein avait même accepté de garder en poste les deux enfants de Lise Lozeau, Stéphane et Manon. « Mais ils ne les ont jamais écoutés », dit-elle.

  • Écoutez l'entrevue avec Manon-Lozeau-Simard, ex-employée et petite-fille du fondateur, au micro de Yasmine Abdelfadel sur QUB radio:

Ce que confirme Stéphane Lozeau-Simard après un long soupir. 

« On parlait dans le vide. On a vendu pour assurer la pérennité de l’entreprise, mais on s’est fait avoir », lance-t-il. 

Sa mère assure qu’à la vente, en 2019, Lozeau comptait 130 employés et avait « un gros chiffre d’affaires ». 

Ils n’étaient plus qu’une quinzaine, mardi, au moment de la fermeture. 

Henry’s est le plus gros détaillant dans le secteur de la photographie au Canada avec 30 magasins. L’entreprise s’est placée à l’abri de ses créanciers, en mai 2020, et a fermé sept de ses magasins au Canada. 

« Ils nous ont achetés pour nous passer dans la faillite », croit Stéphane Lozeau-Simard.

▶La PDG d’Henry’s Gillian Stein n’a pas répondu à nos nombreuses demandes d’entrevue, hier. 

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