Basketball masculin: un départ atroce coule le Canada, qui espérait remporter une première médaille olympique depuis 1936


Richard Boutin
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PARIS | Les espoirs d’une première médaille olympique en basketball masculin depuis les Jeux de 1936 à Berlin étaient très élevés avec la présence de 11 joueurs ayant l’expérience de la NBA, mais le Canada, qui était largement favori, mardi, dans son duel de quart de finale, s’est écroulé devant la France et une foule électrique qui remplissait le Bercy Arena au maximum.
Le scénario pour les Canadiens a été identique à celui de leur dernière participation aux Jeux olympiques à Sydney en 2000, alors qu’ils avaient aussi baissé pavillon en quart de finale contre la France. En match préparatoire, le Canada avait défait les cousins par la marque de 85-72.
Avant le match contre le Canada, l’entraîneur français Vincent Collet avait mentionné que la France devrait faire un exploit pour gagner. Mission accomplie.
Parfait en phase de groupe à Lille avec trois victoires, le Canada s’est incliné par la marque de 82-73, et ses espoirs de médaille se sont envolés en fumée. La France affrontera maintenant l’Allemagne en demi-finale. Les États-Unis et la Serbie complètent le carré d’as.
Départ atroce
Le Canada a connu un début de match atroce et n’a jamais été en mesure de s’en remettre, même s’il a réduit l’écart à cinq points avec quatre minutes au quatrième quart.
Misant sur leurs grands joueurs et adoptant un style très physique, la France a complètement dominé le premier quart pour se forger une priorité de 23-10 après dix minutes de jeu. L’écart a continué de se creuser au deuxième quart alors que le Canada a retraité au vestiaire en retard de 16.
Comment expliquer un aussi mauvais départ? «On a affronté une équipe qui avait beaucoup d’énergie et qui a fait un bon choix tactique en misant sur Victor (Wembanyama (7 pi 3 po)) et Guerschon Yabusele (6 pi 8 po) pour débuter la rencontre, a expliqué l’entraîneur Jordi Fernandez qui a mené le Canada à son meilleur résultat en Coupe du monde l’an dernier avec une 3e place. Nous n’avons pas été en mesure de rivaliser avec leur niveau d’énergie et de physicalité. En raison de ce mauvais départ, on a joué du basketball de rattrapage pendant tout le match.»
«C’est évidemment une grande déception, de poursuivre l’entraîneur espagnol. On n’a pas bien partagé le ballon en offensive (27 points pour Shai Gilgeous-Alexander et des miettes pour les autres). Ce n’est pas qui nous sommes et qui nous avons été dans le passé.»
La déception sera énorme au Canada, mais Fernandez a voulu atténuer la portée de cet échec. «Ce n’est pas dramatique, a-t-il affirmé. Les joueurs se sont engagés à représenter leur pays et ils ont tout donné. C'est une fierté. C’est clair que tout le monde voulait un résultat différent. Basketball Canada aurait mérité mieux, mais le format du tournoi olympique fait en sorte que tu retournes à la maison après une défaite en ronde éliminatoire.»
Arbitrage pointé du doigt
L’entraîneur canadien a souvent remis en question les décisions des officiels pendant le match et il en a ajouté une couche en zone mixte. «Devant une foule locale, tu te retrouves parfois avec un arbitrage qui est questionnable sur le plan du fair-play. La France a obtenu 42 lancers francs. Je comprends le contexte d’affronter l’équipe locale, mais c’est néanmoins frustrant. Il y a eu plusieurs explications qui ne faisaient aucun sens.»
«On savait qu’en venant ici, on devrait se battre contre cinq joueurs et une foule partisane qui amène habituellement ce genre de situation, de poursuivre Fernandez. On a contrôlé ce qu’on pouvait contrôler. On a commis plusieurs fautes, mais ce n’était pas justifié.»
Dans la défaite, le pilote canadien a salué l’effort de ses ouailles. «Nous sommes venus à deux lancers francs de réduire l’écart à une possession, et personne ne peut dire qu’on ne s’est pas battus, a-t-il déclaré. Ce n’était pas parfait et on doit être meilleurs, mais je prends la responsabilité de la défaite. J’aurais dû aider plus les joueurs en les plaçant dans de meilleures positions et en trouvant des solutions. On va revenir plus forts.»
Luguentz Dort donne crédit aux Français
PARIS | Déçu de la tournure des événements comme tout le monde, le Montréalais Luguentz Dort a louangé l’effort des Français.
«Ils sont venus ici et ils ont joué fort, a résumé le garde du Thunder d’Oklahoma City. C’est dur de revenir dans le match quand l’adversaire connaît un aussi bon départ. On a tout fait pour revenir, mais nous n’avons pas été capables. Je donne beaucoup de crédit à la France, qui a fait un bon travail devant [sa] foule.»
Cette foule très bruyante qui remplissait le Bercy Arena a joué un rôle important dans la victoire de leurs favoris. «On doit jouer en équipe, mais c’était difficile d’entendre les appels dans un environnement comme ça, a raconté Dort. C’était difficile de bien exécuter. On doit jouer notre jeu à nous et ne pas laisser la foule et l’intensité de nos adversaires monter dans notre tête.»
Les grands bonhommes de l’équipe de France ont causé bien des maux de tête aux Canadiens. «Leurs grands gars ont eu la balle souvent dans la bouteille et ce fut difficile de les contrer, a-t-il expliqué. Ils ont fait un bon travail dans la bouteille et ils ont réussi des tirs difficiles. On a commis plusieurs fautes et ça devient difficile de revenir de l’arrière quand l’adversaire obtient autant de lancers francs.»
Les grands bonhommes en question ont brillé. Guerschon Yabusele a marqué 22 points et récupéré sept rebonds. Tout premier choix de la NBA par les Spurs de San Antonio en 2023, Victor Wembanyama, du haut de ses 7 pi 3 po, a réussi sept points et récupéré 12 rebonds.
D’un autre côté, les Canadiens ont peiné à marquer de la ligne de trois points. Le Canada n’a réussi que cinq tirs provenant de derrière l’arche en 21 tentatives, comparativement à 9 en 28 pour les Français.
«Je pense qu’on aurait pu prendre plus de tirs de trois points, a souligné l’auteur de huit points, mais c’était difficile de voir qui était ouvert. La France a bien joué défensivement.»
En problème de fautes, Dort a cédé son poste à quelques reprises. Il a finalement écopé d’une cinquième faute dans les dernières secondes du match alors que l’issue était connue.
De son côté, le Montréalais Khem Birch, qui évolue maintenant en Espagne après une carrière dans la NBA, a marqué cinq points et récupéré autant de rebonds.