«C’est en moi, je le sais» : Aatos Koivu croit à son éventuelle éclosion

Nicolas Cloutier
Partager
Le tir d’Aatos Koivu capte votre attention dès les premiers instants lorsqu’il embarque sur la patinoire. La détente ressemble à celle du franc-tireur moderne de la Ligue nationale de hockey.
Il ramène la rondelle vers lui avec le bout de sa palette et «woush», elle décolle le temps de le dire. De près, lors de l’entraînement de la Finlande au Ridder Arena à Minneapolis, cette arme est manifestement impressionnante.
On ne veut pas manquer de respect à son père qui a connu une superbe carrière. Si Aatos devient la moitié du joueur qu’était le paternel, ce sera merveilleux. Mais Saku n’avait pas cette façon de décocher dans son répertoire.
«Ce n’est certainement pas lui qui m’a appris ça!» lance immédiatement le jeune Koivu en boutade.
Lui-même ne pourrait trop vous dire où il a appris ça.
«Enfant, je regardais Auston Matthews, suggère-t-il. Mais c’est venu intuitivement quand j’étais plus jeune et je tirais dans la cour arrière. Je m’exerçais à armer le tir sans la rondelle jusqu’à ce que j’aie la force physique pour tout mettre à exécution.
«[Mon tir], c’est quelque chose avec lequel je crois pouvoir avoir un impact.»
C’est l’un des meilleurs, sinon le meilleur outil dans le coffre de Koivu, confirme l’entraîneur-chef de la Finlande au Mondial junior, Lauri Mikkola. «Ses pieds vifs, aussi, note-t-il. Il peut changer de direction très rapidement.»
La foi d’Aatos
Ne vous méprenez pas, Koivu n’a pas débarqué au Minnesota fort d’une saison à tout casser dans la Liiga.
Fin juillet et début août, il a été dominant à la vitrine estivale du Mondial junior. Mais ça n’a pas mené à la fameuse éclosion à son retour avec Turku. Il n’a amassé que deux buts et cinq aides pour sept points en 30 matchs jusqu’ici.
«J’ai une saison en montagnes russes, reconnaît Koivu. J’ai eu des matchs fantastiques. Des bons matchs. Puis des matchs qui laissent à désirer. Mais au final, c’est beaucoup mieux que la saison dernière. Je sens une nette progression dans mon jeu.»
Son entraîneur au Mondial junior voit bel et bien une prise de maturité.
«Entre les deux oreilles, il est plus fort, observe Mikkola. Il ne se frustre plus aussi rapidement s’il ne marque pas en première période. Il a la patience nécessaire pour s’atteler à la tâche.»
Koivu demeure persuadé qu’il détient la solution, qu’il peut devenir un attaquant prolifique au niveau professionnel. Le souriant garçon nous a surpris avec un plaidoyer bien senti.
«Je sais que ça s’en vient, jure-t-il. Je sais que c’est en moi. Je dois seulement m’habituer aux rigueurs de la Liiga, parce que c’est vraiment différent du junior. Mais si je continue à y mettre l’effort chaque jour, ça va venir. C’est juste une conviction à l’intérieur de moi.»
Mononucléose l’an dernier
Koivu file le parfait bonheur. On peut le comprendre: l’an passé, à pareille date, la mononucléose l’empêchait de prendre part au Mondial junior.
Le jeune Koivu a ainsi vécu son baptême dans le tournoi avec la Finlande dans une victoire de 6 à 2 des siens aux dépens du Danemark.
«Au début, j’étais vraiment nerveux, confie-t-il. Surtout les deux premières présences. C’est après que je me suis calmé.»
Une fois qu’il a pris ses aises, il a pu contribuer avec un joli but.
Aatos Koivu with the first goal from a #GoHabsGo prospect at the WJC
— Cam (@Cweitz99) 26 décembre 2025
pic.twitter.com/IuhHWp7IZ4
Le numéro 15 de la Finlande était prêt pour le tir sur réception, mais il s’est ajusté à la dernière minute pour surprendre le gardien danois.
«C’était une brillante passe de Kiviharju», s’empresse de relever Koivu.
Le Michigan, pour la suite? On a pris Koivu en flagrant délit à l’entraînement alors qu’il tentait la manœuvre.
«Si j’en ai l’occasion, je te promets que je l’essayerai pendant un match.»
C’est noté.