«C’est de toute beauté de voir ça»: Michel Goulet se doutait depuis un moment que Cole Caufield avait le potentiel de marquer 50 buts


Stéphane Cadorette
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Le fait que Cole Caufield soit devenu le premier joueur du Canadien depuis 1990 à atteindre le plateau des 50 buts en une saison a épaté le Québec au grand complet. Même un ancien des Nordiques comme Michel Goulet, qui, à une autre époque, aurait difficilement trouvé la force en lui pour louanger un membre du camp ennemi.
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Les temps ont changé et Goulet ne s’est pas fait prier pour saluer le fait d’armes de Caufield.
Après tout, s’il y en a un qui connaît bien la gamme d’émotions vécue par l’attaquant du Canadien, c’est bien lui. Goulet était abonné dans les années 1980 aux saisons de plus de 50 buts, avec quatre de suite à son actif entre 1982-83 et 1985-86.
D’autant plus que dès que le Canadien a mis le grappin sur Caufield avec le 15e choix au repêchage en 2019, Goulet bénéficiait d’un contact privilégié pour lui dire de surveiller le jeune homme.
« Je connaissais pas mal le petit Caufield, parce que je suis un grand ami de Tony Granato, qui l’a coaché dans les rangs universitaires et qui a été longtemps avec moi dans l’organisation de l’Avalanche. Il m’en parlait quand le Canadien l’a repêché et il me répétait : ce petit gars-là, ce sera tout un scoreur dans la Ligue nationale », a raconté Goulet.
Granato a en effet dirigé Caufield avec les Badgers de l’Université du Wisconsin pendant deux saisons et l’a vu marquer 49 buts en 67 matchs.
« Il me disait que c’était un buteur né, qu’il avait un vrai bon tir de marqueur. Caufield, on voit qu’il sait où il s’en va. Il n’a pas peur. Ce que Tony voyait en lui, il ne s’est pas trompé. C’est de toute beauté de voir ça », a poursuivi Goulet.

Un plateau qui fait parler
Goulet demeure, à ce jour, l’un des rares Québécois à avoir réalisé l’exploit de marquer 50 buts en plein dans la marmite québécoise. Il est donc à même de comprendre ce que Caufield a pu vivre dans les dernières semaines.
« Je me souviens que lorsque j’approchais les 50 buts, le monde au Québec en parlait énormément. La nature des gens, c’est de douter que tu vas le faire. Et une fois que tu as réussi, ils vont encore douter que tu puisses le refaire », a-t-il noté.
Possible de le refaire ?

Même si Caufield a tout le loisir de savourer son accomplissement avant de se plonger dans le futur, Goulet sait fort bien que maintenant que ce plateau symbolique a été atteint, les partisans se montreront toujours gourmands.
« Tu peux toujours marquer 50 buts parce que tout se passait bien et que tu étais à la bonne place au bon moment. Plein de joueurs l’ont fait une seule fois et n’ont jamais été proches après. Cinquante buts, ça peut arriver à bien du monde. Le gros défi, ça va être de le refaire et de le refaire et de le refaire », a-t-il prévenu.
Aux yeux de Goulet, Caufield a toutes les qualités requises pour répéter l’exploit dans les années à venir, d’autant plus que les jeunes joueurs qui forment le noyau autour de lui demeurent en ascension.
« Tu vas passer au travers de périodes où ça ne marche pas et tu vas douter un peu. La pression va toujours être là, mais il est entouré de joueurs plus talentueux qu’à ses premières années. C’est ça la grosse différence », a-t-il fait valoir.
« La suite va dépendre de lui. J’ai souvent dit que les 30 ou 35 premiers buts sont pas mal plus faciles à scorer que les 15-20 derniers. »