«C’est avec grande fierté que j’aimerais porter le drapeau du Québec à l’international»: et si le Québec avait trouvé sa nouvelle coqueluche de la boxe?


Kevin Dubé
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Maintenant qu’il est officiellement champion du monde de la WBC, Christian Mbilli a de grandes ambitions. Évidemment, il désire défendre son titre le plus longtemps possible et, dans le meilleur des mondes, finalement affronter Canelo Alvarez. Mais il souhaite aussi faire revivre aux Québécois une histoire d’amour avec la boxe, ce qui n’est pas arrivé depuis longtemps.
Parce que le Québec a vécu de grandes histoires d’amour avec certains de ses boxeurs, au cours des 30 dernières années. Il y a évidemment eu Éric Lucas, champion du monde des super-moyens de 2001 à 2003, devenu une idole, mais aussi l’image d’une révolte nationale après la perte de son titre face à Marcus Beyer. Puis, il y a eu Lucian Bute et Jean Pascal qui, malgré des personnalités diamétralement opposées, ont su rallier les Québécois à leurs causes. Et pas juste les amateurs de boxe purs et durs, mais toute la population qui, en temps normal, n’était pas acquise d’avance à la cause de ce sport.
On pourrait aussi parler d’Adonis Stevenson qui, même si la relation a été compliquée, a fait vivre de grands moments aux Québécois.
Mais, depuis un certain temps, c’est tranquille. Artur Beterbiev a connu un succès fulgurant sur la scène internationale, mais il n’a jamais vraiment été en mesure de s’attirer la sympathie des Québécois.
C’est là qu’arrive Christian Mbilli.
Le nouveau porte-étendard?
Il semble qu’il n’y ait pas eu de candidat qui remplissait autant de cases que lui, dans les dernières années, pour devenir le nouveau porte-étendard de la boxe au Québec.
Il parle français, il est sympathique et articulé et se proclame lui-même un fier Québécois, même s’il est Camerounais d’origine et qu’il possède la citoyenneté française. Il a obtenu son passeport canadien en 2023.
Le pugiliste de 30 ans est d’ailleurs bien conscient du grand vide qu’il pourrait combler, au Québec.
«C’est avec plaisir que je suis prêt à endosser ce rôle, a-t-il mentionné jeudi. Je joue entre deux frontières, soit la France et le Québec. En France, c’est la même situation. Il n’y a plus de champions du monde depuis des années et ils ont besoin d’un porte-drapeau. Je ne sais pas si je serai capable de porter les deux, mais je veux les représenter fièrement. Mon objectif a toujours été d’être le meilleur boxeur, toutes générations confondues, autant en France qu’au Québec.
«C’est avec grande fierté que j’aimerais porter le drapeau du Québec à l’international en tant que boxeur qui représente cette belle province.»
Des choses à prouver
Malgré tout ce qu’il a accompli, Mbilli demeure majoritairement méconnu de monsieur et madame Tout-le-Monde.
Et des doutes subsistent à son endroit, en raison du fait qu’il a obtenu sa ceinture sans gagner de combat. Rappelons qu’il est devenu champion du monde après que son titre intérimaire est devenu officiel quand Hamzah Sheeraz a refusé de l’affronter.
Des doutes qu’il comprend, assure-t-il.
«La façon avec laquelle la ceinture a été acquise, ça m’est égal. Intérieurement, j’aurais aimé faire un combat, mais ça faisait trois ou quatre ans que j’étais l’aspirant no 1 et que je devais affronter Canelo, mais qu’il allait à gauche et à droite. Cette ceinture est légitime.»
Il espère maintenant avoir l’opportunité d’affronter Canelo Alvarez.
«Si on prend tous les classements et qu’on les combine, je suis no 2 au monde derrière Canelo. Mon objectif est de prouver que je suis le no 1.»