«C’est assurément choquant» -Ryan Poehling

Jonathan Bernier
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«Je n’ai jamais entendu dire qu’un joueur était arrivé trop tard dans la LNH. Par contre, qu’un joueur soit arrivé trop tôt, ça, je l’ai déjà entendu.» Dominique Ducharme a répété cette phrase à quelques occasions depuis qu’il a été promu à la barre du Canadien. Jeudi, elle a servi à illustrer le cheminement de Ryan Poehling.
Le choix de premier tour du Canadien en 2017 est passé par toute la gamme des émotions depuis la performance de rêve (un tour du chapeau et le but gagnant en tirs de barrage) qu’il a livré à son tout premier match dans le circuit Bettman, en avril 2019.
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Victime d’une commotion cérébrale lors du camp d’entraînement suivant, il a fait la navette entre Montréal et Laval au cours de la campagne 2019-2020. Rappelé pour les séries, il a été le seul attaquant présent dans la bulle torontoise à ne pas avoir été utilisé.
L’hiver dernier, le Tricolore a préféré lui faire passer la saison complète avec le Rocket plutôt que de lui faire une place au sein du grand club, ce qui a permis à Nick Suzuki et Jake Evans de le devancer dans la hiérarchie des centres de l’équipe.
Une situation délicate pour l’orgueil d’un jeune joueur, mais qui peut se vouloir très formatrice si elle est accueillie de la bonne façon.
«Tout le monde a son propre chemin à suivre, même si ça peut devenir frustrant quand on le compare à celui des autres. J’ai réalisé que je devais suivre le mien et faire confiance à cette voie», a-t-il déclaré.
Bon pour la confiance
Aujourd’hui, Poehling aborde son parcours de façon philosophique. Toutefois, il admet que la grogne l’a gagné à quelques occasions.
«C’est assurément choquant. Tu es au sommet et, soudainement, tu as l’impression que tout s’écroule. Tu finis par comprendre qu’il faut laisser tomber les attentes que les gens ont pour toi et te concentrer sur ce qui te rend heureux.»
Prendre un pas de recul peut être bon pour le moral. Dans un calibre moins élevé, Poehling a eu l’occasion d’obtenir des missions et des responsabilités qu’il n’aurait pas obtenues s’il avait évolué avec le Canadien.
Une brillante fin de calendrier avec le Rocket lui a pratiquement permis de maintenir une moyenne d’un point par match. Il a conclu le calendrier de 28 rencontres avec une récolte de 25 points, dont 11 buts.
«Ça parait toujours un peu surfait, mais la confiance est un élément très important. J’ai gagné beaucoup en confiance l’an dernier, a reconnu Poehling. J’ai également appris à jouer de la bonne façon. Quand on joue pour Joël Bouchard, on n’a pas le choix. Sinon, on ne joue pas.»
Au cœur d’une bataille
Néanmoins, rien n’est acquis pour l’Américain. Et ce, même si la ligne du centre chez le Canadien a connu passablement de transformations au cours de l’été.
«Il fait partie des joueurs qui devront se battre pour un poste et pour un rôle, a stipulé Ducharme. Il a accompli de belles choses offensivement à Laval. On veut qu’il soit efficace des deux côtés de la patinoire.»
Evans, Cédric Paquette et possiblement Mathieu Perreault seront ses principaux rivaux dans cette course.
«Ce sont les joueurs qui dictent ce qui va arriver. Plus on avancera dans le camp, plus la situation s’éclaircira», a ajouté Ducharme.
Opéré au poignet gauche au cours de l’été, Poehling a trimé dur pour arriver au camp au même point que les autres.
«On parlait d’une réadaptation de 10 semaines. Après quatre semaines et demie, c’était complètement guéri, donc ça m’a donné cinq semaines et demie pour me préparer adéquatement, a-t-il indiqué. J’ai également travaillé le bas de mon corps. Lors des tests qu’on nous a fait passer hier [mercredi], je me sentais plus fort.»
«Les réponses dans les matchs»
Le travail effectué au cours de l’été n’est pas passé inaperçu aux yeux de Ducharme.
«Il est en bonne forme. On aime la façon dont il a progressé. Ça paraît dans la manière dont il bouge. Il a également pris de la maturité au niveau physique. Ça se voit dans les détails dans son jeu, lors des exercices, dans des situations à un contre un avec ou sans la rondelle. Il était plus efficace, plus fort sur la rondelle et meilleur en protection.»
Mais il faudra attendre avant de pouvoir se prononcer sur ce qui l’attend en vue de la prochaine saison. En répondant à une question sur ses combinaisons de défenseurs, Ducharme a lancé une citation qui peut s’appliquer à tous les jeunes joueurs présents au camp, incluant Poehling.
«Les réponses viennent dans les matchs. J’ai vu d’excellents joueurs dans les entraînements. Puis, tu mets la rondelle en jeu pour un match et ils disparaissent. Pour d’autres, c’est le contraire.»
Justement, le premier match préparatoire se tiendra samedi, à Toronto.