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Elle reçoit une pub d’Ozempic dans sa boîte HelloFresh: «Un énorme what the fu*k»

Ouiam Didane a trouvé la publicité de Livewell tellement «aberrante» qu’elle a fait une vidéo TikTok sur le sujet.
Ouiam Didane a trouvé la publicité de Livewell tellement «aberrante» qu’elle a fait une vidéo TikTok sur le sujet. Capture d’écran tirée de TikTok
Photo portrait de Andrea Lubeck

Andrea Lubeck

2025-03-18T20:07:40Z
2025-03-19T12:18:48Z

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Des clients d’HelloFresh ont été choqués de découvrir, dans leur boîte-repas, une publicité faisant la promotion d’une clinique virtuelle, Livewell, qui offre de prescrire en ligne l’Ozempic, un médicament populaire pour la perte de poids.

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Lorsqu’elle a ouvert sa boîte HelloFresh, Ouiam Didane a d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague, surtout que le dépliant était en anglais. «C’est juste un énorme what the fuck», dit-elle en entrevue à 24 heures.

@ouiamlabanane Sérieux, je ne suis pas pharmacienne ou médecin, juste une citoyenne et consommatrice outrée. @HelloFresh ça va? #hellofresh #goodfood #cookit ♬ son original - Ouiam LaBanane

Elle trouve «inquiétant» qu’une telle publicité se retrouve dans une boîte-repas en sachant que le médicament peut être «extrêmement dangereux» et qu’il n’est «pas à prendre à la légère».

Jugeant la publicité «aberrante», Ouiam ne compte pas demeurer cliente d’HelloFresh.

«Exploiter la vulnérabilité»

L’association entre HelloFresh et le médicament conçu pour traiter le diabète de type 2 est «extrêmement préoccupante», affirme Benoît Arsenault, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

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«On vient exploiter la vulnérabilité des personnes qui sont à risque de développer des troubles de l’image corporelle ou de comportement alimentaire dans le but de leur vendre des consultations. C’est absolument révoltant», déplore-t-il.

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Pour lui, ce genre de publicité banalise la prise d’un médicament tel qu’Ozempic pour la perte de poids.

«[Ozempic] doit être pris dans un contexte clinique où un professionnel de la santé effectue un suivi. Il est associé à des effets secondaires très importants qui peuvent être dangereux dans de plus rares cas, même si la plupart des gens le tolèrent bien», souligne le Dr Arsenault.

Surtout que les compagnies de télémédecine «ne font pas toujours leur devoir», souligne-t-il. «Elles vont trouver les failles dans le système pour prescrire [l’Ozempic], moyennant des sommes astronomiques, à des fins capitalistes.»

Photo AFP
Photo AFP

Sur son site web, Livewell vante la simplicité du processus pour obtenir une ordonnance de médicament pour la perte de poids, qu’il s’agisse d’un traitement injectable, comme Ozempic et Wegovy, ou d’une pilule. Après avoir répondu à un «court questionnaire», un patient obtient une «consultation textuelle» avec un médecin, qui fournit ensuite la prescription. Le médicament est ensuite livré gratuitement en deux jours, précise-t-on.

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HelloFresh n’a pas voulu répondre aux questions de 24 heures. L’entreprise s’est contentée de mentionner qu’elle s’efforçait «d’offrir la meilleure expérience possible», notamment avec «des promotions de produits et de services qui peuvent être pertinents pour le mode de vie de nos clients».

Une publicité «paradoxale»

Anik St-Onge, professeure en marketing à l’UQAM, s’explique mal la décision d’HelloFresh d’inclure une telle publicité dans ses boîtes-repas.

«HelloFresh se veut une marque conviviale, familiale, qui promeut le bonheur de cuisiner. De s’associer avec une marque qui prescrit l’Ozempic, un médicament qui coupe la faim, c’est un peu paradoxal», remarque-t-elle.

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Selon elle, l’image d’HelloFresh pourrait en souffrir.

En revanche, Livewell bénéficie «d’un retour sur investissement assez intéressant» en entrant directement dans les chaumières des clients de l’entreprise alimentaire.

Un resserrement des règles exigé

Le Règlement sur les aliments et drogues stipule que seuls «la marque nominative, le nom propre, le nom usuel, le prix et la quantité de la drogue» peuvent être mentionnés dans une publicité sur un médicament d’ordonnance. Il est donc interdit de nommer les effets du médicament ou ce qu’il vise à traiter.

Dans le cas d’Ozempic, toutefois, le médicament est devenu tellement populaire qu’il n’est plus nécessaire d’expliquer qu’il peut aider à la perte de poids.

Même si la publicité incluse dans les boîtes d’HelloFresh n’est pas illégale, aux yeux du Dr Benoît Arsenault, il s’agit d’une autre «dérive» qui rappelle l’importance de resserrer les règles.

Le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), Jean-François Desgagné, considère le partenariat entre HelloFresh et Livewell «odieux». «[HelloFresh] fait la promotion de certaines valeurs de santé, cuisiner avec des produits frais, puis elle va s’associer à ces gens-là...»

Le temps est venu d’interdire la publicité de médicaments d’ordonnance, le règlement étant désormais «désuet», selon lui.

«Un médicament, ce n’est pas un bien de consommation comme les autres. On rajoute un tiers dans la relation de confiance entre un thérapeute et son patient. Les gens arrivent avec des publicités et font des demandes à leur médecin et leur pharmacien. Mais il faut une évaluation, une prise en charge», tonne-t-il.

Depuis que les publicités pour Ozempic se multiplient, les demandes des consommateurs sont «exponentielles».

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