Cessez-le-feu en Ukraine: quelles sont les demandes de Vladimir Poutine?


Gabriel Ouimet
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Vladimir Poutine affirme être favorable à un cessez-le-feu de 30 jours en Ukraine, à condition qu’il mène à une paix durable qui prendrait en considération les intérêts de son pays. Un expert résume les objectifs du président russe dans la recherche d’une issue au conflit.
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Depuis mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et ses alliés, dont les États-Unis, font pression sur la Russie pour qu’elle accepte d’interrompre les combats en Ukraine pour une durée de 30 jours. Cette proposition a été formulée mardi lors de pourparlers en Arabie-Saoudite.
Vladimir Poutine soulève des «questions importantes» sur la mise en œuvre du cessez-le-feu et son respect.
«Comment garantir qu’une telle situation [le conflit] ne se reproduise pas? Comment le contrôle sera-t-il organisé?», s’est-il interrogé.
«Nous sommes d’accord avec les propositions visant à mettre fin aux hostilités, mais nous partons du principe que cette trêve doit conduire à une paix durable et s’attaquer aux causes profondes de cette crise», a martelé l’homme fort du Kremlin.
Moscou dit craindre que l’Ukraine utilise cette pause pour recruter des soldats supplémentaires et faire le plein d’armes occidentales et rappelle que ses intérêts doivent être pris en considération pour ratifier l’entente.
Mais que veut la Russie, au juste?
Des objectifs «complètement irréalistes»
Vladimir Poutine n’a pas détaillé ses demandes dans le cadre des pourparlers actuels. Des déclarations récentes de son gouvernement donnent néanmoins une bonne idée de ses ambitions.
Il y a deux semaines, le Kremlin a indiqué que l’annexion officielle des régions ukrainiennes contrôlées par son armée, qui représentent environ un cinquième du territoire total de l’Ukraine, est «incontestable et non négociable» pour la suite des choses.
«Les objectifs de la Russie restent inchangés et sont la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, ainsi que la reconnaissance des réalités existantes sur le terrain», a martelé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
Cet objectif est toutefois «complètement irréaliste», selon Dominique Arel.
«En fait, la Russie veut que l’armée ukrainienne soit faible. Il n’y a pas grand-chose à négocier sur ce front, parce que les Ukrainiens n’accepteront pas de se désarmer», indique-t-il.
Vladimir Poutine exige également que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), parce qu’il juge que l’expansion de l’alliance militaire occidentale représente une menace existentielle pour la Russie.
Moscou considère aussi que le déploiement de troupes étrangères en Ukraine, comme le proposent des alliés de Kiev pour assurer le maintien de la paix si une entente était signée, serait considéré comme un «conflit armé direct» avec ses troupes.
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Des négociations difficiles en vue
De leur côté, Kiev et les Européens souhaitent en arriver à un cessez-le-feu avec des garanties permettant d’assurer la sécurité de l’Ukraine et du reste du continent à long terme.
Pour y parvenir, ils proposent notamment de déployer des troupes de maintien de la paix dans certaines régions de l’Ukraine et de continuer d’approvisionner le pays en matériel militaire.
Volodymyr Zelensky martèle aussi que son gouvernement n’acceptera jamais de céder officiellement à Moscou les territoires perdus depuis 2022.