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Ces joueurs du CH qui ont été ciblés par les partisans

Étienne Bouchard

2025-11-05T17:56:43Z

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Samuel Montembeault est loin d’être le premier porte-couleurs du Canadien à avoir subi les foudres de certains amateurs de l’équipe et il peut s’encourager à l’idée que les réactions négatives n’ont pas empêché ces athlètes d’exceller durant leur carrière.

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Même si elle fait partie des plus enjouées de la Ligue nationale de hockey (LNH), la foule montréalaise est aussi reconnue pour son intransigeance à l’égard des insuccès de son équipe. Quelques patineurs ont ainsi ressenti la douleur psychologique reliée au fait de se faire huer à la moindre possession de rondelle ou d’être applaudi de manière dérisoire après un arrêt de routine.

Ces hommes – et ils ne sont pas les seuls – peuvent témoigner en connaissance de cause.

Patrick Roy

C’est le cas le plus célèbre et le plus mémorable chez le Tricolore pour les mauvaises raisons. Ayant connu comme tout le monde de mauvaises journées au bureau, «Casseau» a été visé par le sarcasme du public du Forum plus d’une fois: par exemple, il y a eu le premier duel de la finale de la section Adams en 1992, dans lequel des amateurs furieux réclamaient la présence du substitut André Racicot en scandant son nom de famille.

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Mais évidemment, rien ne surpassera la triste soirée du samedi 2 décembre 1995. Dans ce qui fut son dernier match avec le Tricolore, Roy a vécu le calvaire, concédant neuf buts aux Red Wings de Detroit. Exaspéré de continuer à subir les affres de l’adversaire, le gardien a levé les bras après avoir bloqué un tir du centre de la patinoire... sous les applaudissements ironiques, bien entendu. La suite est largement connue et documentée: le numéro 33 s’est vengé aux dépens de ses détracteurs (et de ses bourreaux venus du Michigan) en gagnant la coupe Stanley au printemps suivant, éliminant au passage les Wings.

Carey Price

En dépit d’un parcours professionnel étoffé, Price n’a pas toujours vécu une histoire d’amour avec le public montréalais. À titre d’exemple, il suffit d’évoquer la pathétique fin de route de 2008-2009, ponctuée de huit revers d’affilée, incluant quatre aux mains des Bruins de Boston en première ronde éliminatoire. Pendant le quatrième affrontement, présenté au Centre Bell, le portier a offert une petite imitation du geste de Roy en levant un peu les bras à la suite d’un arrêt facile. L’analogie entre les deux hommes était devenue une évidence.

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Heureusement pour Price, qui a éprouvé des ennuis en séries lors de ses premières années, ce mauvais épisode a été l’un des rares d’une carrière passée sous un seul chandail.

Patrice Brisebois

Chez les joueurs de position, le cas de Brisebois constitue l’un des plus notables. Le défenseur a souvent payé le prix pour des revirements commis sur la patinoire, erreurs qui ne passaient pas inaperçues. Au cours de ses premières campagnes dans le circuit, il a entendu les huées et les cris de dérision... parfois sans avoir été à l’origine d’un mauvais jeu ou dès sa présence initiale du match. L'ex-directeur général Bob Gainey n'a pas été impressionné par le comportement de ceux qu'il a qualifié de «bâtards».

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Toutefois, les amateurs ont été plus tendres à son endroit lors de son second séjour à Montréal, après un passage chez l’Avalanche du Colorado. De 2007 à 2009, il était cependant davantage perçu comme une roue de secours au sein d’un effectif assez bien nanti et la pression était moindre sur l’actuel président des Anciens Canadiens.

Cayden Primeau

Les plus jeunes partisans ne peuvent se souvenir de l’époque Brisebois, mais ils ont en mémoire le traitement réservé à Cayden Primeau. Maintenant la propriété des Maple Leafs de Toronto, le portier a reçu de «chaleureuses» acclamations après un arrêt sans importance dans un massacre de 9 à 2 aux mains des Penguins de Pittsburgh, le 13 décembre 2024. Pourtant, ce n’était pas lui qui avait amorcé la rencontre, mais plutôt Montembeault. Il reste qu’une performance de quatre tirs stoppés sur un total de sept rend les spectateurs mécontents.

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Cet échec lamentable semble avoir au moins eu l’effet d’un coup de fouet sur les troupes qui ont pris le taureau par les cornes pour se qualifier en séries.

Ryan O’Byrne

Le joueur concerné tente encore aujourd’hui d’effacer de sa mémoire l’embarrassante soirée du 25 novembre 2008. En troisième période, O’Byrne a malencontreusement envoyé la rondelle dans son filet au moment où les arbitres s’apprêtaient à décerner une pénalité aux Islanders de New York.

Une avance de 3 à 2 s’est donc envolée et le CH s’est éventuellement incliné en fusillade. Après le but décisif de Bill Guerin, la foule maussade a scandé le nom de son coupable pendant que les joueurs retraitaient au vestiaire.

Vladimir Malakhov

Personnage particulier (les journalistes locaux peuvent en parler), le ténébreux arrière n’était pas le plus expressif... sauf peut-être le soir du 26 février 2000. Déçus de voir le CH se faire blanchir par les avares Capitals de Washington, des amateurs ont choisi de huer Malahkov dès qu’il s’emparait du disque. Et celui-ci leur a répondu à la façon de Roy, les encourageant même à continuer. Il faut en revanche rappeler que la foule était bien au fait de son dossier, le défenseur ayant été vu sur les pentes de ski alpin malgré une longue absence reliée à une blessure au genou.

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Le Russe a rapidement oublié ses mésaventures: échangé aux Devils du New Jersey le 1er mars dans une transaction envoyant Sheldon Souray à Montréal, il a remporté la coupe Stanley quelques mois plus tard.

Scott Gomez

Il est difficile de passer sous le radar quand vous êtes incapable de marquer un but en plus d’un an et que vous touchez des millions de dollars. Gomez a été davantage traité avec humour qu’avec haine, faut-il mentionner. Le 5 février 2012, des «admirateurs» incrédules ont voulu lui transmettre leur empathie en lui souhaitant un très joyeux premier anniversaire sans but.

Ces indéfectibles fidèles du joueur de l’Alaska ont finalement pu célébrer pour de vrai quatre jours plus tard avec un but de leur favori.

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Jonathan Drouin

Même si le public l’a accueilli avec émotion lorsqu’il a effectué son retour au jeu après une pause pour soigner sa santé mentale en 2021, Drouin ne l’a pas eu facile au Québec. Maintes fois l’objet de critiques virulentes relatives à son manque de production, notamment sur les réseaux sociaux et dans les tribunes téléphoniques, il a vécu la traversée du désert en 2022-2023, devant patienter au début mars avant d’inscrire un premier but.

L’année suivante, il a retrouvé son comparse du hockey junior, Nathan MacKinnon, et a récolté 56 points avec l’Avalanche du Colorado.

Mentions honorables

Serge Savard le directeur général, conspué durant un match des Anciens Canadiens le 26 février 1995 au Forum. La veille, John LeClair avait souligné son retour à Montréal avec un tour du chapeau dans un gain de 7 à 0 des Flyers de Philadelphie.

José Théodore, Jocelyn Thibault et à peu près tous les gardiens – surtout québécois – ayant défendu la cage du CH après la retraite de Ken Dryden!

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