Ces jeunes ne votent pas (comme Jonathan Roy) et nous expliquent pourquoi


Andrea Lubeck
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Un extrait de podcast dans lequel le chanteur et ex-hockeyeur Jonathan Roy explique n’avoir «jamais voté de [sa] vie» a créé un tollé sur les réseaux sociaux. Pourtant, plusieurs jeunes sont comme lui. Certains nous expliquent leur point de vue.
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«Je n’ai jamais voté de ma vie, puis là, je veux apprendre, parce que j’ai une plateforme qui pourrait sûrement aider. Je ne veux jamais être quelqu’un qui va être plus de droite ou plus de gauche ou whatever», raconte Jonathan Roy.
L’homme de 36 ans poursuit en expliquant avoir, jusque-là, prêté attention davantage aux voyages et la nature qu’aux enjeux sociaux et politiques.
Il n’est pas le seul à ne pas ressentir la pulsion de se rendre aux urnes les jours d’élection. Mais les raisons, elles, diffèrent.
«M’abstenir est une manière de protester»

Marc-Alexandre, 35 ans, témoigne d’un «manque de confiance» sur l'impact de son vote.
«On est bombardé de tous bords tous côtés d’information et de crises. Mon téléphone ne sera pas moins plein de crises humanitaires, peu importe de quel côté je vote. Je sais que c’est cynique et amer comme point de vue, mais je m’associe aussi au mouvement punk. M’abstenir est une manière de protester», poursuit-il.
Celui qui raconte provenir d’une communauté marginalisée et d’un milieu ouvrier voit la politique comme un «jeu de boomers».
«Les partis ne m’interpellent pas comme représentant bien les valeurs du milieu dans lequel je vis et celui de mes voisins, famille et amis. Le système et les institutions sont si encombrés de règles, de procédés et de corruption que je ne vois pas leurs idées faire une immense différence dans ma vie», fait-il valoir.
«Je ne suis pas convaincue»

De son côté, Catherine, 26 ans, compte s’abstenir de voter à l'élection fédérale, parce qu’elle a l’impression que les promesses qui lui tiennent à cœur ne se réaliseront jamais.
«J’ai toujours l’impression que [les politiciens] sont vraiment big pour vendre [leurs promesses], mais qu’après coup, il n’y a rien qui se réalise faute de budget. Donc ça me rend réticente», explique-t-elle.
D’autant plus qu’elle sent qu’aucun parti ne la rejoint complètement dans ses valeurs de justice sociale, l’accès à la contraception et le logement. «Je ne suis pas encore assez convaincue.»
Votes annulés

Lors des dernières élections provinciales, en octobre 2022, William, 20 ans, avait le droit de voter pour la première fois. Il a décidé d'annuler son vote, même s’il a travaillé pour Élections Québec. Le 28 avril prochain, il compte faire la même chose.
Il juge «ridicule »que les grands partis présentent tous un programme semblable sans proposer de réel changement, «à une époque où le filet social s’effrite, où notre pouvoir d’achat et nos conditions de vie diminuent constamment et où la crise environnementale est complètement mise de côté au profit d’entreprises et d’intérêts privés».
«Les partis qui ont une réelle chance de faire élire des députés dans le système actuel représentent tous les intérêts d’une classe dirigeante, et je refuse de jouer à leur jeu», tonne-t-il.
Qu’est-ce qui l’inciterait à accorder son vote à un parti qui aspire à gouverner?
«Un candidat qui aurait un programme auquel je crois réellement et qui met de l’avant les préoccupations du vrai monde», nomme-t-il.