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«Ces concerts nous ont profondément marqués»: le groupe montréalais Dear Criminals a donné des spectacles pour une ou deux personnes pendant la pandémie

Le groupe Dear Criminals offre des mini-concerts au Lion d’Or durant la pandémie de COVID-19.
Le groupe Dear Criminals offre des mini-concerts au Lion d’Or durant la pandémie de COVID-19. Photo d'archives, Agence QMI
Photo portrait de Raphaël Gendron-Martin

Raphaël Gendron-Martin

2025-03-13T10:00:00Z

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De toutes les initiatives imaginées par les artistes durant la pandémie, celle de Dear Criminals aura peut-être eu le plus gros impact auprès des spectateurs impliqués. Leurs mini-concerts archi intimes, pour une ou deux personnes, appelés Lone Ride, se sont souvent terminés en larmes pour les spectateurs. «C’est peut-être l’expérience live la plus riche que nous avons vécue», reconnaît la chanteuse Frannie Holder.

En un week-end de mai 2020, alors que les concerts traditionnels étaient interdits depuis plus de deux mois, Dear Criminals a eu une idée de génie: faire 94 mini-prestations d’une chanson pour des publics d’un à deux spectateurs d’une même bulle familiale, ce qui était alors permis par la santé publique.

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Sur la scène du Lion d’Or, à Montréal, Frannie Holder, Vincent Legault et Charles Lavoie se tenaient derrière de grands plexiglas, à quelques pouces à peine des spectateurs qui venaient les voir. L’expérience, à laquelle Le Journal avait assisté, s’était avérée bouleversante.

Accès à l’intimité des gens

Cinq ans plus tard, les souvenirs de ce week-end pandémique sont encore très forts pour la chanteuse Frannie Holder. «Cette série de concerts nous a profondément marqués, dit-elle. Il y a quelque chose de généralement impersonnel dans le fait de jouer pour une foule. Le poids du nombre fait en sorte que le groupe sur scène est exposé et les gens dans la foule se fondent entre eux.»

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«Ce contexte particulier nous permettait de prendre le temps de jouer pour chaque personne qui avait un lien spécial avec notre musique, poursuit-elle. De les regarder dans les yeux, de leur sourire, que leur chanson préférée qu’ils avaient choisi d’entendre leur soit adressée. Ces petites bulles nous donnaient accès à l’intimité des gens, à leurs réactions sensibles en temps réel.»

Avec bienveillance et douceur

En confinement depuis la mi-mars, les spectateurs présents ont réagi très fortement à ces prestations. «La plupart des gens pleuraient pendant la performance, se souvient Frannie. Il y avait quelque chose d’un exutoire dans l’expérience puisque les gens avaient été enfermés chez eux pendant trois mois, et notre travail était de naviguer à travers la performance avec bienveillance et douceur. On pouvait lire chez certains la détresse, la timidité, l’anxiété, le réconfort, le besoin d’apaisement, l’amour ou le besoin de transcender nos situations quotidiennes par l’art.»

Selon Frannie Holder, ce qui marque, «c’est l’humain». «Ce qui nous rejoint malgré tout ce qui nous divise: le besoin de connexion, l’importance de créer et de nourrir les solidarités, le baume que la musique peut représenter dans la vie des gens, la résilience de l’humain, le besoin de douceur.»

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