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Ma dernière journée olympique: de Claude François à Snoop Dogg

Photo AFP
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-08-11T22:30:00Z
2024-08-11T22:31:48Z

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PARIS | Ça devient presque énervant tellement nos cousins ont rendu les Jeux magnifiques. Et la cérémonie de clôture en a rajouté une couche en nous amenant vers Los Angeles, en nous faisant passer de Claude François à Snoop Dogg.

Plein de monde se fiche de cette cérémonie. Après trois semaines à travailler chaque jour, des milliers de journalistes sont déjà à l’aéroport. J’y suis allé, sans trop savoir à quoi m’attendre, un peu conditionné par ce que j’avais entendu.

Ç’a commencé fort par le nageur français Léon Marchand (5 médailles, dont 4 d’or) qui a récupéré la flamme olympique, seul. Vous auriez dû voir la foule s’affoler. C’est incroyable ce que ce jeune athlète de 22 ans est devenu en quelques jours à Paris. Pour comparer avec nous, c’est comme s’il était passé de Juraj Slafkovsky à Guy Lafleur, mais en une semaine. «On avait envie de rêver, on a eu Léon Marchand», a lancé plus tard à la foule le président du comité organisateur, Tony Estanguet. Ça vous donne une idée.

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«On se voyait comme un peuple d'irréductibles râleurs, on s'est réveillés dans un pays de supporters déchaînés qui ne veulent plus s'arrêter de chanter!» a aussi lancé M. Estanguet. Là-dessus, je n’ai pas le choix d’être bien d’accord.

Les athlètes ont fait leur entrée et on a invité les 80 000 personnes à s’amuser avec du karaoké avec Charles Aznavour, Johnny Hallyday et Joe Dassin. Autant de monde qui chante Les Champs-Élysées, c’était quand même «ouf», comme on dit ici.

Le bonheur des athlètes

Je ne sais pas à quel point vous le voyez à la télé. J’étais assez près des athlètes et c’est franchement captivant de les voir agir durant cette cérémonie. We Are The Champions est parti et j’avais sous les yeux les athlètes américains qui chantaient bras dessus bras dessous avec les athlètes des autres pays.

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On voyait tous ces athlètes si heureux après des années de dur labeur et de pression pour accomplir ce chemin. On voyait des athlètes multimillionnaires et d’autres qui doivent payer pour leurs compétitions avec le même sourire, la même fierté. Et presque tous en train de filmer avec le cellulaire pour immortaliser ce moment.

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La drôle de zizanie

Et quelle scène incroyable quand les athlètes ont tous décidé de courir sur la scène justement, pour être près des artistes semant la zizanie dans le spectacle! Le groupe électro Phoenix a dû se résigner à chanter entouré des athlètes que la sécurité essayait d’escorter en bas de la scène. Les 80 000 spectateurs ne voyaient rien du spectacle musical.

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On voyait juste un cercle d’athlètes. Deux athlètes chinois en profitaient pour sauter de joie en délinquants pendant qu’un athlète américain faisait de l’escalade à côté d’eux pour essayer de se mettre du party aussi. C’était hilarant. Ç’a pris deux messages au micro, comme à la récréation dans une cour d’école: «On demande aux athlètes de quitter la scène», lançait l’animateur, d’un air déboussolé.

Ils ont réussi au bout de 20 minutes avec l’aide de beaucoup d’agents de sécurité qui ne devaient pas aimer essayer de tasser un haltérophile ou un lanceur de marteau. Plusieurs athlètes ont sacré leur camp en voyant que ça dégénérait.

Tom Cruise en moto

Je ne commencerai pas à vous faire une critique artistique. Je ne m’y connais pas plus que vous sur les performances musicales. Mais les acrobates avec les anneaux olympiques qui étaient accrochés dans le vide au sommet du stade, c’était merveilleux, non? Et Tom Cruise, Billie Eilish et les Red Hot Chili Peppers, ça faisait changement du Plastic Bertrand qui résonnait dans les stades depuis deux semaines. 

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Et que dire de My Way, de Frank Sinatra, qui est à l'origine de Claude François, une légende française? Un autre frisson. 

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La cérémonie visait évidemment à passer le flambeau vers les prochains Jeux d’été, à Los Angeles. 

Vers Hollywood

Des Jeux qui auront plusieurs similarités avec ceux de Paris. Des Jeux qui, je mets ma main au feu, seront rentables financièrement.

Comme à Paris sauf le centre aquatique, Los Angeles ne va rien construire de neuf pour les Jeux.

Comme à Paris, le stade olympique en sera donc un déjà sur pied. Ici, le Stade de France a 26 ans.

À Los Angeles, le stade a 101 ans et accueillera ses troisièmes Jeux. La piscine a 92 ans. Les Jeux seront disputés aussi à Oklahoma City et à Long Beach. L’UCLA accueillera le Village olympique. L’aréna des Kings servira à la gymnastique.

Les commanditaires seront nombreux pour les Jeux, dont Snoop Dogg était un peu déjà la mascotte ou l’ambassadeur ici à Paris. Bref, comme en 1984, les Jeux de Los Angeles ne seront pas déficitaires, bien au contraire.

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