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Cent ans, un fantôme et une renaissance pour L’Olympia

Déjà menacée de démolition, la salle célébrera son centenaire dimanche avec un spectacle d'humour

Photo portrait de Raphaël Gendron-Martin

Raphaël Gendron-Martin

2026-04-16T23:00:00Z
2026-04-16T23:41:00Z

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Menacée de démolition au début des années 2000, L’Olympia célèbre cette année ses 100 ans. Avant de devenir la populaire salle de spectacles, rue Sainte-Catherine, que l’on connaît, le théâtre montréalais a longtemps peiné à s’imposer. Selon son propriétaire, un fantôme aurait même contribué à sa mauvaise fortune.

Le dimanche 19 avril, près d’une quinzaine d’humoristes se réuniront pour souligner les 100 ans de L’Olympia. Animé par Anas Hassouna, le spectacle d’humour réunira notamment Laurent Paquin, Christine Morency, Neev, Sinem Kara et Charles Brunet.

Un autre spectacle, musical celui‐là, est aussi prévu à l’automne. « On aurait pu combiner les deux événements, mais ça aurait duré six heures ! » lance en riant le propriétaire, Patrick Levy.

Investissements de plusieurs millions

Fondée en 1926 sous le nom de Théâtre Amherst, la salle a connu plusieurs appellations au fil des décennies avant de devenir L’Olympia. Malgré sa longévité, elle a longtemps eu de la difficulté à rayonner à l’international.

En 2005, lorsque Patrick Levy en a fait l’acquisition avec Daniel Revah, il travaillait dans l’immobilier et envisageait même de démolir le bâtiment. « Le théâtre n’était pas multifonctionnel. Il n’était pas conçu pour accueillir des tournées internationales », explique-t-il.

Un permis pour construire un immeuble de cinq étages avait d’ailleurs été obtenu, mais des consultations auprès d’experts avaient changé la donne. Le réalisateur français Gérard Pullicino avait suggéré de conserver la salle et s’était même joint comme investisseur. « Finalement, on l’a gardée et on a investi de quatre à cinq millions [pour des rénovations] », se souvient Patrick Levy. L’Olympia a rouvert ses portes en 2007.

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Un fantôme dans le théâtre

Une histoire persistante intriguait toutefois le nouveau propriétaire. « Une rumeur circulait à propos d’un fantôme dans le théâtre [...] Des fois, tu éteignais toutes les lumières et elles se rallumaient toutes seules. »

En faisant les rénovations, une pièce dans les coulisses n’a pas été touchée et a même été baptisée Marie, en l’honneur de ce fantôme.

Récemment, alors qu’il faisait des recherches sur l’histoire de L’Olympia, Patrick Levy est tombé sur un article de journal du 6 février 1926 qui parlait de l’ouverture de la salle. On y mentionnait que le vice-président et directeur général de l’Amherst Theatre Company était un certain... M. E. Levy ! « Je suis resté bouche bée de ça ! »

Après des années plus difficiles, la salle a « explosé » en 2018. « Les ventes ont augmenté, la notoriété aussi. J’ai commencé à avoir des réservations de Los Angeles directement des artistes. [...] Quand tu vois que la salle a atteint une notoriété à l’échelle internationale, ça me rend vraiment fier. »

Le spectacle Les 100 ans de L’Olympia se tiendra dimanche. Pour les infos : olympiamontreal.com.

5 moments marquants de L’Olympia (depuis 2007)

Le Journal a demandé à Patrick Levy de citer des moments marquants de L’Olympia depuis qu’il l’a acquis il y a une vingtaine d’années.

-Lara Fabian (27 avril 2007)

Patrick Levy et Lara Fabian lors de la réouverture de L'Olympia, le 27 avril 2007.
Patrick Levy et Lara Fabian lors de la réouverture de L'Olympia, le 27 avril 2007. Photo fournie par L'Olympia

Conjointe à l’époque du producteur français Gérard Pullicino, Lara Fabian avait accepté de donner le spectacle soulignant la réouverture de la salle. « C’était sa première salle, où elle avait chanté à 18 ans », mentionne Patrick Levy.

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-Sherazade Les Mille et une nuits (4 mars 2009)

Sherazade Les Mille et une nuits.
Sherazade Les Mille et une nuits. Photo fournie par Serge Boisseau

« C’était ma première production et ç’a été très marquant, indique le producteur. Le metteur en scène Yves Desgagnés et l’auteur Félix Gray m’ont beaucoup appris. C’était comme mon école Harvard avec eux. On a même transporté cette comédie musicale jusqu’aux Folies Bergère de Paris. »

-Adele (16 mai 2011)

Adele à L'Olympia, en 2011.
Adele à L'Olympia, en 2011. Photo fournie par L'Olympia

Juste avant l’explosion internationale, la Britannique était venue jouer dans « l’intime » l’Olympia. Patrick Levy se souvient d’un billet de revendeur qui était parti à 650 $ sur le trottoir. « Sa tournée d’après, elle faisait des arénas. »

-Sugar Sammy (23 février 2012)

Sugar Sammy photographié à L'Olympia en 2012.
Sugar Sammy photographié à L'Olympia en 2012. Photo d'archives Raphaël Gendron-Martin

Alors que Louis-José Houde était déjà un régulier à l’Olympia, Sugar Sammy a changé complètement la donne en y présentant son premier spectacle You’re Gonna Rire en résidence. « L’humour a explosé avec lui, dit Patrick Levy. Il a fait plus de 150 représentations ici sold out. Le succès attire les autres artistes. Ils sont curieux et veulent venir. »

-Lauryn Hill (23 juin 2014)

Lauryn Hill sur la scène de L'Olympia, en 2014.
Lauryn Hill sur la scène de L'Olympia, en 2014. Photo fournie par Carl Thériault

« Elle était très nerveuse [à l’idée] de monter sur scène et ne voulait pas sortir de sa chambre d’hôtel. Son gérant m’avait dit d’annuler, mais je lui ai demandé d’aller à l’hôtel pour lui parler. J’étais de l’autre côté de la porte et on a discuté. Je lui disais que tout le monde était dans la salle et je lui demandais de venir. Elle a fini par ouvrir la porte en s’excusant. Elle a commencé son show à 22 h 45. »

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