100 ans de rivalité Canadien-Bruins: «Si on ne passait pas, c’était la fin» –Claude Julien


Jonathan Bernier
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La rivalité entre le Canadien et les Bruins est tellement forte qu’elle peut avoir droit de vie ou de mort sur les entraîneurs. Parlez-en à Don Cherry (1979), Jean Perron (1988), Terry O’Reilly (1989) et Pat Burns (1992), qui ont tous perdu leur emploi après que leur équipe se fût inclinée contre l’ennemi juré.
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En 2011, une victoire des Bruins, à l’arraché, grâce au but de Nathan Horton inscrit en prolongation du septième match, a évité à Claude Julien d’ajouter son nom à cette liste.
«Je suis certain que si on ne passait pas à travers cette série-là, c’était la fin pour moi», a raconté Julien lors d’un entretien téléphonique avec l’auteur de ces lignes.
«En plus, on avait perdu les deux premiers matchs de la série à la maison. Je sentais une plus grande pression sur mes épaules, a-t-il ajouté. Les attentes étaient élevées. On était supposés gagner.»
Le Franco-Ontarien rappelle qu’après le troisième match, il avait amené son équipe en retraite fermée à Lake Placid. Une façon de souder le groupe, de s’assurer de l’orientation des priorités et d’éviter les distractions.
La stratégie a fonctionné non sans peine puisque les Bruins ont eu besoin de la prolongation à chacune de leurs trois victoires suivantes. Néanmoins, ils ont poursuivi leur parcours jusqu’à la conquête de la coupe Stanley, ce qui a permis à Julien de sauvegarder son emploi jusqu’en février 2017.
La jalousie des Bruins
Si on fait exception de la saison qu’il a passée derrière le banc des Devils, en 2006-2007, Julien a vécu la rivalité pendant près de deux décennies. Sept saisons à Montréal et 10 à Boston. Il a été à même de constater que l’intensité de la rivalité n’est pas au même niveau des deux côtés.
«Les Bruins détestent pas mal plus le Canadien que le Canadien déteste les Bruins, assure-t-il. Quand j’étais là, c’était très tangible. Même auprès des membres de la haute direction.»
En fait, surtout auprès de ceux-ci, aurait pu mentionner celui qui travaille désormais pour le compte des Blues de St. Louis.
Disons que Jeremy Jacobs, propriétaire de l’équipe depuis près de 50 ans, Harry Sinden, gouverneur de l’équipe et à l’emploi des Bruins depuis plus de 60 ans, et Cam Neely, président de l’équipe et autrefois joueurs des Bruins, ont de quoi détester le Canadien.
Ils ont beaucoup plus de mauvais souvenirs liés à cette rivalité que de bons. À différents moments, ils ont connu les frustrations de perdre contre le Canadien. Entre 1943 et 1988, le Tricolore a remporté 18 confrontations consécutives.
«Je ne sais pas si c’est de la jalousie. Possible, estime Julien. Le Canadien a gagné tellement de coupes Stanley. Les dernières des Bruins, avant mon temps, remontaient à 1970 et 1972.»
«À l’inverse, tous les anciens du Canadien qui gravitent autour de l’équipe ont connu du succès contre les Bruins. Ils ne sont pas en amour avec eux, mais la haine est moins grande.»
Le classement prend le bord
Que ce soit chez le Canadien ou chez les Bruins, Julien s’est trouvé derrière le banc pour les cinq dernières confrontations entre les deux équipes. Quatre d’entre elles ont nécessité la tenue d’un match ultime.
C’est quand même particulier, considérant que dans chacune d’elles, l’une ou l’autre des deux équipes avaient fini au premier ou au deuxième rang de l’Association de l’Est.
«C’est certain que la rivalité y joue pour quelque chose. Ça amène la motivation et la volonté à un autre niveau. Tu donnes tout. Pas surprenant que le classement de la saison régulière ne change pas grand-chose.»
Il y a maintenant une décennie que le Canadien et les Bruins ne se sont pas affrontés en séries. Il s’agit de la plus longue séquence depuis les années 1960. Il y a de quoi espérer un prochain choc en séries éliminatoires. Mais, apparemment, il faudra prendre notre mal en patience.