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Celsius Network fait encore très mal paraître la Caisse de dépôt

La « cryptobanque » à nouveau l’objet d’allégations de pratiques frauduleuses

Alex Mashinsky, PDG de Celsius Network, dans laquelle la Caisse de dépôt a misé 200 millions $ pour son « équipe de direction solide qui place la transparence et la protection de la clientèle au cœur de ses activités ».
Alex Mashinsky, PDG de Celsius Network, dans laquelle la Caisse de dépôt a misé 200 millions $ pour son « équipe de direction solide qui place la transparence et la protection de la clientèle au cœur de ses activités ». Photo tirée de Twitter
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2022-09-09T04:00:00Z

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Des experts en gouvernance se demandent comment la Caisse de dépôt a pu investir 200 millions $ dans Celsius alors qu’elle était près de l’insolvabilité, selon les autorités financières du Vermont.

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« Quel genre d’exercice de vérification diligente la Caisse pratique ? Si elle s’est trompée dans cette entreprise-là, l’a-t-elle fait dans d’autres entreprises ? » s’est demandé Robert Pouliot, enseignant à l’ESG-UQAM.

« S’il y a plein d’autres cas comme cela, la confiance envers la Caisse de dépôt peut être mise à mal », s’inquiète Donald Riendeau, directeur général et cofondateur de l’Institut de la confiance dans les organisations (ICO).

« C’est écrit noir sur blanc dans le rapport des autorités du Vermont que Celsius faisait des déclarations mensongères », souligne Saidatou Dicko, professeure de sciences comptables à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

En juillet dernier, Celsius Network avait déjà été accusée aux États-Unis d’avoir carrément mis en place une « fraude à la Ponzi ».

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« Ce n’est pas possible que les experts de la Caisse n’aient pas vu que c’était une entreprise en mauvaise posture financière », observe l’experte en gouvernance Saidatou Dicko.

« Analyse rigoureuse »

Questionnée maintes fois par Le Journal, la Caisse a toujours voulu se faire rassurante avec l’argent du bas de laine des Québécois.

« Chaque investissement à la CDPQ fait l’objet d’une analyse rigoureuse », a-t-on assuré. 

En mars dernier, le rapport du Vérificateur général du Québec avait été cinglant dans ses deux constats envers l’institution.

« L’encadrement relatif à la prévention et à la détection de certains risques pouvant affecter la réputation de la Caisse nécessite d’être renforcé », pouvait-on lire.

« Des étapes clés du processus d’investissement n’ont pas toujours été réalisées en conformité avec les politiques et les directives en matière de prévention et de détection de risques importants, notamment ceux relatifs aux conflits d’intérêts », ajoutait-on.

En octobre 2021, Le Journal avait demandé à la Caisse le rapport d’évaluation de risques de l’investissement dans Celsius, mais on avait refusé bec et ongles de le fournir.

« Vous comprendrez sûrement que le document visé est un rapport dont le contenu comprend des informations permettant de connaître les stratégies de placement de la CDPQ », avait répondu Claude Mikhail, directeur Droit administratif et responsable de l’accès à l’information.

Jointe par Le Journal hier, la Caisse n’a pas voulu commenter l’affaire.

« Nous poursuivons notre travail sur nos options juridiques », a indiqué sa porte-parole Kate Monfette, laissant entrevoir un éventuel dénouement devant les tribunaux.


En juillet dernier, Le Journal rapportait qu’un vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec a dirigé une firme dans laquelle le grand patron de Celsius, Alex Mashinsky, a investi, mais que la Caisse niait tout « conflit d’intérêt réel ou apparent ».

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