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Ce que Zachary Bolduc et Alexandre Texier doivent comprendre

Photo d'archives, Martin Chevalier
Photo portrait de Antoine Roussel

Antoine Roussel

2025-12-09T05:00:00Z

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Zachary Bolduc et Alexandre Texier, ce sont deux joueurs qui montraient des particularités communes quand ils ont été choisis au premier tour et deuxième tour, respectivement. Et maintenant, ils se trouvent tous les deux à un tournant de leur carrière, même si c’est encore plus vrai dans le cas de Texier.

Dans la Ligue nationale, ce n’est pas comme dans la LHJMQ ou dans la Ligue américaine. Tu n’as pas beaucoup de temps. En 20 matchs, tu peux perdre ta place. Surtout si tu joues sur un trio offensif et que la production n’est pas au rendez-vous.

Si Bolduc joue sur le quatrième en ce moment, je pense que c’est parce que Martin St-Louis veut le voir devenir un joueur plus teigneux. Un joueur qui fait de l’échec avant, un gars à qui c’est difficile d’enlever la rondelle.

Comme Juraj Slafkovsky, présentement.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas capable de faire des beaux jeux. Mais si tu le laisses sur le deuxième trio, il y a une fibre dans son jeu qui ne sera pas développée. Pour l’équipe comme pour lui, ce n’est pas optimal.

Je pense qu’en ajoutant encore plus d’intensité et de jeu physique, il se démarquera davantage de la compétition, qui est féroce et cruelle, dans ce milieu-là.

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Pas d’autres Demidov

Texier et lui doivent être proactifs dans leur préparation pour les matchs, dans leurs entraînements, dans leur lecture des jeux. Il faut qu’ils soient en mesure de trouver des solutions.

Et dans ces solutions, il faut qu’ils se trouvent l’identité de fougueux attaquants. Il faut qu’ils deviennent des incontournables pour le Canadien.

Parce qu’aussi talentueux soient-ils, ces deux gars ne sont quand même pas au niveau d’Ivan Demidov. Ils ne peuvent pas se fier uniquement à leur talent. En fait, le Canadien mise sur de la profondeur, mais il n’a pas un deuxième Demidov dans son pipeline, sauf «peut-être» Alexander Zharovsky, qui joue dans la KHL, cette saison.

Mais si le Canadien en trouve un, éventuellement, un joueur de ce talent, Bolduc et Texier vont se retrouver pris entre deux chaises. Déjà en ce moment, je considère qu’ils sont au pied du mur.

Mais à chaque obstacle sa solution, là est la beauté de la chose.

Sam Bennett, sans se battre

Ce qu’ils peuvent devenir, par contre, ce sont des grinder de luxe. Et ça, le Canadien en a besoin. Il a besoin d’un Brendan Gallagher, mais plus rapide. Le calendrier condensé par les Jeux olympiques, ça n’aide pas Gallagher, mais ils peuvent prendre sa carrière de fougueux attaquant en exemple.

Mais pour eux, la meilleure comparaison, c’est un Sam Bennett ou un Matthew Tkachuk. Si on enlève les bagarres de l’équation, ce sont deux joueurs qui sont extrêmement difficiles à affronter en échec avant ou près du filet.

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Je peux me mettre dans leur peau

L’arrivée de Texier avec le Canadien emmène une belle compétition à l’interne avec Bolduc.

Je peux me mettre dans leur peau parce que je l’ai déjà vécu dans la Ligue américaine, quand je jouais avec les Wolves de Chicago. Je me battais pour le poste de centre du quatrième trio avec un gars qui s’appelle Stefen Schneider.

C’était en 2011-2012, mais je me souviens encore que ça m’avait forcé à me démarquer, à trouver des solutions. À analyser un peu plus le jeu, à m’améliorer sur les mises au jeu et à comprendre mon rôle aussi.

Jusque-là dans ma carrière, je n’avais connu que la position d’ailier. Ce changement, j’avais de la misère à l’accepter et je ne me trouvais pas à mon meilleur.

Pas le choix de m’adapter

Parfois, je parlais à mon entraîneur, Craig McTavish, et je lui rappelais que je pouvais jouer à l’aile. Mais ce dont il avait besoin, c’était d’un joueur de centre. Je devais m’adapter, sinon, ç’aurait été fini.

Après une saison et demie, je l’ai fait. J’ai accepté la situation, accepté que je devais jouer au centre et je me suis adapté.

D’ailleurs, je n’avais pas connu une super saison offensive – en fait, j’avais obtenu quatre buts et cinq passes, c’était plutôt pourri -,  mais sans ce changement d’approche, je n’aurais jamais signé un contrat de deux ans dans la LNH avec les Stars de Dallas. Mon premier à deux volets. Celui qui a tout changé.

Mon rôle était différent de ceux de Bolduc et de Texier: moi, j’étais un agitateur. Mais c’est la preuve que parfois, il n’y a pas que les statistiques qui comptent.

Bolduc et Texier, ce sont deux joueurs que j’apprécie énormément. Je leur souhaite du succès, le Canadien a besoin de ces deux gars-là.

- Propos recueillis par Jessica Lapinski

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