Ce que Wall Street pense du contrat d’Ivan Demidov

Nicolas Cloutier
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Si j’avais à parier aujourd’hui, je mettrais mon vieux billet de 2 $ sur une prolongation de contrat entre Ivan Demidov et le Canadien de Montréal cet été. Parce que le temps, c’est de l’argent.
Un élément très important de la prochaine convention collective aura une incidence sur les négociations du prochain contrat de Demidov. Cette clause a échappé à l’attention de la quasi-totalité des observateurs et, pourtant, elle avait aussi influencé les négociations de Lane Hutson.
Je ne parle pas ici de la limite des contrats qui passera de huit à sept ans le 16 septembre 2026.
L’élément à surligner au gros feutre jaune, ce sont plutôt les bonis à la signature.
Attendre, si payant que ça ?
C’est une conclusion presque acceptée que Demidov laissera de l’argent sur la table s’il s’entend rapidement avec le Canadien. Par rapidement, on veut dire un an, grossièrement, avant la fin de son contrat d’entrée. Comme l’avait fait Hutson en début de saison.
C’est un petit peu plus compliqué, en fait.
Signer cet été pourrait aussi être pas mal avantageux pour Demidov.
Les fameux bonis
L’attrait principal du contrat de Hutson était le montant octroyé en bonis à la signature : 55 des 70,8 millions $ de la valeur totale, soit environ 80 %.
Hutson reçoit la majeure partie de sa rémunération annuelle en un versement avant le début de la saison. Avant 2026-2027, 11 beaux millions de dollars seront virés dans son compte. Il ne recevra pas grand-chose en pleine saison : 1 million $ réparti sur les 13 chèques de paie entre octobre et avril.
Il existe ce principe fondamental en finances. Une piasse aujourd’hui vaut plus qu’une piasse demain. Plus vite c’est dans tes poches, plus vite tu accrois de l’intérêt et tu peux investir.
Tenez, Martin St-Louis semble avoir aimé Le loup de Wall Street. Les gens de Wall Street ont un acronyme pour ce que je viens d’évoquer : TVM (Time Value of Money). L’horloge et le fric sont indissociables.
L’étau se resserre
À partir du 16 septembre 2026, les bonis à la signature ne pourront dépasser 60 % de la valeur totale du contrat.
Sur un contrat de 72 millions $ (8 ans x 9 M$), Demidov pourra empocher 55,9 millions $ en bonis à la signature si on lui donne le même pourcentage que Hutson.
Avec les règles du 16 septembre, Demidov empochera un maximum de 37,8 millions $ en bonis à la signature pour un contrat au salaire moyen égal, mais d’une durée de sept ans. Huit ans, ce sera interdit dans la nouvelle convention.
Même si on offrait 11 millions $ par année à Demidov sur sept ans, les bonis à la signature plafonneraient à 46,2 millions $.
La différence est majeure pour ce qui peut être payé upfront.
Si Demidov attend et explose avec 80 points la saison prochaine, il aura des arguments pour un contrat encore plus lucratif. C’est vrai.
Mais si sa production demeure sensiblement la même ou n’augmente pas considérablement, il pourrait aussi perdre de l’argent à cause de notre fameuse règle d’or.
Le temps, c’est de l’argent.