Ce que Martin St-Louis a fait jeudi matin en point de presse est totalement inacceptable

Jean-Charles Lajoie
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Le Canadien continue de gagner la majorité de ses matchs. La place de l’équipe n’est pas mathématiquement assurée en vue des séries, mais à moins d’une totale catastrophe, les partisans vont vivre un beau printemps.
Je ne sais pas pourquoi, mais mon impression, c’est que chaque fois que tout va pour le mieux, Martin St-Louis devient plus arrogant.
À quelques occasions, le coach s’est impatienté devant les médias. Il y a eu l’incident avec Simon-Olivier Lorange, qui posait pourtant des questions légitimes quant au statut du gardien Samuel Montembeault. Puis hier, c’est Guillaume Lefrançois qui a eu à subir les foudres de l’entraîneur-chef.
Quand on y pense, ça ne devrait étonner personne. Lorsqu’il était joueur actif, St-Louis détestait les médias et faisait de louables efforts afin de les éviter. Il est débarqué à Montréal et on a découvert un tout autre homme : un gars ouvert, sympathique, drôle et très généreux avec ses propos.
Des qualités parfaites pour la situation de l’époque. Le Canadien amorçait une reconstruction et il fallait être philosophe et divertissant afin de maintenir le mur en place.
Il fallait éviter que le peuple ne se retourne contre le grand plan de l’équipe et que la situation s’envenime rapidement. Cette étape plus difficile au classement est révolue et personne ne va s’en plaindre. Le plaisir premier, celui qui vient avec des victoires, est de retour.
Tous ces constats, aussi formidables soient-ils, ne doivent en rien altérer le quotidien du coach et les obligations qui viennent avec son mandat. St-Louis a le devoir de rencontrer les journalistes et de répondre aux questions de ces derniers. C’est écrit dans les conventions de la Ligue nationale.
Je comprends que ça puisse devenir lourd, ce qui n’excusera jamais le comportement abject dont on a été témoins jeudi matin.
Qui est le vrai Martin St-Louis ?
Le département des communications du Canadien a certainement plus d’une fois rappelé à Martin l’importance de l’exercice médiatique. Est-ce que le coach écoute quand on essaie de le guider dans ses obligations ? Préfère-t-il n’en faire qu’à sa tête ?
Dans ce cas, se peut-il qu’il agisse de la même façon dans les autres facettes de son travail ?! Kent Hughes m’a déjà dit en entrevue que Martin avait parfois la tête dure. C’est une qualité... qui peut aussi être un grave défaut. Est-ce que le coach adhère aux directives de ses patrons immédiats ?
Je présume que oui, mais je me permets aussi de croire que St-Louis choisit ses combats.
Ce que Martin St-Louis a fait jeudi matin en point de presse est totalement inacceptable. Les médias montréalais ne méritent aucunement ce traitement déplorable.
Les médias sont la courroie de transmission entre l’organisation et le public. Lorsque Martin prend ses airs supérieurs et méprisants, c’est le public et les partisans de l’équipe qu’il méprise.
Le coach ne survivrait pas deux mois dans la NFL, où les points de presse ne sont pas dirigés par les coms, qui décident qui pose les questions et dans quel ordre. C’est une tendance ridicule qui aurait dû être abolie depuis longtemps.
Chassez le naturel, il revient au galop. Qui est le vrai Martin St-Louis ? Le coach frais comme une rose qui était venu manger une poutine au foie gras avec moi au Pied de Cochon ? Ou le personnage imbu et désagréable qui fait du bullying devant les membres des médias ?