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Ce n’est pas la COVID, c’est le CH

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-03-27T21:30:00Z

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Le Canadien, présentement, c’est comme Walt Disney.

L’équipe est en feu, en avance dans son plan de reconstruction.

Il y a un gars qui mesure une tête de moins que tout le monde qui va peut-être faire 50 buts.

Le capitaine est formidable.

Toute une génération de Québécois qui n’ont jamais été impressionnés par le Canadien sont en train d’attraper la fièvre.

L’aréna est plein. Les cotes d’écoute sont dans le piton.

La bière Molson coule à flot.

Plein de Québécois s’apprêtent à installer leur petit drapeau sur leur auto pour les séries. La neige va fondre, le Québec va respirer le printemps et le CH.

Bref, c’est le paradis ! Tout va bien. Tout le monde est heureux, comme à Disney.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Et là, boum, sans préliminaire, Martin arrive un bon matin et décide de péter un petit plomb contre deux journalistes. Leur crime ou leur question assassine ? « Qui va jouer ce soir ? »

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« J’en ai parlé la dernière fois. Pourquoi on parle de ça ? Y a-t-il des bonnes questions à matin », a-t-il répliqué.

Pas une blague

C’était bizarre. Tellement que je croyais qu’il blaguait.

Comme si, à Disney, Mickey décidait un bon matin de dire à un enfant qu’il pue de la gueule. Ça détonnerait à travers la magie de Disney.

Martin St-Louis ne gère pas la COVID. Des questions difficiles ou chiennes, il n’en reçoit pas tant que ça. Et ça reste du hockey, pas un conflit mondial.

Personne ne lui parle souvent de Samuel Montembeault ou de Patrik Laine, par exemple. Ça ce serait plus délicat.

Il y a un beau respect mutuel entre les journalistes et Martin St-Louis.

On est loin de la culture comme à New York ou à Philadelphie, surtout au baseball, où les entraîneurs passent sur le grill chaque jour lorsqu’ils rencontrent les médias.

À Montréal, ça ne verse pas là-dedans. Surtout pas présentement parce que, justement, tout va bien !

Alors pourquoi, batinse, Martin St-Louis a fait ça ?

J’ai écouté des dizaines de conférences de presse du coach des dernières semaines. On le voit plus souvent marabout. Quand il n’aime pas une question, le journaliste s’en rend compte sur un moyen temps.

Il a le droit. Mais on le droit de trouver ça ordinaire.

Les bonnes et les mauvaises questions

J’ai recensé des questions où St-Louis répond généreusement. Je ne sais pas si c’est ça pour lui des bonnes questions, mais les voici (je les résume, mais c’était ça le fond des questions).

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  • Comment as-tu aimé d’avoir gagné ?
  • Jakub Dobes a été bon, à quel point tu trouves qu’il a été bon ?
  • Slafkovsky est vraiment bon, à quel point ça t’impressionne qu’il soit aussi bon ?
  • Demidov était bon, à quel point tu le trouvais bon ?
  • Kaiden Guhle a joué un bon match, parle nous du fait qu’il est bon.

Ce ne sont pas de mauvaises questions. Parfois, ce sont des questions pour ouvrir une conférence de presse ou pour s’assurer que le coach développe un peu sa pensée. C’est comme ça en politique aussi. Les journalistes la posent un peu au nom de tous les autres, même si ça peut avoir l’air banal.

Mais le public trouverait ça plate si c’était seulement ça les questions. Et c’est là que des questions plus précises (souvent même pas difficiles) arrivent.

Parler de ses choix pour l’alignement, c’est une excellente question. Que St-Louis en ait parlé deux jours avant ou pas.

Le lien avec le public

Pensez-vous que mon collègue Jonathan Bernier, qui suit le Canadien depuis des années comme journaliste, se lève le matin en rêvant de savoir qui sera le gardien pour le match du soir ?

Pas vraiment. S’il veut le savoir, c’est d’abord pour que le public le sache. Jo est uniquement un lien entre l’équipe et le public. Quand ce dernier ou des joueurs s’adressent à Jo, ils s’adressent au public qui n’a accès au vestiaire.

Le Canadien est ce qu’il est grâce à ce public. Grâce au fric de ce public, notamment.

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Si vous croyez que vous pourriez tout savoir en suivant le site internet du Canadien ou celui de la LNH, je vous annonce que c’est faux. Vous saurez seulement ce que le CH voudra que vous sachiez.

Je sais, Martin St-Louis, c’est un compétiteur intense. Quand la pression monte, on voit bien qu’il y une genre bouilloire qui est activé dans son tempérament. Ça se comprend.

Mais ça prend une tangente plutôt plate, sa façon de parler au public. Ils sont des dizaines de milliers de personnes, chaque jour, à être suspendu à ses lèvres. Il est quasiment devenu un guide spirituel pour des amateurs.

Dès le départ, j’ai été impressionné par les qualités de communicateurs et la générosité de Martin St-Louis quand il est arrivé à la barre du Canadien.

Car comme joueur, demandez aux journalistes, il n’était pas toujours un cadeau. Le plus beau marché de hockey au monde mérite le Martin 2.0.

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