Ce n'est plus un mythe : les hommes sont moins efficaces à l’épicerie

Zoé Parrot-Leca
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Vous est-il déjà arrivé de demander à votre conjoint de partir seul faire les courses à l’épicerie pour acheter quelques ingrédients... et il revient avec tout sauf l’essentiel ? Ou encore avec les produits les plus chers du rayon, choisis sur un coup de tête ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas la seule à vivre cette situation.
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Non, ce n’est pas qu’une impression : des chercheurs se sont penchés sur la question des hommes qui font les courses, et leurs conclusions risquent de faire réagir bien des couples.
Une étude qui met le doigt sur une vraie différence
Une analyse du National Bureau of Economic Research, qui s’intéressait à l’impact du télétravail sur nos habitudes de consommation, a mis en lumière un phénomène inattendu.
Avec l’augmentation du travail à domicile, les hommes ont été plus nombreux à faire l’épicerie... mais les dépenses ont aussi augmenté. En moyenne, les ménages concernés ont vu leur facture grimper d’environ 10 %, particulièrement lorsque ce sont les hommes qui prenaient en charge les courses.
Pourquoi ? Parce qu’ils font plus de déplacements, mais passent moins de temps en magasin. Résultat : moins de comparaison de prix, des choix plus impulsifs... et un panier souvent plus coûteux.
Une question de charge mentale (encore)
Au-delà des habitudes d’achat, cette différence s’explique aussi par quelque chose de plus profond : la fameuse charge mentale.
Comme l’explique l’autrice Kate Mangino, autrice du livre Equal Partners : Improving Gender Equality at home, les rôles restent encore très marqués dans plusieurs foyers. Les femmes continuent d’assumer une grande partie de l’organisation du quotidien : planifier les repas, anticiper les besoins, penser aux préférences de chacun.
Faire l’épicerie ne se résume pas à remplir un panier. Il y a la tâche physique, bien sûr, mais aussi tout le travail invisible : savoir ce qu’il manque, prévoir les repas de la semaine, éviter le gaspillage, respecter le budget.
Or, même si les hommes participent davantage qu’avant aux tâches domestiques, ils sont encore moins exposés à cette dimension cognitive et émotionnelle. Résultat : ils magasinent souvent sans avoir toute cette « vue d’ensemble ».
Peut-on améliorer la situation ?
Bonne nouvelle : si ces écarts existent, ils tiennent surtout à des habitudes... qui peuvent évoluer. Mieux communiquer sur les attentes, expliquer les priorités (budget, préférences alimentaires, organisation des repas) et laisser à l’autre la responsabilité complète de la tâche peuvent faire une réelle différence.
Les experts suggèrent aussi d’éviter de “reprendre le contrôle” systématiquement. Autrement dit, si quelque chose manque ou ne convient pas, il peut être utile de laisser l’autre gérer les conséquences, quitte à retourner au magasin ou improviser un repas. Une façon concrète d’apprendre, et de s’améliorer.
Accepter que tout ne soit pas parfait
Enfin, il faut parfois accepter de lâcher prise. Si l’essentiel est là et que les erreurs restent occasionnelles, est-ce vraiment grave si ce n’est pas la bonne marque de pâtes ou si un produit un peu plus cher se retrouve dans le panier ?Après tout, déléguer une tâche, c’est aussi accepter qu’elle soit faite autrement.