Ce n'est pas que la faute des gardiens

Dany Dubé
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Les deux gardiens du Canadien, Jakub Dobes et Samuel Montembeault, sont des cibles faciles pour expliquer la déconfiture de l’équipe au cours des deux derniers matchs. Trop faciles, à mon avis.
Parce qu’il y a beaucoup plus que le jeu des deux hommes masqués qui explique pourquoi le Tricolore a été lessivé à deux reprises à domicile. Oui, il faudrait que le gardien fasse le gros arrêt-clé de temps à autres, je suis d’accord.
Mais quand tu marques un but en deux matchs, tu ne peux pas jeter le blâme sur le travail de tes gardiens.
Au cours des deux dernières rencontres, le Canadien a accordé sept buts à forces égales en deuxième période et n’en a marqué aucun. Imaginez, jeudi soir contre les Stars de Dallas, les hommes de Martin St-Louis n’ont dirigé aucun tir au but à cinq contre cinq lors du deuxième tiers. Ce n’est pas juste la faute des gardiens.
C’est la faute à quoi, dans ce cas?
Deux constats me sautent aux yeux présentement.
Constat no. 1 : est-ce le temps de séparer Matheson et Dobson?
La question est légitime et ça n’a absolument rien à voir avec le travail des deux défenseurs qui, à cinq contre cinq encore une fois, ont été les meilleurs défenseurs du CH, et de loin, lors des deux dernières dégelées.
Mais la raison pour laquelle je pose la question, c’est que Lane Hutson est exposé, présentement. La paire qu’il forme avec Jayden Struble n’est pas optimale et il est primordial, si le CH veut avoir du succès, que l’un de ses deux meilleurs joueurs offensifs avec Nick Suzuki puisse être sécurisé. Si Lane Hutson ne joue pas bien, le Canadien ne joue pas bien.
Imaginez l’Avalanche du Colorado si Cale Makar joue mal, les Canucks de Vancouver si Quinn Hughes connait des ratées ou les Stars de Dallas si Miro Heiskanen perd de sa superbe l’instant de quelques matchs.
Hutson a besoin d’un défenseur efficace en gestion de rondelle et c’est un élément qui fait défaut chez Struble. Est-ce que Noah Dobson pourrait jouer avec le no. 48? Si on fait ça, on devra maintenant trouver quelqu’un pour le remplacer sur la paire défensive avec Mike Matheson et il est difficile de voir un candidat à l’interne capable de prendre ce genre de minutes avec efficacité.
La solution passe peut-être, donc, par le rappel d’Adam Engstrom du Rocket de Laval. En matière de gestion de rondelle, il est supérieur à Struble.
Constat no. 2 : le Canadien a trop confiance
Vous sourcillez peut-être en lisant cet autre constat, surtout que l’entraineur-chef Martin St-Louis a mentionné dans son point de presse d’après-match, jeudi, que son équipe avait perdu sa confiance, son «pouvoir magique (mojo)» pour reprendre ses mots.
Pour ma part, j’ai l’impression que le CH joue avec trop de confiance. Je m’explique.
Lors des matchs contre les Flyers de Philadelphie, les Devils du New Jersey et le Mammoth d’Utah, le Canadien a marqué 11 buts en 48 lancers à cinq contre cinq. On parle ici d’un taux d’efficacité de 23%.
On est à peu près 10% au-dessus du ratio que parviennent à maintenir les équipes de tête sur une saison complète.
Soudain, lors des deux derniers matchs, l’efficacité du CH est passé à 3%.
Pourquoi? Parce que l’équipe joue comme une équipe ultra talentueuse qui peut se permettre des jeux à haut risque parce qu’ils ont le talent pour les réussir. Mais ça, à long terme, ça ne marche pas.
Simplifier les choses
Présentement, les attaquants du Canadien se concentrent majoritairement sur une chose en contre-attaque : s’offrir en option de passe. Qu’est-ce que ça crée? Tout le monde reste en périphérie en essayant de se libérer pour recevoir une passe et personne ne fonce au filet.
Ce faisant, la majorité des lancers sont effectués alors que le gardien adverse n’est pas dérangé par personne devant lui. Dans la LNH, les pires gardiens vont en arrêter huit sur dix dans de pareilles dispositions. Les pires!
Il faut maintenant revenir à la base. La directive doit être claire pour tout le monde, pas juste pour Brendan Gallagher ou Josh Anderson qui en font leur pain et leur beurre : en contre-attaque, le joueur qui se trouve dans le corridor central doit systématiquement se diriger vers le filet.
Plus la saison va avancer, plus il y aura des buts inscrits sur des retours ou des tirs déviés.
Ce n’est pas une question d’être gros ou pas.
En séries, c’est comme ça que tu gagnes, pas à l’aide de passes transversales spectaculaires qui mènent plus souvent qu’autrement à des revirements.
Propos recueillis par Kevin Dubé
Ça marche!

Il y a quand même du positif malgré tout! Le CH a réglé ses problèmes avec le positionnement du troisième homme. Jeudi, le Canadien ne s’est pas fait compter dans des situations de surnombres, mais plutôt sur des mauvaises décisions qui ont mené à des contre-attaques. Au moins ça de réglé!
Ça ne marche pas...

Le temps de jeu par présence des défenseurs du CH est trop élevé. Mardi, contre les Kings, 36% des présences des défenseurs du Canadien ont dépassé la minute. Du côté des Kings? 24%.