Caufield, Suzuki et Slafkovsky passent à l'histoire: les trios les plus marquants du Canadien depuis 1943
Josianne Desjardins
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Le Centre Bell vibre au rythme d’un printemps qui s’annonce électrique ! Les Canadiens de Montréal, qui font face au Lightning de Tampa Bay au premier tour des séries éliminatoires, abordent celles-ci avec de grandes ambitions. Nos jeunes et talentueux Glorieux sont notamment propulsés par le tour de force que vient d’accomplir son premier et désormais historique trio, celui composé de Cole Caufield, Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky.
En effet, ce trio américano-canado-slovaque, au cœur d’une montée en puissance, est en train de signer une saison comme le Tricolore n’en avait pas connu depuis 1976-1977. Une excellente raison de scander à répétition : Go Habs Go!
Les projections sont donc très encourageantes alors que l’attaquant étoile Caufield est déjà l’auteur de plus de 50 buts, que le capitaine Suzuki a dépassé les 100 points et que Slafkovsky a inscrit son 30e but.
Dans ce contexte, le moment est idéal pour revisiter les grandes lignes d’attaque qui ont façonné l’identité du Canadien de Montréal. Retour sur ces combinaisons mythiques qui ont marqué les huit dernières décennies.
Les pionniers de la Punch Line

Impossible de passer sous silence la légendaire Punch Line formée de Maurice Richard, Elmer Lach et Toe Blake.
Dès 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, ce trio s’impose comme l’une des premières grandes forces offensives de la Ligue nationale de hockey (LNH). Au-delà de leur impressionnante production offensive — 350 buts en quatre saisons et demie —, leur héritage est avant tout symbolique : celui d’un hockey qui se transforme en véritable spectacle.
Leur impact est d’autant plus significatif qu’il s’inscrit dans une période creuse pour le Canadien de Montréal : aucune conquête de la Coupe Stanley depuis 1931, des absences répétées des séries éliminatoires et aucune présence en finale pendant plus d’une décennie.
Le vent finit toutefois par tourner. Grâce à la Punch Line, l’équipe remporte la Coupe Stanley en 1944 puis en 1946, marquant ainsi le début d’un nouveau cycle pour redonner à Montréal son statut de puissance du hockey.
L’âge d’or : Lafleur, Shutt et Lemaire

La saison 1976-1977 demeure emblématique pour le Canadien de Montréal avec le trio formé de Guy Lafleur, Steve Shutt et Jacques Lemaire. Lafleur franchit le cap des 130 points et impose un rythme offensif des plus remarquables, tandis que Shutt atteint le plateau des 60 buts. Pendant ce temps, Lemaire agit dans l’ombre comme pivot défensif et stratège, assurant la cohésion du trio.

Ensemble, ils ont participé à une séquence historique de quatre Coupes Stanley consécutives, de 1976 à 1979.

Lafleur, surnommé le Démon blond, est devenu le visage d’un hockey spectaculaire et instinctif. Avec sa chevelure au vent et son accélération fulgurante, il fait vibrer les foules ! Lafleur et Shutt font d’ailleurs partie d’un club sélect des saisons de 100 points au sein du club. Cet exploit a été réalisé par seulement trois autres joueurs dans la prestigieuse histoire du Canadien de Montréal, soit Peter Mahovlich (1975), Mats Näslund (1986) et tout récemment Nick Suzuki (2026).
Une nouvelle ère signée Caufield, Suzuki et Slafkovsky



Après une longue période marquée par la fragmentation des combinaisons offensives, le Canadien de Montréal semble avoir renoué cette saison avec l’idée d’un véritable trio dominant. Un trio qui s’inscrit maintenant dans l’histoire de la Sainte-Flanelle !
Le 9 avril dernier, Cole Caufield, 25 ans, a franchi le cap des 50 buts, devenant le premier joueur du Canadien à atteindre ce plateau depuis Stéphane Richer en 1989-1990. Dans le même élan, le capitaine Nick Suzuki, 26 ans, a franchi le seuil des 100 points, une marque que Montréal n’avait pas vue depuis près de 40 ans.

De son côté, Juraj Slafkovsky a complété ce tableau offensif avec un 30e but inscrit dans un moment charnière, à un peu plus d’une minute de la fin face au Lightning. Il devient ainsi le premier joueur slovaque à atteindre ce seuil depuis Marian Hossa (2013-2014), tout en franchissant pour la première fois la barre des 70 points en carrière — une première pour un joueur de sa cuvée.
Au-delà des chiffres, Slafkovsky s’impose comme un élément d’équilibre essentiel : présence physique, vision du jeu et complémentarité avec le duo Caufield-Suzuki. Sa connexion avec ses partenaires se manifeste jusque dans les moments clés, notamment lors du 50e but de Caufield, qu’il a directement contribué à mettre en place.

Enfin, la production de Caufield illustre une régularité rare et une capacité à faire basculer les matchs : avec 12 buts gagnants — en tête de la Ligue nationale de hockey — et 5 filets en prolongation, il a multiplié les moments décisifs. À cela s’ajoute une signature bien particulière : 20 de ses 50 buts inscrits un samedi, dont 14 depuis la mi-janvier, une cadence qui lui a valu le surnom de Mister Saturday Night !
Les grands trios de l’histoire de la LNH

● Wayne Gretzky, Jari Kurri et Glenn Anderson des Oilers d’Edmonton
5 Coupes Stanley entre 1984 et 1990

● Mike Bossy, Bryan Trottier et Clark Gillies des Islanders de New York
4 Coupes Stanley consécutives entre 1980 et 1983

● Mario Lemieux, Jaromír Jágr et Kevin Stevens des Penguins de Pittsburgh
Lemieux a marqué 69 buts et 160 points en seulement 60 matchs, en 1992-1993
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