Caufield: Martin St-Louis fait-il ce que faisait Dominique Ducharme?

Jean-Charles Lajoie
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Ce soir, je n’ai pas trop le choix de me questionner à haute voix avec vous autres au sujet de Cole Caufield...
Qu’est-ce qui se passe avec Cole Caufield? Une question qui prend de l’ampleur à mesure que les matchs s’accumulent et au cours desquels le jeune attaquant vedette ne produit pas ou produit à un rythme bien en deçà des attentes placées en lui.
Cette question cruciale, ce n’est vraiment pas simple d’y répondre. Par contre, si on la pose différemment, si on se demande qu’est-ce qui ne se passe pas avec Cole Caufield, alors là, la réponse devient beaucoup plus évidente : il score pas, point barre...
D’emblée, je veux préciser que l’objectif de ce billet de saison est de tenter de relativiser un peu. Ce n’est pas simple, mais la genèse de cet éditorial est de relativiser et non pas de simplement décrier le rendement de Cole Caufield.
La meilleure façon de relativiser est de dire «Caufield ne score pas autant qu’on le voudrait, mais ses 28 points en 41 matchs le placent au troisième rang des pointeurs du Canadien et lui permettent d’espérer un rendement de 56 points à la fin de la saison ce qui, à défaut d’être à la hauteur des attentes, ne serait pas non plus catastrophique.
Évidemment que les 7 850 000$ par année pendant huit ans consentis à Caufield avant le début de l’actuelle campagne changent la donne. Ça crée des attentes énormes, surtout ici dans le marché de Montréal où l’argument du salaire vient souvent en premier sur les blogues et à la machine à café.
Évidemment que ce juteux contrat a été attribué à Caufield sur un grand principe : il score des buts! Les 26 qu’il a enfilés en seulement 46 matchs la saison dernière ont permis la signature de ce gros contrat. Ils l’ont permis, car l’organisation a obtenu des garanties quant à la réhabilitation de Caufield à la suite de son opération à une épaule.
Ce rythme de production avant l’arrêt de sa saison équivalait à une production de 46 buts, un total que l’on n’a pas vu à Montréal depuis Vincent Damphousse, qui fut le dernier joueur du CH à enfiler 40 buts en une même saison. C’était en 1993-1994. Ça fait 30 ans cette année...
Donc... Caufield en santé et remis de son opération, fringant et heureux ici à Montréal... Caufield jumelé au créatif Nick Suzuki qui peut habilement le repérer et le faire produire...
Tout était en place pour assister à de bien belles soirées du hockey à regarder le duo de choc du CH sur le premier trio de l’équipe. Un plan parfait qui, dans les faits, ne s’articule pas du tout comme prévu pour l’instant en raison de l’inertie de Caufield à scorer...
Pourquoi? Est-ce que le kid est inconfortable? Physiquement, je ne crois pas...
Est-ce qu’il challenge son coach dans un débat lent et sinueux? Est-ce que Caufield répond à la commande de Martin St-Louis de la pire des manières?
La commande étant de bien faire sur la glace toutes les petites choses en dehors de scorer des buts. Cette commande, elle existe bel et bien. Martin lui-même l’a affirmé en point de presse à quelques reprises.
Est-ce que ça plait à Caufield? Pas certain de ça, moi. En fait, la production déficiente de Cole jusqu’ici ressemble étrangement à sa production déficiente du début de la saison 2021-2022... saison durant laquelle un certain Dominique Ducharme demandait à Caufield exactement ce que Martin St-Louis lui demande cette saison.
Même commande, même résultat : une production de buts bien en dessous des attentes...
Tout le monde a décrié Ducharme et crié au génie de Martin St-Louis d’avoir exploité le potentiel de scoreur de Caufield il y a deux ans.
Cette saison, Martin monte une couple de marches de son escalier vers la gloire derrière le banc du Canadien. On sent qu’il insiste plus sur les concepts, les schémas, la structure, notamment la structure défensive.
Visiblement, cette commande plait moins à Caufield, un gamin souriant qui vient à l’aréna pour jouer et non pratiquer le hockey et qui veut juste scorer des buts.
Je pense que le problème est aussi simple que ça. Je pense que Caufield est le seul qui détient la clé de sa réussite. Il doit se salir le nez davantage.
D’ici là, il tient la tête de son très bon chum Nick Suzuki sous l’eau parce que son rendement déficient sur 200 par 85 empêche Suzuki de devenir un candidat au trophée Selke qu’il devrait logiquement remporter quelques fois au cours de sa carrière.