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Cartels dans les tout inclus: le crime organisé derrière des hôtels prisés des Québécois

Les travailleurs qui bâtissent ces complexes sont obligés d'acheter de la drogue

Photo portrait de Félix Séguin

Félix Séguin

2025-11-06T05:00:00Z
2025-11-06T23:16:58Z

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Les tout inclus mexicains ne sont plus à l’abri des cartels de la drogue et de leur violence, le crime organisé ayant infiltré la construction des complexes hôteliers préférés des touristes québécois, a appris notre Bureau d’enquête.

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Par un matin étouffant du mois de juin, des centaines de travailleurs se pressent à l’entrée d’un hôtel en construction du boulevard Kukulkan dans la zone hôtelière de Cancún.

Tour à tour, ces ouvriers devront non seulement s’affairer sur le chantier, mais aussi acheter obligatoirement à la compagnie qui les embauche une petite quantité de drogue, que ce soit de la marijuana, de la cocaïne ou des méthamphétamines.

Des soldats mexicains sur la plage d'un hôtel tout-inclus à Cancun
Des soldats mexicains sur la plage d'un hôtel tout-inclus à Cancun Capture d'écran de J.E.

Pour occuper un emploi, révèle l’émission J.E, diffusée ce soir à TVA. Ceux qui n’adhèrent pas au stratagème n’y travailleront pas, ou pire, seront victimes des bandes criminelles de l’endroit.

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Ces substances sont vendues par les cartels de Sinaloa et de Jalisco Nouvelle génération (CJNG), qui figurent parmi les plus violents et puissants du Mexique, confirment nos sources.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Hôteliers complices

À Cancún, l’équipe de J.E. a pu discuter avec un employé des cartels qui participe à ce stratagème.

Selon cet informateur, dont nous ne pouvons dévoiler l’identité par mesure de sécurité, les hôteliers ont maintenant deux choix: verser une taxe aux cartels ou alors leur permettre d’y vendre de la drogue.

«Soit vous me payez une redevance hebdomadaire qui augmente ou bien vous me laissez faire mon travail», illustre notre informateur. C’est lui qui est chargé de percevoir l’argent des travailleurs en échange de la drogue.

«Les hôtels laissent les cartels fonctionner. C'est un accord mutuel», ajoute-t-il.

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Notre informateur en avait long à dire sur la présence des cartels sur les chantiers de construction.
Notre informateur en avait long à dire sur la présence des cartels sur les chantiers de construction. Capture d'écran de J.E.

Il soutient que la police locale connaîtrait tout de ce stratagème et recevrait même une «partie» de cet argent. Et gare aux hôteliers qui voudraient se soustraire aux règles établies.

«C'est simple. Si vous ne payez pas, vous risquez de vous réveiller enterré sur le rivage d'une plage, comme cela s'est produit de nombreuses fois», illustre notre informateur.

Le syndicat en cause

Notre source affirme aussi que «tout part du syndicat».

Elle nous explique que ce sont les syndicats qui décident qui peut vendre de la nourriture, des biscuits et des boissons gazeuses aux travailleurs sur le chantier.

«Ces cantines liées aux cartels vont obliger les travailleurs à acheter leurs produits au double du prix. Mais le plus important, c’est qu’ils vous obligent aussi à acheter une petite quantité de drogue».

Des travailleurs font la file à l'entrée du chantier de construction d'un tout-inclus dans la région de Cancun.
Des travailleurs font la file à l'entrée du chantier de construction d'un tout-inclus dans la région de Cancun. Capture d'écran de J.E.

Dans l’état du Quintana Roo, où se trouve Cancún, il y a généralement 75 000 ouvriers qui participent aux travaux des futurs hôtels de villégiature de la région.

Migration liée à la guerre entre les cartels

La migration des groupes criminels vers les stations balnéaires de la péninsule du Yucatan, où se trouve Cancún, s’observe depuis l’été 2024.

Ce déplacement découlerait de la guerre interne que se livre le cartel de Sinaloa depuis l’arrestation de son leader, Ismaël Zambada Garcia, et du conflit l’opposant à ses rivaux du cartel Jalisco Nouvelle Génération.

«Ça crée une instabilité qui oblige ces groupes criminels à chercher d'autres endroits où ils peuvent opérer de manière plus tranquille, où il n'y a pas de présence de l'armée, ou tout simplement de leurs concurrents», selon Valentin Pereida, professeur en criminologie à l’Université de Montréal.

En plus du Quintana Roo, il estime que deux autres États mexicains sont à risque d’une «évolution violente importante» au cours des prochains mois.

Le tourisme dans l'État du Quintana Roo

  • Visiteurs annuels: 20 millions, dont 2 millions de Canadiens
  • Emplois directs: 2,5 millions

Source: Chambre de commerce et d'industrie franco-mexicaine

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