Carney va doper le financement public de CBC/Radio-Canada tout en maintenant les publicités

Raphaël Pirro
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Les libéraux de Mark Carney promettent d’augmenter de manière importante le financement public de CBC/Radio-Canada tout en maintenant en place les publicités comme source de revenu pendant les émissions d’information.
«Le président [Donald Trump] veut assimiler notre culture, cette culture qui définit le Québec et tout le Canada. Mais nous n’allons jamais le laisser faire», a déclaré M. Carney en conférence de presse à Montréal, vendredi.
S’inspirant du plan de refonte présenté en février par l’ancienne ministre Pascale St-Onge, le chef libéral propose d’augmenter de 150 M$ le financement annuel de la société d’État dès le prochain budget.
L’argent permettra de bonifier la couverture régionale aux quatre coins du pays.
À terme, le financement public de l’institution pourrait doubler, l’objectif étant de rejoindre le niveau des pays européens comme la France et le Royaume-Uni.
Le Canada est sixième parmi les pays du G7 en matière de financement per capita de leur média public, à environ 33$ par habitant, tandis que la moyenne du G7 est de 62$ par habitant. Les États-Unis sont tout au bas de la liste.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Les publicités maintenues
Contrairement à ce que proposait Mme St-Onge dans son plan, les libéraux entendent laisser CBC/Radio-Canada faire de l’argent avec des publicités sur ses plateformes, incluant lors des émissions d’information.
«Il faut décider, comme gouvernement, et on a une augmentation de financement public, mais on garde encore les publicités», a précisé M. Carney lorsque la question lui a été posée.
Dans son plan, l’ancienne ministre du Patrimoine avait avisé que la hausse de financement public devrait s’accompagner d’une «interdiction» des publicités lors des émissions d’affaires publiques.
«Les experts s’entendent pour dire que la mission d’information est incompatible avec la vente de publicités [...]», disait-elle en point de presse. «Ce changement-là va permettre aussi d’apporter de l’oxygène pour le secteur privé pour qui ces revenus publicitaires deviennent accessibles», ajoutait Mme St-Onge.
Un changement bien reçu par le syndicat
Autre changement majeur: le financement se ferait sur la base de crédits budgétaires inscrits dans la loi, plutôt que selon le bon vouloir du gouvernement en place.
La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) et le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada (STTRC–CSN) sont heureux de cette mesure qui éloigne le financement de «la joute politique».
Le chef conservateur Pierre Poilievre a comme engagement de faire baisser, voire d’annuler le financement de la société d’État.
Yves-François Blanchet trouve intéressantes certaines idées avancées par Mme St-Onge pour augmenter les revenus sans toutefois «empêcher une offre de télévision privée d’exister de façon dynamique».
En 2023-2024, le financement public de la société d’État a atteint 1 436,6 M$, pour un total d’environ 1 890 M$ en incluant les revenus publicitaires.
Elle avait aussi proposé de rendre gratuit l’accès aux plateformes comme Tou.tv et CBC Gem pour éviter de faire payer les Canadiens «en double». Cette idée n’a pas été évoquée par M. Carney vendredi.
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