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Carney pris dans le piège de Trump après avoir promis maintes fois une entente

Photo portrait de Guillaume St-Pierre – analyse

Guillaume St-Pierre – analyse

2025-10-25T04:00:00Z
2025-10-25T13:10:33Z

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OTTAWA | C’était trop beau pour être vrai, les flatteries, les petites taquineries, la bonne entente devant les caméras dans le Bureau ovale entre Mark Carney et Donald Trump il y a deux semaines.

Ce n’était en fait que du cinéma.

Qui s’étonne vraiment que Donald Trump ait encore rompu les négociations commerciales avec le Canada, cette fois en ayant comme prétexte une pub de l’Ontario critiquant les tarifs sur les ondes américaines à heure de grande écoute?

C’est sa façon de négocier, sans diplomatie ni demi-mesures.

Pourquoi cette réaction aussi brutale?

Dans la tête de Trump

Est-il irrité par la mauvaise publicité, qui a été reprise par ses adversaires politiques aux États-Unis?

Souhaite-t-il envoyer un message d’intransigeance avant de se rendre pour des sommets économiques internationaux en Asie dans les prochaines heures?

Espère-t-il mettre de la pression sur Mark Carney dans ses négos afin d’obtenir davantage?

Veut-il faire diversion des récentes données publiées vendredi qui montrent que l’inflation n’a jamais été aussi élevée que depuis janvier dernier?

Est-il mécontent qu’Ottawa ait imposé cette semaine des tarifs sur un certain nombre de véhicules américains importés au Canada?

Toutes ces réponses?

Au bout du compte, Donald Trump a obtenu en partie ce qu’il souhaitait: l’Ontario va retirer, à partir de la semaine prochaine, ses publicités. Elles seront tout de même diffusées durant les deux premières parties de la Série mondiale de baseball.

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La nouvelle crisette du président met en plein visage des Canadiens, encore une fois, la propension du président à refaire l’histoire, à tordre la vérité ou à carrément mentir pour obtenir ce qu’il veut.

Récapitulons.

Mensonges

Donald Trump accuse le Canada d’avoir «frauduleusement» utilisé un discours de Ronald Reagan qui soi-disant adorait les tarifs.

Premièrement, contrairement à ce que prétend Trump et la Fondation Ronald Reagan, le fameux discours est du domaine public. Il n’appartient à personne, donc fraude il n’y a pas eu.

Deuxièmement, si Trump est Monsieur Tarifs, Reagan est Monsieur Libre-échange. C’est de refaire l’histoire que de prétendre le contraire.

Reagan est celui qui est à l’origine de notre traité de libre-échange avec les Américains, l’ALÉNA.

Le fameux discours d’un peu plus de cinq minutes de l’ex-président est clair: les tarifs ne sont justement pas une solution à long terme pour favoriser la prospérité économique.

Sa dernière sortie résume bien la recette Trump, faite d’ignorance et de mensonges.

Pressions sur Carney

La pression demeure forte sur Mark Carney afin qu’il trouve une voie de passage qui permettrait de diminuer les tarifs sur l’acier, l’aluminium et l’automobile.

Le premier ministre n’a pas encore rempli ses engagements alors que les pertes d’emploi se multiplient, entre autres dans le secteur névralgique de l’automobile en Ontario.

Une province électoralement très payante.

Et qui sait combien de temps ce gouvernement minoritaire tiendra? Son premier test viendra sous peu avec le budget du 4 novembre prochain.

En promettant à maintes reprises de s’entendre avec Donald Trump, Mark Carney s’est peinturé dans le coin, et il n’a toujours pas trouvé le chemin de la sortie.

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