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Carney a gagné du temps, pas la guerre tarifaire

MEGA/WENN
Photo portrait de Yasmine Abdelfadel

Yasmine Abdelfadel

2025-10-08T04:00:00Z

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Mark Carney peut souffler. Sa deuxième rencontre au Bureau ovale avec Donald Trump n’a pas viré au désastre. Mieux encore, le président américain, d’humeur étonnamment joviale, a salué son hôte comme un «leader de classe mondiale». De quoi, du moins, sauver la photo officielle.

Mais le répit pourrait être de courte durée. Car derrière les sourires et les flatteries, les nuages continuent de s’amonceler sur les relations commerciales canado-américaines.

Des reculs, mais peu de résultats

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Mark Carney a multiplié les concessions pour apaiser Washington. Il a mis sur la glace la taxe sur les services numériques et levé les contre-tarifs sur certains produits américains. Résultat? Pas de résultats.

Pendant que les gestes d’ouverture s’accumulent, les coups pleuvent encore. Les travailleurs de l’acier, de l’aluminium, du bois d’œuvre et de l’automobile vivent dans une incertitude insoutenable. Et comme si ce n’était pas assez, de nouveaux tarifs s’ajoutent: sur les poids lourds, sur l’industrie du cinéma, les armoires de cuisine, les lavabos... bref, sur tout ce qui bouge ou presque.

La patience s’effrite

Le gouvernement avait promis d’user de diplomatie et de «patience stratégique». On nous a expliqué que la pression économique finirait par forcer Trump à reculer: les tarifs feront augmenter le tarif des prix à la consommation, les entreprises américaines se plaindraient, les gouverneurs des États partenaires hausseraient le ton. Or, rien de tout cela ne s’est produit.

Les dates butoirs se succèdent, les promesses aussi. Et pendant ce temps, le Canada s’enlise dans une guerre tarifaire dont il ne contrôle plus les règles.

Alors oui, c’est une bonne chose que Mark Carney ait tenu une rencontre avec Trump sans incident, qu’il ait même obtenu une poignée de main cordiale. Mais à ce stade, les symboles ne suffisent plus.

Il faut des résultats, concrets et rapides. Les entreprises étouffent, les travailleurs doutent, et les provinces s’impatientent. La lune de miel diplomatique avec Washington est terminée . Le temps des gains tangibles doit commencer.

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