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Ce serait injuste de priver Carey Price d’une place au Temple de la renommée

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Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2023-06-22T20:00:00Z

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L’admission d’Henrik Lundqvist au Temple de la renommée du hockey, mercredi, a soulevé un débat qui risque de revenir sur le tapis à plusieurs occasions au cours des prochaines années. Carey Price aura-t-il sa place parmi les immortels une fois sa retraite officialisée?

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Ses détracteurs diront que le gardien le plus victorieux de l’histoire du Canadien ne mérite pas d’accéder à ce statut parce qu’il n’a pas gagné la coupe Stanley. Un fait d’armes manquant également au palmarès de Lundqvist, soit dit en passant. 

De toute façon, avoir remporté le plus prestigieux trophée du hockey n’est plus un critère d’entrée. Avec maintenant 32 équipes en compétition à chaque saison, les chances de graver son nom sur la coupe sont beaucoup plus minces qu’à l’époque des 6 ou 12 équipes. 

D’ailleurs, de 2020 à 2022, six des huit anciens joueurs de la LNH à avoir été admis au Temple de la renommée n’avaient pas gagné la coupe Stanley au cours de leur carrière.

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Ce qui pourrait également jouer en sa défaveur, ce sont ses 361 victoires. Atteindre le plateau des 400 gains lui aurait assuré sa place. Des 13 gardiens qui y sont parvenus, il n’y a que Curtis Joseph (454) et Chris Osgood (401) qui n’ont pas obtenu leur billet.

Mais puisque le comité de sélection semble vouloir donner une plus grande place aux gardiens (trois ont été admis cette année), ça ne saurait tarder.

Un gardien en or

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Ce qu’on a tendance à oublier, c’est qu’il s’agit du Temple de la renommée du hockey. Ce n’est pas le Temple de la renommée de la LNH. Par conséquent, les titres remportés sur la scène internationale sont également pris en compte par les 18 membres du comité de sélection.

À ce niveau, Price a gagné ses galons. Il a gagné l’or au Championnat mondial junior, à la Coupe du monde et lors des Jeux olympiques de Sotchi. «Oui, mais il avait un club paqueté devant lui», avanceront certains. Peut-être, mais en 1998 et en 2006, c’était également le cas et le Canada n’est pas monté sur le podium.

En passant, sans Price à Sotchi, les représentants de l’unifolié se seraient possiblement fait surprendre en quarts de finale par la Lettonie et leur gardien Kristers Gudlevskis. L’ascendant de Price dans ce tournoi était si grand que lorsque Jonathan Toews a ouvert la marque à mi-chemin de la première période du match final contre la Suède, tout le monde sur le banc canadien savait que c’était dans le sac.

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Pas surprenant que pendant plusieurs années, un sondage mené auprès des membres de l’Association des joueurs de la LNH élisait systématiquement Price comme meilleur gardien du circuit.

Le meilleur de sa génération

Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

D’ailleurs, qu’en est-il vraiment?

Sur une période de 10 ans, de 2010-2011 à 2020-2021, Price se classe au troisième rang des gardiens les plus victorieux de la LNH. Ses 300 victoires acquises durant cette décennie le placent derrière les 344 de Marc-André Fleury et les 307 de Pekka Rinne.

Lors de ces 10 années, il a connu une saison de 44 victoires. C’était en 2014-2015, saison au terme de laquelle il a remporté les trophées Hart, Lindsay et Vézina. Seul Braden Holtby a surpassé cette marque, l’hiver suivant, avec 48 gains.

Au cours de cette campagne, Price a maintenu une moyenne de 1,96. Il n’y a que trois autres gardiens qui ont remporté au moins 30 victoires tout en maintenant une moyenne de buts alloués inférieure à 2,00.

Quant à son taux d’efficacité de ,933, personne n’a fait mieux.

Le problème de Price, c’est qu’il a porté les couleurs tricolores au pire moment de l’histoire de la concession. S’il s’était retrouvé derrière une équipe le moindrement compétitive, son nom serait aujourd’hui sur la coupe Stanley. En 2021, il a quand même conduit le Canadien à sa première finale en près de 30 ans.

Il serait injuste que ce mauvais coup du sort le prive d’une place parmi les immortels. Ce qui n’arrivera probablement pas puisque, dans le Canada anglais, il est vu comme un grand parmi les grands.  


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