Capitales: un parcours inespéré pour Émile Boies


Stéphane Cadorette
Partager
Parmi les héros obscurs qui ont propulsé les Capitales en finale de la ligue Frontière pour une quatrième année de suite, il ne faut surtout pas oublier le petit gars de la place, qui ne devait pas lancer et surtout pas en séries.
• À lire aussi: Les Capitales en finale pour une quatrième année de suite après une autre remontée spectaculaire
Le parcours exceptionnel d’Émile Boies a connu un nouveau chapitre impensable quand le natif de Lévis a récolté la victoire contre les ValleyCats de Tri-City, samedi soir, au quatrième et dernier match de la série finale de l’Association Atlantique.
Boies a sauvé les meubles avec une manche et un tiers de travail impeccable après une rude sortie du partant Ruben Ramirez.
Il était présent au monticule au bon moment, lors de l’explosion offensive de six points des Capitales en troisième manche, mais ça ne diminue en rien son accomplissement.
Même s’il n’a que 24 ans et une maigre feuille de route dans le baseball professionnel, le jeune homme affiche un flegme déconcertant, surtout sous haute pression, comme samedi, devant une salle comble de 4297 spectateurs enflammés.
«Émile est embarqué sur le monticule, ça a calmé les choses et ça nous a donné une chance de revenir.
«Il a un calme et une confiance qui est inébranlable. C’est dur à comprendre pourquoi parce qu’il n’a pas un gros vécu de lanceur dans des situations importantes comme ça devant tout ce monde-là. J’ai hâte de voir comment ça va être l’an prochain, avec un hiver complet à l’entraînement comme lanceur, mais on aime beaucoup son attitude et sa prestance au monticule», l’a louangé le gérant Patrick Scalabrini.
Un scénario inespéré
Il faut se rappeler qu’à la base, Boies s’amenait au camp d’entraînement sans la moindre garantie de faire sa place avec l’équipe. Il a su forcer la main de Scalabrini, qui l’avait libéré un an plus tôt.
Boies n’a pris part qu’à 48 matchs en 2023 et 2024 avec l’équipe, comme joueur d’avant-champ.
C’est d’ailleurs dans ce rôle qu’il a été utilisé en début de saison cette année, affichant une moyenne au bâton de ,223, avec 22 points produits en 165 apparitions au bâton.
En juillet, il a commencé à lancer en relève et son rôle à ce chapitre est devenu de plus en plus important. Au point de présenter une fiche de 3-0 et une moyenne de points mérités de 1,91 en 28 manches et un tiers.
Après le match, samedi, Boies n’a même pas tenté de faire croire qu’il a toujours su qu’il s’imposerait comme lanceur.
«On ne se cachera pas que je n’aurais jamais imaginé ça. Au début de la saison, je ne pensais même pas embarquer sur le monticule et encore moins en séries. J’ai juste travaillé fort et je me suis retrouvé là», a-t-il constaté.
Un cas rare
Boies ne le savait pas, mais il est devenu le premier lanceur originaire de la région de Québec à récolter une victoire en séries pour les Capitales depuis les belles années de Michel Simard.
«C’est malade! Ça fait longtemps!» a-t-il réagi, esquissant l’ombre d’un sourire.
Mis au parfum des fleurs que Scalabrini lui a envoyées, Boies n’a pas la moindre idée d’où lui vient ce calme au monticule, qui apaise ses coéquipiers dans des moments de haute tension.
«C’est une excellente question! C’est probablement ma saison morte. Je sais ce que j’ai fait pour être ici. J’ai été libéré l’an dernier et j’ai tout donné durant l’hiver. La confiance vient avec ça», a signalé celui qui s’illustrait comme lanceur avec le Cactus de Victoriaville, dans la Ligue de baseball majeur du Québec, avant de se joindre aux Capitales.
«J’essaie de rester calme le plus possible. Je ne sais jamais c’est quoi mon rôle, donc je ne veux pas embarquer dans mes émotions trop vite. Je ne veux pas que ma tête vire. J’essaie de juste garder ma tête sur mes épaules et de faire ma job», a-t-il commenté.
Une belle histoire que celle d’Émile Boies, comme bien d’autres chez les Capitales, qui entameront la finale mardi contre les Boomers de Schaumburg au Stade Canac.