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Capitales: ç’a pas d’maudit bon sens

Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-09-15T23:58:39Z

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Je ne pense pas avoir déjà vécu quelque chose comme ça. D’aussi fort et improbable comme moment sportif que la victoire des Capitales samedi soir. Ç’a pas d’maudit bon sens, ce qui est arrivé.

Je reviens des Jeux olympiques. Et non, je n’ai pas capoté comme ça une seule fois.

En quatre minutes, samedi soir, une soirée normale s’est transformée en moment inoubliable pour les 4200 personnes au stade Canac.

Je prenais une bière tranquillement en jasant avec ma blonde et des amis en surveillant mes enfants courir partout dans la zone familiale. Je parlais avec ma blonde de comment on allait s’arranger avec les enfants le lendemain, pour le match ultime.

Huit minutes plus tard, mes enfants couraient sur le terrain en levant les bras parce qu’ils voyaient tout le monde faire ça. Ils allaient faire des câlins à des joueurs pour les féliciter. C’était tellement beau.

Euphorie collective

Et je vous annonce que la sécurité n’était pas trop regardante. Rapidement, des centaines de spectateurs ont sauté sur le terrain pour aller célébrer avec les joueurs, qui prenaient les fans dans leurs bras et des photos avec eux.

L’équipe faisait ainsi sentir aux fans qu’ils méritaient de célébrer tout ça aussi. Oui, la fin dramatique m’a donné des frissons. Mais ce bonheur collectif et cet échange d’amour entre les fans et les joueurs m’en donnaient encore plus.

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Le héros du match, Anthony Quirion, avait besoin d’un moment seul pour jaser avec ses proches au téléphone. Il est donc allé s’asseoir, au fin fond du champ centre, pour prendre le temps de vivre ça avec eux. Moi, je n’avais pas été capable de retenir mes enfants qui ont décidé de faire le tour du terrain en passant par le champ centre. Ils sont passés près d’Anthony, qui leur a fait une bonne tape dans la main. Je me sentais un peu mal, mais je trouvais ça tellement charmant.

Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo DIDIER DEBUSSCHERE
De plus en plus fou

Ce qui me renverse avec les Capitales, c’est que chaque fois qu’on pense qu’ils ne peuvent pas en faire plus, quelque chose d’encore plus fou arrive.

À un moment donné, c’était Eddie Lantigua qui pouvait être le maire de Québec.

À un autre, c’était Éric Gagné qui avait décidé de venir lancer.

Puis, Michel Laplante a réussi un miracle diplomatique en amenant des joueurs cubains à Québec.

Le fils de Wayne Gretzky est venu jouer aussi.

Et il y a eu les cinq championnats d’affilée entre 2009 et 2013.

J’en passe tellement.

Tout ça à travers d’énormes défis financiers et un stade merveilleux, mais qui a eu besoin de beaucoup d’amour pour rester debout.

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Tout ça en gardant la bière à 4$ et les hot-dogs à 1$ le samedi.

Tout ça, en prenant soin de faire confiance à des Québécois dans l’équipe. Il y en avait quatre sur les neuf partants de la formation en finale.

Et samedi soir, quand tout le monde se disait que les Capitales avaient déjà assez pigé dans la boîte à miracles, la magie a encore opéré.

C’est venu d’Anthony Quirion, par un circuit de trois points pour mettre fin au match et permettre aux Capitales de remporter un troisième championnat de suite.

Il est très bon, Quirion, mais ç’aurait été utopique de s’attendre à un circuit. En saison, il en a frappé sept, soit un toutes les 46 présences au bâton. Mais il l’a fait.

La belle gang

Cette victoire, c’est aussi celle d’une gang attachante, adorée et proche du monde à Québec. Des bonnes personnes.

Patrick Scalabrini, qui vient de remporter son huitième championnat en 14 ans à titre de gérant. Un gars qui était jeune homme de 33 ans lorsqu’il a pris la barre de l’équipe en 2010. Là, il est à trois ans de la cinquantaine, avec un peu moins de cheveux. Mais il a toujours le même feu dans les yeux et le même sourire de championnat. Le temps passe vite, mais la réalité, c’est que Scalabrini a dédié sa vie, jusqu’ici, à cette équipe.

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Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Même chose pour Michel Laplante, l’ancien joueur, gérant et actuel président. C’en est un autre qui aurait pu faire autre chose dans la vie après avoir réussi à faire grandir les Capitales. Il fut un temps où Laplante devait s’occuper des échanges, vider les poubelles, aider les placiers, transporter du maïs soufflé et quasiment faire Capi pour que tout roule bien au stade alors que les finances étaient plus difficiles.

Il faut aussi souligner l’apport du vice-président des Capitales, Charles Demers, qui a réussi à amener l’organisation plus loin dès qu’il a commencé à avoir plus de galon au sein de l’administration.

J’ai également une pensée pour un gars dans l’ombre, Christian Chénard, qui a lancé avec l’équipe de 2000 à 2002 et qui était entraîneur des lanceurs cette année. Il y a vingt ans, Chénard me donnait des cours de lanceur. J’étais encore à l’école primaire. La grande majorité des lanceurs de Québec, de 12 à 40 ans, ont probablement déjà été conseillés ou aidés par lui. Et quand on constate que des lanceurs qui n’ont jamais été si dominants de leur vie deviennent, à la surprise de tous, des vedettes avec les Capitales cette saison, je me dis que Christian Chénard a probablement un lien avec tout ça.

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