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Canelo, «c’est un banquier, pas un compétiteur»

Tout près du stade de football où se tiendra le gala samedi, il y a un sympathique barbu de Sainte-Adèle qui dirige un commerce. Et il en mène encore très large dans la boxe

Photo AFP
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-09-13T04:00:00Z

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LAS VEGAS | Tout près du stade de football où se tiendra le gala samedi, il y a un sympathique barbu de Sainte-Adèle qui dirige un commerce. Et il en mène encore très large dans la boxe. C’était évidemment un détour incontournable pour moi.

Vous le connaissez, c’est Russ Anber, qui a presque tout fait dans la boxe et qui accompagne encore les meilleurs au monde.

À Vegas, comme à quatre autres endroits dans le monde, il détient un magasin Rival. C’est un commerce d’équipements de boxe qu’il a fondé en 2003. Et ça roule bien, très bien. C’est devenu un leader mondial dans le domaine.

«Pas pire, pour un petit gars de Sainte-Adèle, hein?» me lance-t-il.

Russ Anber, rencontré dans son commerce Rival de Vegas.
Russ Anber, rencontré dans son commerce Rival de Vegas. Photo JEAN-NICOLAS BLANCHET

Il a ouvert un magasin à Vegas «pour se donner une excuse pour venir», déclare-t-il en riant. Et ça fait 10 ans, signe que c’est visiblement plus réfléchi que ça. Mais il se rend rarement dans la Ville du vice.

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Je ne l’avais jamais rencontré. Première chose qu’il me demande: «Comment je dois t’appeler? JN, John-Nick, Nick?» Je lui ai répondu que Jean-Nic, c’était parfait.

Et là, durant une entrevue de 45 minutes, il me lançait souvent des: «Je vais te dire une chose, Jean-Nic», «tu sais, moi, Jean-Nic» ou «tu sais, man». C’est anodin. Mais ça expose un peu le charisme unique de ce grand de la boxe québécoise.

Deuxième chose qu’il me lance, c’est que la boxe, c’est secondaire pour lui. «Moi, c’est ma carrière de billard que je poursuis. Ç’a juste pris plus de temps à démarrer que je pensais», de blaguer le Québécois de 64 ans.

D’ailleurs, gens de Québec, si vous pensez avoir vu Russ Anber au Tapis Vert à Sainte-Foy, c’était bien lui. Il y est souvent. Bref, après huit minutes de discussion, on s’était juste dit des niaiseries.

«Il coche toutes les cases»

Anber a côtoyé plusieurs des plus grands boxeurs de l’histoire. Quand on lui demande où il place Christian Mbilli dans la liste des multiples grands boxeurs qui sont passés par le Québec, il est assez clair.

«C’est un des meilleurs», assure-t-il.

«C’est un vrai, man! Il est gentil, intelligent, éduqué, bien élevé. Il coche toutes les cases du contre-stéréotype de la boxe. J’ai toujours aimé des boxeurs comme ça. [...] Oublie ce qu’il peut faire dans le ring. Regarde seulement son comportement comme athlète. Il s’entraîne fort tous les jours, c’est un gars fiable et il ne se prend pas pour un autre.»

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«Tu peux aller au resto avec lui et parler d’autre chose que de boxe. Ce n’est pas toujours comme ça, il y en a parfois que tu as peur d’être autour», se moque-t-il.

Le boxeur le plus malchanceux

Anber peine à comprendre pourquoi Mbilli n’est pas plus populaire au Québec, alors qu’il possède tous les atouts pour l’être, selon lui.

Surtout quand il pense à Lucian Bute, qui n’était ni anglophone ni francophone et qui a été un des plus grands vendeurs de billets de l’histoire de la boxe au Québec.

Ce qui n’aide pas, selon lui, c’est aussi que Mbilli «est le boxeur le plus malchanceux» qu’il a vu.

Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC
Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC

«Ça fait longtemps qu’il mérite un combat de Championnat du monde contre Canelo, s’élance Russ. Il s’assoit dans la position d’aspirant numéro 1, année après année, en faisant des combats difficiles contre des adversaires de gros calibre. Veut, veut pas, chaque fois, ça t’enlève un peu de ta vie, quand tu embarques dans le ring. Il utilise tout son cœur pour gagner chaque fois.»

Il rappelle que Canelo n’a pas fait une défense obligatoire de son titre WBC depuis février 2021, et ça l’irrite beaucoup. «La boxe, ce n’est pas censé d’être que tu boxes seulement avec des gars avec qui tu vas faire de l’argent. Maintenant, c’est comme ça», se désole-t-il.

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La vache à lait

Puisque Canelo est la vache à lait mondiale de la boxe, par sa popularité, les organisations mondiales de boxe n’ont pas vraiment envie de lui enlever son titre.

Car elles recevront beaucoup plus d’argent que si c’était Christian Mbilli, par exemple.

Russ adorait Canelo il y a quelques années. Mais plus maintenant.

«Ce n’est plus un compétiteur, c’est une banque maintenant. Pour lui, c’est: “Comment je peux faire de l’argent plus facilement?” Peut-être qu’il le mérite après toutes ces années, mais moi, je m’oppose à ça», poursuit celui qui anime depuis trois saisons le balado francophone Le dernier round en compagnie de l’excellent Mathieu Casavant.

Ce dernier m’a d’ailleurs beaucoup aidé cette semaine à comprendre le monde souvent très complexe de la boxe.

Avec une victoire spectaculaire samedi, Christian Mbilli croit que la pression populaire pourrait monter afin qu’il affronte plus rapidement Canelo.

Russ Anber n’est pas si convaincu, au contraire. Si c’est le cas, il craint que Canelo veuille encore moins l’affronter.


  • Écoutez le dernier épisode du balado Le Dernier Round avec Matt Casavant et Russ Amber:

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