Canadien: Brendan Gallagher et Kirby Dach de retour au jeu


Jonathan Bernier
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Brendan Gallagher n’a pas été épargné par les blessures au cours de sa carrière. L’attaquant connaît probablement les racoins de l’infirmerie mieux que quiconque. Néanmoins, il soutient que sa dernière convalescence a paru encore plus longue que les autres.
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L’Albertain de 30 ans effectuera un retour au jeu, ce soir, après une absence de 11 semaines. Blessé à la jambe droite (qui n’a pas vu les photos où il porte une botte thérapeutique?), il a dû faire l’impasse sur 32 matchs.
«Ça a été très long. C’est une saison frustrante, a-t-il déclaré, quelques heures avant d’affronter le Lightning. J’ai joué en janvier, mais c'était seulement pour trois matchs. Avant ça, je n’avais pas joué depuis novembre.»
Gallagher fait bien de le préciser. Aux 32 rencontres mentionnées plus haut, il faut ajouter les 13 au cours desquelles il s’est absenté au mois de décembre.
On peut avancer sans grande crainte de se tromper qu’il s’agissait de la même blessure. Sans la nier, le principal intéressé a apporté un bémol à cette hypothèse.
«Tu finis par comprendre que tout est un peu relié. À la fin de la saison, je pourrai vous donner une réponse moins vague. On en parlera plus abondamment», a-t-il indiqué.
Un peu plus de prudence
D’ailleurs, en raison de l’hécatombe qui sévit chez le Canadien depuis deux saisons, certaines interrogations commencent à être soulevées sur le travail de l’équipe médicale du Tricolore. Puisque «tout est un peu relié», est-ce que Gallagher a été renvoyé trop rapidement dans la mêlée le 29 décembre, en Floride, lors de son premier retour?
«C’est difficile à dire. Les boîtes semblaient toutes être cochées, mais ça n’a pas fonctionné. C’est de la malchance, a-t-il soutenu. Cette fois, on a peut-être pris un peu plus de précautions.»
Fort possible, effectivement, étant donné que le premier échéancier parlait d’une absence de six semaines. Ce qui menait alors aux environs du 15 février.
Cela dit, la veille de la rencontre à Nashville (sa dernière), on avait eu un indice de l’état précaire de sa jambe. Pendant l’entraînement, il était demeuré étendu sur la patinoire pendant quelques instants à la suite d’un contact avec Joel Edmundson. Se relevant péniblement, il avait traîné de la patte pendant quelques minutes.
«[La blessure], c’était peut-être arrivé un peu plus tôt, a admis Gallagher. Parfois, ce n’est qu’un petit quelque chose, puis ça s’aggrave peu à peu. Nashville faisait possiblement partie de ça.»
«C’était un entraînement intense et je voulais m’impliquer avec les gars. Je voulais être là, je me sentais redevable. En tant que joueur, tu te pousses, tu veux êtrer dans ces situations.»
Reste à lui souhaiter que les 12 derniers matchs de la saison lui permettent d’appliquer un baume sur cette difficile campagne.
Dach demeure discret

Gallagher ne sera pas le seul à effectuer un retour au jeu. Kirby Dach, absent depuis le 14 janvier, revêtira également son uniforme face au Lightning.
Dach, à qui on avait d’abord diagnostiqué une maladie non reliée à la COVID-19, était finalement blessé au bas du corps. Un déroulement tout aussi nébuleux qu’étrange, dont Dieu seul connaît le fin fond de l’histoire. Et peut-être Graham Rynbend, thérapeute des sports en chef du Tricolore.
D’ailleurs, l’attaquant de 22 ans n’a pas voulu s’étendre sur cette série d’événements.
«Le plus important, c’est que je sois de retour à 100% et prêt à finir la saison en force. L’équipe médicale a fait du bon travail pour me soigner et être sûre que je ne subisse pas de recul dans ma réadaptation.»
Dach connaissait de bons moments au centre avant de tomber au combat. Néanmoins, c’est à l’aile droite du premier trio que Martin St-Louis l’a utilisé pour son retour.
«Kirby a manqué beaucoup de temps. Pour l’aider, je préfère ne pas lui donner d’aussi grosses responsabilités, a affirmé l’entraîneur-chef du Canadien. J’envisage qu’il joue au centre avec nous, mais il sera à l’aile pour commencer.»
Quel impact pour la suite de sa carrière ?

Le début de la trentaine. Pour le commun des mortels, c’est la fleur de l’âge. Pour un athlète, c’est l’arrivée sur le second versant d’une carrière. Pour Brendan Gallagher, on peut se demander si ce n’est pas le début de la fin.
L’Albertain, qui célébrera son 31e anniversaire de naissance le 6 mai, n’a pas été épargné par les blessures au fils des ans. Ses multiples fractures aux mains et aux doigts – résultats de son habitude à se placer dans le trafic – sont devenues légendes.
D’ailleurs, il a beau être habité par un esprit de compétition hors du commun, à chacun de ses retours, il a laissé un peu de lui-même derrière. Or, cette fois, on parle d’une blessure à une jambe ou à un pied.
Quel impact aura-t-elle sur la suite de la carrière de celui qui écoule présentement la deuxième saison d’un contrat prévu pour six ?
Le début de la trentaine, dans une ligue de plus en plus jeune, c’est l’âge auquel on commence à noter les premiers signes de ralentissement. Rien de trop grave ou apparent en temps normal. Mais quand on est usé par les blessures, il se peut que les effets de l’âge se fassent sentir un peu plus prématurément.
Par contre, foi de Martin St-Louis, pour contrer les effets du vieillissement sur les os, les cartilages et les muscles, il n’y a pas que la glucosamine ou les capsules de vie de velours.
« Parfois, ce ne sont pas les gars qui ralentissent, c’est la ligue qui accélère, a-t-il noté. En vieillissant, j’ai changé beaucoup de choses dans mon entraînement pour garder ma vitesse et mon explosion. Si tu t’entraînes de la même façon à 34 ans que tu le faisais à 20 ans, tu n’as peut-être pas assez évoluer. »
Rester honnête
Il n’y a pas qu’à ce niveau que Gallagher devra évoluer. Peut-être devra-t-il être plus à l’écoute de son corps ?
On ne le saura probablement jamais, mais lui aurait-il été plus avantageux à long terme de repousser son premier retour au jeu afin de s’assurer d’être complètement rétabli ?
« C’est difficile de changer cette mentalité. C’est un peu dans ma nature, c’est dur à changer. On y est tellement habitués, on pousse constamment. J’imagine que ce sera à moi d’être plus honnête avec moi-même », a déclaré Gallagher.
Dans un sens, on peut le comprendre. Dans un métier où la pénurie de main-d’œuvre n’est pas un problème, il vaut mieux éviter de s’absenter trop longtemps.
« C’est tout le temps dans la tête d’un vétéran. Moi, j’ai toujours eu peur de perdre ma place », s’est rappelé St-Louis.