Canadien: c’est le temps des réjouissances


Jean-Nicolas Blanchet
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Noël arrive. Notre cœur est miséricordieux. On pardonne. Notre esprit s’attendrit. C’est le temps que j’arrête de faire le Grinch et que je souligne ce qui peut nous réjouir chez le Canadien.
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Je continue de croire que le Canadien ne sera pas dans le mix. Je suis loin d’être encouragé par la séquence de trois victoires en quatre matchs. Le Tricolore a marqué trois buts à 5 contre 5 durant cette séquence. Il a seulement décoché 21 tirs contre les Ducks.
Bref, ce serait génial pour la bonne humeur collective, dont la mienne, si Montréal réussissait à rester proche du mix pour commencer l’année 2025. Mais je ne suis pas très confiant.
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N’empêche, si j’arrête de chialer comme si j’étais en éternelle crise d’adolescence, je dois reconnaître qu’il y en a beaucoup, des raisons de se réjouir. Alors, plongeons-nous sous le gui, ajoutons un peu de brandy dans notre lait de poule et voyons tout ça avec l’esprit de Fêtes.
Le plan est parfait devant le filet
On peut très bien avoir une équipe redoutable d’ici quelques années, mais sans un gardien solide, ça ne sert à rien. Et le plan est pas mal parfait pour le Canadien. Samuel Montembeault sera solide encore l’an prochain et l’année suivante avant de devenir joueur autonome, à 30 ans.

Ils sont très rares les gardiens qui ne régressent pas passé cet âge. Donc ce sera le temps d’en accueillir un nouveau et ça tombe bien, puisque Jacob Fowler aura 23 ans.
Il y a aussi Jakub Dobes, qui se développe encore mieux que prévu, qui pourra s’imposer, à 26 ans, durant la transition. Ou même déjouer les plans. Évidemment, rien ne garantit que Fowler sera une étoile. Comme Fowler, Cayden Primeau a aussi dominé dans la NCAA, et ce n’est pas évident dans la LNH.
Mais il ne faut pas se rattacher à ce seul exemple. Parmi les gardiens qui ont été dominants dans la NCAA comme Fowler, il y a eu aussi Jeremy Swayman, Thatcher Demko et Connor Hellebuyck.
Pour en revenir à Montembeault, c’est plutôt extraordinaire qu’il soit capable d’avoir un pourcentage d’arrêts de ,906, ce qui le place au milieu de la ligue, considérant le nombre de chances de qualité qu’il a dû affronter.
Son pourcentage d’arrêts est supérieur à ceux de Sergei Bobrovsky, Jordan Binnington et Linus Ullmark en passant.
La défensive sera quelque chose
On l’a tous au travers de la gorge: le Canadien pouvait repêcher Matvei Michkov, mais il a dit «non merci». En plus, le gars qu’il a pris à la place est blessé durant toute l’année.
Pauvre David Reinbacher, il lance sa carrière à Montréal avec une prise et avec la pression d’être comparé au jeune talent russe des Flyers. Il y a donc déjà des doutes sur Reinbacher avant même qu’il ne joue un match à Montréal. Mais ce discours n’est pas du tout celui des dépisteurs à qui je parle.

Ils adorent Michkov, mais quand on leur parle de Reinbacher, ils sont aussi très emballés. «Lui, Jean-Nic, il va être bon en tabarn@!» m’a d’ailleurs lancé un dépisteur la semaine dernière.
«Montréal est en train de se bâtir toute une défensive», a ajouté celui qui n’a aucun lien avec le Canadien. Je me dis qu’il est mieux renseigné que moi. Et ça donne de l’espoir.
Des joueurs excitants
Comme recrue, Lane Hutson est sur le rythme d’une saison de 56 points. Ça va être quoi dans deux ans? Je ne sais pas, mais ça va donner le goût de rester devant la télé quand il sera sur la glace. Ou ça va donner le goût d’aller au Centre Bell, pas juste pour l’expérience, pas juste pour voir un joueur étoile de l’autre équipe, mais pour voir jouer Hutson.
Et on n’a pas pigé souvent dans cette boîte, à Montréal, depuis quelques décennies.

Au-delà du mix, des victoires et des défaites, le Canadien reste un divertissement et on veut des joueurs qui vont nous divertir.
Cole Caufield est différent, mais il rentre aussi dans cette catégorie. Ivan Demidov semble avoir ça pas mal, le sens du spectacle. Ajoutez à ça Nick Suzuki et Michael Hage, qui feront une grande partie du bon travail justement pour permettre à ces autres étoiles de briller, et ça risque de devenir la période la plus divertissante pour regarder le Canadien depuis très, très, très longtemps.
Des joueurs autonomes
Je crois que Martin St-Louis est en train de réussir à convaincre la plupart des joueurs dans la LNH que c’est trippant de jouer à Montréal, qu’il y a de belles années qui s’en viennent et que l’organisation a un plan qu’elle ne va pas sacrer aux poubelles à chaque mélodrame médiatique.
Kent Hughes en aura du fric pour aider l’équipe l’été prochain, et l’autre également. Cet été, le Canadien aura fini de payer Jeff Petry et Jake Allen. Christian Dvorak et Joel Armia, c’est bye bye. David Savard risque de partir à la date limite des transactions.

Bref, le directeur général du Canadien pourrait se retrouver avec près de 10M$ à dépenser, mais ça risque d’être moins s’il accorde un nouveau contrat à Jake Evans.
Et l’année suivante, même s’il faudra bien payer Lane Hutson, il restera encore beaucoup d’argent pour greffer des joueurs autonomes avec la fin de plusieurs autres contrats.
L’année d’après, c’en sera finalement terminé des pactes de Brendan Gallagher et Josh Anderson. Tout ça permet de croire que ça ne peut qu’aller en s’améliorant à moyen terme.