Canadien: autopsie d’un voyage catastrophique
Le Tricolore traverse sa pire période de l’année avec six revers d’affilée (0-5-1)

Jean-François Chaumont
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« Nous sommes partis pour l’Arizona le 18 décembre. Alors, je pense bien que ce sera le fun de placer notre tête sur notre propre oreiller. »
Martin St-Louis a lancé cette petite phrase après un revers de 6 à 3 contre les Predators, mardi, à Nashville. L’entraîneur en chef avait hâte de rentrer à la maison après un long voyage, scindé en deux séjours, celui avant et après Noël.
Techniquement, St-Louis et ses joueurs avaient posé leur tête sur leur propre oreiller les 24, 25 et 26 décembre. Mais on lui pardonnera facilement d’oublier les jours après un séjour sur la route aussi pénible.
Défait dans six des sept matchs (1-5-1) sur des patinoires adverses, le Tricolore renouera avec ses partisans demain soir pour la visite d’Artemi Panarin et des Rangers de New York.
Le retour à la maison redonnera un brin d’espoir, mais il en faudra bien plus pour empêcher le bateau de couler encore plus. Après un début de saison assez surprenant, le CH joue comme une équipe en reconstruction. Ça craque de partout.
Des buts à la tonne

À leurs trois derniers matchs, Jake Allen et Samuel Montembeault ont accordé 22 buts. Le CH a donc donné en moyenne un touché avec un converti d’un point à ses rivaux. On n’a pas besoin d’être un génie en mathématique pour comprendre que c’est un peu trop.
En sept matchs sur la route, le Canadien a marqué 14 buts et donné 34 buts, pour un différentiel négatif de -20. C’est la température qu’il faisait à Denver et à Dallas. Sur le strict plan des chiffres, Allen et Montembeault ont connu un voyage atroce avec des moyennes respectives de 4,49 et 4,98 et des taux d’efficacité de ,879 et ,868. Mais ils sont très loin d’être les uniques fautifs.
La perte de Guhle

On attend toujours un diagnostic précis pour Kaiden Guhle. Blessé au genou gauche lors du revers de 7 à 2 contre les Panthers à Sunrise, Guhle représente une grosse perte. Malgré son statut de recrue, l’Albertain de 20 ans était le défenseur le plus stable de l’équipe. Il jouait près de 21 minutes (20:47) par match.
Avec les blessures à Guhle et Mike Matheson, Stéphane Robidas n’a pas beaucoup de chevaux à sa disposition. Joel Edmundson et Savard n’ont pas le potentiel d’un numéro un et les autres défenseurs, à l’exception de Chris Wideman, n’ont pratiquement pas d’expérience. Arber Xhekaj, Jordan Harris, Johnathan Kovacevic et Justin Barron gagneront en expérience dans des conditions toutefois difficiles.
Un désavantage numérique horrible

Douze en 24. C’est la triste statistique en désavantage numérique lors des sept matchs sur la route. Un rendement de 50 % en infériorité numérique est tout simplement catastrophique. De retour au jeu pour le match à Nashville, David Savard devrait donner un coup de main dans ce département. Mais l’équipe s’ennuie beaucoup de Sean Monahan.
Suzuki se cherche

Cole Caufield a encore une fois dominé la colonne des buteurs de l’équipe lors des sept rencontres loin de Montréal avec quatre buts. Après Caufield, il y a Josh Anderson qui a touché la cible deux fois. Ensuite, c’est le calme plat.
À la veille du match à Washington, Nick Suzuki n’avait pas eu peur de dire qu’il ne jouait pas bien et qu’il devait en donner plus. Le capitaine a encore plus de pression sur ses épaules en l’absence de Monahan, le deuxième centre de l’équipe. Suzuki n’a obtenu qu’une petite passe à ses sept derniers matchs.
Si le gros trio ne roule pas, celui de Suzuki, Caufield et Kirby Dach, le Canadien n’a pas les munitions pour survivre. Il n’y a pratiquement pas d’attaque en provenance des trois autres unités. St-Louis a jonglé avec ses trios lors des dernières rencontres, mais il est revenu avec ses trois canons lors des trois dernières sorties.