Canada contre États-Unis: les 20 minutes les plus folles de l’histoire du Centre Bell

Jonathan Bernier
Partager
Vous êtes-vous remis de vos émotions? Moi, non. Même que j’ai profité de la tempête pour regarder de nouveau une portion du match. Des hymnes nationaux au but de Connor McDavid.
Quand McDavid a déclenché l’hystérie dans la foule en marquant de façon spectaculaire, j’ai craint de souffrir d’acouphène pour le restant de mes jours.
Le reste était un peu plus terne. Peut-être parce qu’on a compris que les chances de battre les Américains étaient minces sans les services de Cale Makar, sans une grande soirée de Sidney Crosby et sans gardien digne de confiance devant le filet.

Mais ces 20 minutes ont probablement mené au crescendo d’émotions le plus intense de l’histoire du Centre Bell/Molson.
D'ailleurs, au lendemain de ce match, Jon Cooper a déclaré que le hockey était « à un meilleur endroit aujourd'hui en raison du match d'hier».
Après avoir entendu leur hymne national être hué comme jamais, les frères Tkachuk ont mis le feu en engageant des combats. Matthew face à Brandon Hagel, suivi de Brady contre Sam Bennett. J.T. Miller s’est invité à la fête en luttant avec Colton Parayko. Tout ça au cours des neuf premières secondes du match.
«On voulait passer un message. Dire à tout le monde que notre temps est venu, a déclaré Matthew Tkachuk après la rencontre, confirmant que son frère Brady, Miller et lui avaient planifié leur coup. Nous étions dans un environnement hostile et nous voulions démontrer que nous n’allions pas reculer.»
On peut comprendre les frères Tkachuk et leurs coéquipiers d’en avoir plein leurs bottes (pour éviter d’utiliser un mot commençant par c) de leurs rivaux canadiens.

Leur victoire de samedi mettait fin à une séquence de 17 victoires du Canada face aux États-Unis lors de compétitions mettant aux prises les meilleurs joueurs.
Cette statistique et le début du match viennent donner tout son sens à la réponse donnée par Brady Tkachuk au terme du match de jeudi contre la Finlande, lorsqu’un confrère lui a demandé ce qu’allait signifier ce choc avec le Canada.
«Cette rivalité va bien au-delà des joueurs qui se trouvent sur la patinoire. Ça implique autant ceux du passé que ceux du présent et de l’avenir.»
Vingt ans de rancœur
Le plus jeune des frères Tkachuk a mis le doigt dessus. Oui, une certaine rivalité existait déjà entre le Canada et les États-Unis. Mais quand c’est toujours la même équipe qui gagne, ça devient cute.
Comme le grand frère qui abuse des prises de lutte sur le petit en sachant qu’il aura le dessus. Personne ne prend trop ça au sérieux. À la limite, c’est même comique. Sauf pour le petit frère.
Puis, un jour, le petit frère gagne en maturité physique. Soudainement, il voit que le grand frère est à sa portée. Alors, il décide de s’essayer et lui en donne une sincère.
C’est ce qui est arrivé samedi. Les Américains ont décidé que la domination canadienne, celle qui leur a brisé le cœur aux Jeux olympiques de Salt Lake City et à ceux de Vancouver, était terminée.

Le match s’est terminé 3 à 1, incluant un but dans un filet désert. Mais il aurait pu facilement se solder par le pointage de 5 à 1. Pourquoi? Parce que le Canada a été physiquement dominé.
Vendredi, questionné à propos du jeu physique des Américains, Crosby a déclaré: «C’est bien beau vouloir distribuer des mises en échec. Mais il faut avant tout que tu sois capable de rejoindre le gars.»
Les joueurs canadiens ont été rejoints, et pas à peu près. McDavid, Crosby, Nathan MacKinnon ont tous essuyé de percutants coups d’épaule des hommes en bleu.

Quelle réplique pour l’Ô Canada?
Pour revenir aux huées pendant les hymnes nationaux, il sera intéressant de voir quelle sera la réplique des spectateurs américains qui seront rassemblés au TD Garden de Boston.
Le match entre le Canada et la Finlande sera disputé à 13h. D’ailleurs, l’ironie du sort veut que ce soit le Presidents Day aux États-Unis. Puisqu’il s’agit d’un jour férié, l’amphithéâtre devrait être bondé.
L’Ô Canada risque d’en prendre pour son rhume.