Chaque samedi, nos experts dressent un bilan de la semaine de campagne électorale qui vient de s’achever, et notent les bons – et moins bons coups – de chacun.
Natacha Joncas Boudreau

Natacha Joncas Boudreau a œuvré pendant 10 ans en politique provinciale où elle a occupé diverses fonctions, notamment celles d’attachée de presse et de directrice de cabinet. Elle travaille aujourd’hui chez TACT où elle accompagne plusieurs organisations en relations publiques et gouvernementales.
Observations générales
Lancement de campagne sur une même chanson thème : baisse d’impôts et inflation ont été au cœur de la surenchère.
À l’amorce de cette course, qui semble en être une à la 2e place, certains ont eu un bon départ, comme QS, le PQ et le PCQ, dont les rassemblements ne laissent pas indifférent. À la CAQ, presque tous les voyants sont au vert en ce début de campagne huilée et prudente.
Pour d’autres, ce fut plus difficile : le PLQ n’a pu camoufler des problèmes d’organisation. La semaine s’est conclue sur une trame désolante d’intimidation et de menaces, des gestes qui doivent être fortement dénoncés.
Le bon coup de la semaine
Début sans fausse note au Parti Québécois, alors que celui-ci repose sur une équipe réduite, comparativement à celle du passé. L’attitude de PSPP est inspirante. Il transpire la conviction. Reste à savoir si quelqu’un est à l’écoute.
Le mauvais coup de la semaine
Quelques déclarations douteuses, quoiqu’anecdotiques, auront ponctué la semaine de la CAQ. « Cette madame » et cette « bonne ride » étaient des diversions inutiles. Il semblerait que l’adversaire de François Legault soit... François Legault.
- François Legault (CAQ): 7/10
- Dominique Anglade (Libéral): 6/10
- Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire): 9/10
- Éric Duhaime (Conservateur): 8/10
- Paul St-Pierre Plamondon (Parti Québécois): 9/10
Sophie Villeneuve

Sophie Villeneuve a agi comme conseillère politique à Ottawa et à Québec pendant une dizaine d’années. Associée au sein de Catapulte, Bureau de communication, depuis 8 ans, elle se spécialise dans la gestion d’enjeux et les stratégies d’affaires publiques. Elle dirige également Article 79, un service de surveillance parlementaire.
Observations générales
On découvre le langage GPS de François Legault, qui ajuste ses mots à sa destination en parlant de liberté dans le terreau beauceron fertile au conservateur Éric Duhaime.
Départ difficile pour les libéraux, qui perdent des candidats alors qu’ils sont les seuls à n’avoir pas complété leur équipe. Dominique Anglade ne fait pas du surplace, elle recule.
La campagne à deux têtes de Québec solidaire donne l’impression d’un manque de cohésion. Encore une caricature d’un média anglophone qui donne du gaz à la caravane du Parti Québécois. La surprise de la semaine : le retour du champ droit du projet GNL-Québec.
Le bon coup de la semaine
Dénoncer la violence sous toutes ses formes envers les élus québécois. Celle-ci ne peut que nuire à l’attraction en politique et au climat social. Note au dossier de Duhaime qui, s’affirmant du bord du peuple, prétend ne pas ressentir cette menace...
Le mauvais coup de la semaine
La surenchère des baisses d’impôt et des chèques. À vouloir multiplier les mesures pour séduire toutes les clientèles, on rate la cible. Étoile au dossier du PQ, qui a le plan le plus sensé.
- François Legault (CAQ): 7/10
- Dominique Anglade (Libéral): 4/10
- Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire): 6/10
- Éric Duhaime (Conservateur): 7/10
- Paul St-Pierre Plamondon (Parti Québécois): 7/10
Alexandre Boucher

Ayant longtemps œuvré dans les coulisses du pouvoir, Alexandre Boucher agit comme vice-président principal au Cabinet de relations publiques NATIONAL où sa pratique est axée autour de la gestion de crise, d’enjeux et d’image, les relations gouvernementales et la formation de porte-parole.
Observations générales
Après son faux pas du jour 1, François Legault mène une campagne sur les chapeaux de roue avec une caravane qui sillonne le Québec à un rythme effréné.
Dominique Anglade est énergique et combative, mais son parti souffre d’une désorganisation évidente. À l’inverse, la machine de Québec solidaire surprend.
Le PQ se démarque des autres partis par les thèmes qu’il met de l’avant, mais sa campagne se déroule dans une relative indifférence.
Éric Duhaime avait connu un bon départ avant qu’on lui accole la responsabilité de la violence envers les élus, causalité qui pourrait venir le hanter si son appel au calme n’est pas entendu.
Le bon coup de la semaine
Le lancement de campagne de Québec solidaire. Belle démonstration de force de réunir 75 candidats de Québec solidaire en Estrie, un champ de bataille défensif/offensif où l’on souhaite conserver Sherbrooke et remporter Saint-François, le comté voisin.
Le mauvais coup de la semaine
Pour un parti qui veut s’occuper des « vrais » enjeux, le PLQ connaît plutôt un faux départ : équipe incomplète, lacunes organisationnelles, base militante en érosion, désistements et candidats embarrassants ; les tuiles s’accumulent et portent ombrage au message.
- François Legault (CAQ): 7/10
- Dominique Anglade (Libéral): 5/10
- Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire): 8/10
- Éric Duhaime (Conservateur): 6/10
- Paul St-Pierre Plamondon (Parti Québécois): 7/10
