COVID-19: le géant ébranlé

Stéphane Cadorette
Partager
Cam Newton est peut-être surnommé Superman, mais ses pouvoirs n’ont pu le protéger de la COVID-19. Le duel attendu entre les Patriots et les Chiefs doit être reporté, tout comme celui entre les Steelers et les Titans, qui jonglent avec une éclosion. Pour une rare fois, le géant qu’est la NFL semble vulnérable.
Depuis mardi matin, la ligue toute-puissante est ébranlée. Trois joueurs et cinq membres du personnel d’entraîneurs des Titans avaient alors contracté le satané virus.
Depuis, même si tout le monde dans l’organisation est en isolement, la propagation n’a pu être freinée. Les Titans parlent maintenant de huit joueurs et huit membres du personnel qui sont infectés. Leur duel face aux Steelers a dû être remis à la semaine 7 et à ce rythme, même leur match de la semaine prochaine face aux Bills pourrait être compromis.
Quant aux Patriots et aux Chiefs (qui comptent aussi un joueur touché par la COVID), la NFL prévoit pour l’instant de repousser l’affrontement d’une journée ou deux. Sous condition que d’autres cas ne soient pas déclarés, ce qui est loin d’être une certitude.
La période d’incubation étant variable, même si des tests sont négatifs demain, le virus peut ensuite se manifester dans un test subséquent. Les Titans en savent maintenant quelque chose.
Le quart-arrière partant des Patriots est donc affecté. Toute la semaine, il a donné ses consignes à ses coéquipiers dans le caucus à l’entraînement en plus de leur lancer des ballons. Difficile de croire qu’il n’y aura aucune contagion.
Pas de bulles en vue
Plusieurs se demandent si la NFL pourrait être tentée de se tourner vers le concept des bulles, à l’image de la LNH et de la NBA.
Il semble que la ligue serait ouverte à l’idée d’isoler les joueurs et membres du personnel des équipes à l’intérieur de bulles, à l’écart du reste de la société, pour faciliter le bon déroulement du reste de la saison.
La pilule passerait toutefois beaucoup plus difficilement auprès de l’Association des joueurs. Ces derniers risquent de ne pas être chauds à l’idée d’être isolés de leurs proches et de toute forme de vie sociale pour les trois à quatre prochains mois.
Les joueurs des équipes prétendantes comme les Chiefs, Ravens, Seahawks ou Packers pourraient être enclins à s’imposer ce sacrifice. Mais quel intérêt y verraient les joueurs déjà condamnés des Jets et des Giants, pour ne citer que quelques exemples ?
La suite
En ce moment, avec les nouvelles négatives qui s’accumulent, il est légitime de se demander si la NFL pourra présenter une saison complète.
Il faut quand même noter que le baseball majeur semblait aux prises avec un sérieux problème de propagation du virus lorsque ses activités ont été relancées cet été. Plusieurs ont déchiré leur chemise en clamant haut et fort que la saison serait un pur désastre. Pourtant, tout est rentré dans l’ordre assez rapidement.
Il était impensable que la NFL soit entièrement épargnée. Ce qui se produit actuellement n’a rien d’étonnant et le circuit Goodell ne rendra pas les armes facilement en ordonnant une pause pour juguler le virus. De toute façon, quand un circuit regroupe plus de 2000 joueurs, il n’y a pas de remède miracle.
Est-ce donc dire que la saison de la NFL s’en va directement dans le mur ? Non, mais il faut s’attendre à de fortes perturbations et plus que jamais, les équipes devront obtenir leur diplôme en gestion de chaos.
5 points à surveiller
1. QUEL AVANTAGE DU TERRAIN ?
La NFL est probablement la ligue sportive où l’avantage du terrain est le plus marqué en raison du bruit de foules imposantes. Or, cette saison, les stades vides ou dégarnis en raison des mesures sanitaires font que cet avantage semble fondre. À la semaine 1, cinq matchs se sont soldés par une poussée victorieuse au quatrième quart de l’équipe visiteuse. Ce scénario s’est répété une fois à la semaine 2 et trois fois à la semaine 3. Difficile de ne pas faire le lien avec l’absence de bruit.
2. L’ESPOIR S’AMENUISE
De 1978 à 2019, un total de 193 équipes ont entamé leur saison par une fiche de 0-3, selon NFL Research. Du lot, seulement cinq ont malgré tout obtenu leur place en séries (les Jets de 1981, les Chargers de 1992, les Lions de 1995, les Bills de 1998 et les Texans de 2018). Il est grand temps pour les cinq équipes actuelles qui ne comptent toujours pas de victoire (Jets, Giants, Vikings, Falcons et Texans) de sonner le réveil.
3. PAPY CONTRE BÉBÉ
Si le jeune quart-arrière des Chargers Justin Herbert amorce son troisième match comme prévu face aux Buccaneers, l’écart d’âge avec son vis-à-vis Tom Brady sera majeur. Il s’agirait en fait de la première fois que 20 ans séparent deux partants opposés l’un à l’autre, puisque Brady est âgé de 43 ans et 63 jours, contre 22 ans et 209 jours pour Herbert. Brady a remporté ses trois confrontations en carrière contre des quarts-arrières qui étaient 19 ans plus jeunes que lui.
4. TOUTE UNE SÉQUENCE
Même si les Saints connaissent des ennuis, ils ont prolongé dimanche dernier leur série de matchs sans accorder 100 verges à un porteur de ballon adverse à 41. S’ils refont le coup aujourd’hui face aux Lions avec Adrian Peterson, leur séquence deviendra la cinquième plus longue de l’histoire. Pour l’histoire, de 1951 à 1955, pendant 60 matchs, aucun joueur n’a couru pour plus de 83 verges contre les Browns, qui détiennent la marque.
5. LES REMONTÉES
La présente saison est marquée par des remontées spectaculaires à toutes les semaines et ça n’a rien d’une fausse impression. En 48 matchs jusqu’ici, pas moins de 10 remontées d’au moins 10 points ont été enregistrées. Il s’agit du plus haut total après trois semaines d’activités depuis les 11 remontées d’au moins 10 points sur la même période en 2011. Dans 18 matchs, des équipes sont revenues de l’arrière pour combler un écart au quatrième quart.