Nos Québécois aux Olympiques de Paris: pas assez bon pour le soccer sur la Côte-Nord, il s'en tire finalement plutôt bien dans le sport


Richard Boutin
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À l’aube des Jeux de Paris, Le Journal vous propose une série de reportages sur les athlètes d’ici qui vivront leur rêve dans la Ville Lumière. Derrière tout le talent, la grâce et la puissance de ces machines se retrouvent aussi une vie de sacrifices, de choix difficiles et de travail acharné pour aller au bout de leur passion.
Retranché de l’équipe de soccer de la Côte-Nord quand il était jeune, Charles Paquet s'en est finalement pas trop mal tiré dans le sport.
Il avait néanmoins trouvé le moyen de participer aux Jeux du Québec en 2010 à Gatineau dans une autre discipline où il a remporté la médaille d’argent posant le premier jalon vers sa qualification aux Jeux olympiques 14 ans plus tard.
Paquet s’est alors tourné plus sérieusement vers le triathlon où il a rapidement connu du succès. Après l’argent à Gatineau, il a remporté l’or deux ans plus tard à Shawinigan.

En parallèle au triathlon, il évoluait sur le circuit provincial de cyclisme et comptait parmi les meilleurs de son groupe d’âge en cross-country.
« Charles a vécu une très grande peine, raconte son père Claude Paquet, mais il a tourné la page 24 heures plus tard. Il avait eu peu de temps de jeu en 2009 et l’entraîneur lui avait laissé entendre qu’il verrait plus d’action en 2010, mais il n’a pas été choisi. Il n’a plus jamais rejoué au soccer. »
Un premier entraîneur déterminant
Directeur des loisirs, cofondateur du triathlon de Port-Cartier qui a fêté son 30e anniversaire cette année et adepte de l’entraînement, Christian Lepage a alors pris sous son aile le jeune Paquet et trois de ses amis.
Il l’a coaché de 2010 à 2015 jusqu’au moment le triathlonien prenne la direction de Québec pour ses études collégiales et universitaires où il a porté les couleurs du Rouge et Or pendant huit ans.
« À l’école secondaire, la pause du midi était de 90 minutes et Charles en profitait pour faire les entraînements que je lui donnais, explique l’enseignant à la retraite. Après une douche et un sandwich, c’était le retour en classe avant l’entraînement de natation de 16 h 30. »
« À 15 ans quand Charles a remporté les Jeux du Québec à Shawinigan, c’était facile à voir qu’il était déjà tout un athlète, de poursuivre Lepage. Il s’est qualifié pour les Jeux olympiques jeunesse en 2014 en Chine. En 2016, il a remporté l’argent au mondial junior à Cozumel. Encore à ce jour, il est le seul Canadien qui a réussi un podium. Ce dont je suis le plus fier, c’est de lui avoir donné le goût et qu’il ait poursuivi quand il a déménagé. »
Claude Paquet est reconnaissant envers Lepage. « Christian avait la recette, illustre celui qui se tapait des milliers de kilomètres aux deux semaines pour les compétitions de son fils. Les jeunes avaient du plaisir et l’entraînement était diversifié. »
L’Espagne lui sert de tremplin
Parti pour Gérone en février 2023 pour suivre son amoureuse et cycliste Clara Émond qui vient de remporter une étape au Tour d’Italie, Paquet s’est trouvé un groupe d’entraînement de haut niveau et déniché un nouvel entraîneur.
« Ce fut un gros changement et je n’aurais pas déménagé sans Clara. Je n’étais pas certain comment ça se passerait. C’est une motivation de travailler ensemble et de pourchasser les mêmes objectifs. L’entraînement au Québec l’hiver, ce n’est pas l’idéal. »
Trois Olympiens dans son groupe d’entraînement
Paquet a progressé au contact de ses nouveaux partenaires dans un paradis pour les cyclistes et les triathloniens. Il s’entraîne notamment avec le Belge Marten Van Riel, qui a terminé au pied du podium aux Jeux de Tokyo en 2021 et pris le 6e rang à Rio en 2016 ainsi que l’Italien Alessio Crociani. L’entraîneur belge Glen Poleunis veille sur les triathloniens.
« Dans notre groupe, nous sommes trois qui allons participer aux Jeux de Paris, souligne-t-il. C’est motivant et j’apprends des autres. J’étais rendu là dans ma carrière. J’ai beaucoup augmenté le volume et un peu l’intensité, ce qui a constitué une bonne recette. »
Paquet a frappé un grand coup avec des 5e et 7e places en Italie et au Japon en mai dernier pour satisfaire au critère olympique. « J’ai connu un bon hiver d’entraînement, mais j’ai été surpris par ces deux résultats. J’ai connu une grosse progression. Ce fut mon plus gros entraînement et les résultats ont dépassé mes attentes.