Nos Québécois aux Olympiques de Paris: son père dans la LCF, sa soeur dans la NCAA et sa mère une pro du Curling


Richard Boutin
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À l’aube des Jeux de Paris, Le Journal vous propose une série de reportages sur les athlètes d’ici qui vivront leur rêve dans la Ville Lumière. Derrière tout le talent, la grâce et la puissance de ces machines se retrouvent aussi une vie de sacrifices, de choix difficiles et de travail acharné pour aller au bout de leur passion.
Le sport a toujours occupé une grande place dans la famille de Serena Browne, mais la poloïste de 20 ans sera la première à participer aux Jeux olympiques.
Son père a évolué une saison dans la LCF avec les Blue Bombers de Winnipeg comme bloqueur et quatre ans avec les Buffaloes du Colorado; sa sœur aînée, Kiandra, porte les couleurs de l’équipe de basketball des Dukes de Duquesne dans la NCAA; sa belle-mère a pris part à deux championnats du monde de ringuette et sa mère a atteint la scène nationale en curling.
Serena a rapidement adopté le sport comme mode de vie. «Parce que je viens d’une famille athlétique, j’ai touché à plusieurs sports depuis que je suis toute jeune. J’ai pratiqué la natation longtemps; j’ai joué au soccer, au volleyball et au basketball pour suivre ma sœur. J’ai été influencée et motivée par ma mère et la femme de ma mère.»
«Nous avons fait l'équipe»
Browne a été habitée par des sentiments très forts quand elle a reçu la confirmation qu’elle était sélectionnée au sein de l’équipe olympique. «Ce n’est pas seulement moi qui fais l’équipe, mais nous [Serena et sa mère], exprime-t-elle. Ma mère est mon modèle. Très jeune je rêvais déjà aux Olympiques.»
Pourquoi le water-polo?
Pourquoi avoir adopté le water-polo? «J’ai débuté la natation à 8 ans parce que ma mère voulait que j’apprenne à nager et j’ai nagé à un bon niveau jusqu’à 14 ou 15 ans, mais c’était devenu trop pour moi de regarder les lignes noires dans le fond de la piscine, révèle-t-elle avec le sourire. Quant au basketball, je n’aimais pas courir. De son côté, ma sœur a débuté le basket à 7 ans et n’a jamais arrêté.»
«J’avais besoin d’action, d’ajouter Browne. J’ai eu la passion pour le water-polo dès mes débuts, il y a six ans.»
Browne a toutefois conservé des aspects développés en natation qui lui sont encore très utiles. Environ 75 pour cent des poloïstes proviennent de la natation. «La force mentale développée en natation où l’on nageait tôt le matin tous les jours me sert très bien tout comme le cardiovasculaire et le côté athlétique.»
Le water-polo lui ouvre les portes de Stanford
En plus de lui permettre de vivre les Jeux olympiques, le water-polo lui procure l'opportunité d’étudier dans une université prestigieuse aux États-Unis. La défenseure a obtenu une bourse d’études des Cardinals de Stanford où elle étudie en relations internationales.
«Sans le water-polo, je n’aurais pas eu la chance d’étudier à Stanford, souligne-t-elle. Je n’ai pas obtenu une bourse complète, mais je paye peu. Contrairement au Canada, le circuit de water-polo est très fort dans la NCAA et très compétitif dans notre Conférence avec des écoles comme USC, UCLA et UCal. C’est la combinaison parfaite pour moi. Une bonne école et un bon calibre de water-polo.»
Si elle est impressionnée par certaines de ses collègues qui possèdent une longue feuille de route, Serena suscite aussi l’admiration en raison de ses performances au water-polo. «Il y a des étudiants de partout dans le monde et c’est très impressionnant le bagage que certains ont. Une étudiante d’Amérique du Sud a contribué à l’invention d’un appareil pour soigner la COVID longue. Leur intelligence est différente. Le président de la Colombie a prononcé une conférence sur la corruption. C’était intéressant d’obtenir une autre perspective. Certaines collègues sont impressionnées par le water-polo alors que je trouve ça juste normal ce que je fais.»