Stade olympique : l’opération séduction du commissaire de la MLS

Marc-Antoine Malo
Partager
Don Garber, le commissaire de la Major League Soccer (MLS), semble avoir été charmé par sa visite du chantier du Stade olympique, jeudi, et le ballon est maintenant dans le camp du gouvernement québécois.
Celui qui dirige la plus grande ligue nord-américaine a rencontré les médias au Stade Saputo, une heure environ après avoir effectué un tour du mythique amphithéâtre. Le projet lui a été présenté en détail et il a enjoint les parties impliquées à aller jusqu’au bout.
• À lire aussi : Crépeau sera l’homme de confiance du Canada
« Ce que j’ai vu en parcourant le Stade olympique était incroyable. C’est une vision incroyable pour la province, le Parc, la ville et pour un marché qui adore le soccer. Montréal mérite un stade qui reflète l’ambition de la ville et qui représente son futur global », a mentionné Garber en précisant qu’il s’agissait de l’une des visites les plus « cool » qu’il ait faites.
« Ce stade peut être magnifique. Il suffit de terminer le travail. [...] Le coût de l’inaction est bien plus élevé que le coût de l’action », a-t-il résumé.
Sans nécessairement parler de dernière chance, le commissaire a rappelé que les rénovations du Stade olympique permettront à l’équipe d’engranger davantage de revenus. Au-delà du sport, il perçoit que le « Big O » revitalisé permettrait à la ville d’accueillir davantage de grands événements.
Déjà vétuste ?
Une chose semble claire pour Garber : le Stade Saputo ne sera plus viable longtemps. Achevé en 2008, puis agrandi en 2012, il est ce que le commissaire a décrit comme un stade « 1.0 » de la MLS. À l’ère du 3.0, le CF Montréal n’a pas d’autre choix que d’investir.
Le plan est de se tourner vers le stade voisin. Avec un toit permanent, la neige ne deviendra plus un problème comme elle l’est au domicile actuel du Bleu-Blanc-Noir. Cela force l’organisation à s’exercer à l’étranger durant l’hiver et à disputer le premier mois et demi à l’étranger. Cela entraîne naturellement plus de dépenses.
Cela ne s’améliorera pas avec le nouveau calendrier de la MLS, malgré la pause de deux mois entre la mi-décembre et le début de février.
« Nous savons que [le Stade olympique] ne sera pas prêt avant 2028 ou 2029. L’équipe est prête à gérer avec cela », a affirmé Garber.
« Ce n’est pas nécessairement productif, a-t-il ajouté à propos des températures froides. [...] J’ai travaillé dans la NFL pendant 16 ans et je suis avec la MLS depuis près de 30 ans. Personne ne se plaint vraiment des matchs par temps froid. [...] Tout à coup, on s’en ferait pour quelque chose que je considère comme temporaire. Ça ne concerne que quelques matchs. »
L’électrochoc
Don Garber a également réitéré sa confiance envers le propriétaire Joey Saputo.
« Depuis plus de trois décennies, le CF Montréal fait partie du paysage sportif de la ville, de la province et du pays. Le dévouement de la famille Saputo envers le club, la communauté et la pérennité du sport a été extraordinaire. Sans Joey Saputo, la MLS n’est pas la ligue qu’elle est aujourd’hui », a assuré le commissaire.
« Ils doivent aller chercher davantage de revenus, a-t-il ajouté. C’est ce que chaque équipe doit faire. [...] Je connais sa passion pour le sport. J’ai vu ce qu’il a fait à Bologne. Je ne crois pas que le problème soit que la famille finance ou non l’équipe, c’est plutôt d’avoir les bonnes installations pour avoir plus de revenus. »
« Si cette vision se réalise, Montréal aura l’un des stades les plus exceptionnels du monde entier, a prévu Garber. Ça peut sembler ambitieux, ça peut sonner un peu étrange pour vous tous qui vivez aux côtés du Stade olympique depuis les Jeux. Les grandes villes mettent en œuvre des projets ambitieux et ce que j’ai vu aujourd’hui était tout simplement remarquable. »