Tous les résultats
Publicité

«Ça prenait des couilles pour faire ça en finale» – Marc Gagnon

Pour gagner sa médaille d’or, Steven Dubois a opté pour une stratégie très risquée qu’il n’avait jamais appliquée sur la scène internationale

Photo AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-02-18T23:54:50Z

Partager

MILAN | Quand ils ont vu les trois adversaires néerlandais, Steven Dubois et son coéquipier William Dandjinou ont dessiné un plan de match osé qui aurait très bien pu mal virer.

Explosif et puissant au départ et dans une épreuve qui lui sied à perfection, Dubois cherchait à devancer ses trois rivaux européens dans le premier virage dès le coup de départ. Sur une glace capricieuse et molle, il ne pouvait filer à toute allure comme il le fait si souvent et semer les Néerlandais.

Photo AFP
Photo AFP

Il a donc volontairement ralenti la cadence afin d’éviter de leur laisser de l’espace et qu’ils prennent ensuite leur élan. Avec cela, il espérait ainsi créer le chaos. Cette charge est finalement tombée sur les bras de Dandjinou qui a dû faire sa place pour remonter le peloton avec son lent départ. Ce qu’il n’a pas fait sans heurt.

Pénalité

Meneur sur le circuit de la Coupe du monde, Dandjinou ne voulait tout de même pas jouer les seconds violons. Une manœuvre de dépassement en plongeant à l’intérieur pour se placer derrière Dubois a toutefois mal tourné. Il a néanmoins éliminé un adversaire, Teun Boer, des pattes de son coéquipier.

Publicité

Photo AFP
Photo AFP

Une manœuvre qui lui a valu une pénalité et une relégation au cinquième rang.

Dubois a donc bouclé les cinq tours en tête, talonné par les frères Melle et Jens van ’t Wout. Il y a donc aussi un peu de Dandjinou dans sa médaille d’or.

Discutée avec William avant la finale, la stratégie « très risquée » qu’il n’avait jamais appliquée sur la scène internationale, mais souvent pratiquée à l’entraînement avec ses coéquipiers, a fonctionné. Il a aussi surpris les «Dutch».

Plus beau qu’en 2022

L’entraîneur-chef de la formation nationale, Marc Gagnon, a salué l’audace de son vétéran de 28 ans. En 2002, à Salt Lake City, il avait également remporté l’or aux 500 m.

« Il l’a fait de façon pas mal plus belle que moi. C’est vraiment incroyable. On va se le dire là, ça prenait des couilles pour faire ça en finale des Jeux olympiques », a lâché de vive voix le coach, fier de la performance.

« On dit souvent qu’on doit s’adapter et être bon. Steven l’a fait », a-t-il enchaîné. « La glace n’était pas facile. Ailleurs, Steven aurait pu juste partir, s’enfuir ou bloquer quelqu’un qui essaie de le dépasser. Ici, c’était difficile. Il a analysé la situation et eu les couilles de se dire : “OK, je saute sur le départ, je les ralentis et j’essaie de créer du brouhaha en arrière”. Ça prend du sang-froid. »

« Car s’il le manquait, il pouvait se faire passer par trois gars dans la première ligne droite. C’est vraiment incroyable. »

Photo AFP
Photo AFP

Par ailleurs, Maxime Laoun a pris le 9e rang de la compétition en participant à la finale B. En chutant et percutant durement le muret cousiné, il s’est blessé aux côtes. Au moment de mettre sous presse, il avait pris la direction de l’hôpital pour subir des examens plus approfondis, et la direction de l’équipe n’en avait pas de nouvelles. Laoun a toutefois participé aux célébrations de Dubois avant de quitter l’aréna.

Les hommes doivent se réunir une dernière fois, vendredi, à l’occasion de la finale du relais 5000 mètres.

Publicité
Publicité